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ARMURE COMPOSÉE DE PIÈCES RAPPORTEES

(Envoi de l'Armoria Real Je Madrid.)

Ces armes furent, en 1802, envoyées comme présent par le roi de Naples au premier Consul.

Dans la salle IV est placée une merveille archéologique appartenant au Musée de Troyes, sous cette dénomination : « Armes attribuées à Théodoric ».

Un travail très savant, orné de belles planches représentant ces deux précieuses épées, trouvées à Pouan en 1840, a été publié par M. Peigné-Delacour, sous ce titre : Recherches sur le lieu de la bataille d'Attila en 481 (Paris, 1860). Quoi qu'il en soit de Torigine de ces armes, rivales de l'épée de Childéric conservée au cabinet des Médailles (Bibliothèque nationale), elles représentent, par leur ancienneté, leur belle forme et leur somptuosité d'aspect, ce que l'Europe possède de plus précieux en ce genre.

Également dans la salle IV, où figure une bien curieuse lame de branc d'une grande pesanteur et ancienneté (collection de M. Longpérier), sont disposées par groupes quelques rarissimes épées du xnf et du XIV" siècle; elles appartiennent au Musée de Saint-Omer, et sont par le beau caractère de leur forme et aussi à cause de curieux poinçons et inscriptions que présentent leurs lames, tout à fait de vrais trésors. Elles rappellent, nous l'avons déjà dit, la série d'épées trouvée au Gué de Véluire et à Lille-d'Elle (Vendée) qui furent envoyées par M. Benjamin Fillon à l'Exposition universelle de 1867.

Le Musée de Lyon est représenté au Trocadéro par un chanfrein de parement du xvi" siècle et par deux grandes pièces de selle, troussequin et arcade de garot. Toutes les parties de ces magnifiques objets sont décorées de sujets guerriers et allégoriques repoussés et ciselés avec tout l'art imaginable. Le devant de la selle seulement est enrichi de damasquinure d'or d'une grande finesse. Il faut remarquer que l'ornementation de ces différentes pièces est absolument du même style, de la même composition de dessin et du même travail comme ciselure que celle de l'armure dite de Henri II que possède le Musée du Louvre, laquelle d'après certains cartons publiés en photographie il y a quelques années par M. de Hefner-Alteneck, serait de composition si ce n'est d'exécution allemande '.

L'Espagne n'a envoyé à l'Exposition du Trocadéro que quelques armures, casques, rondaches, épées et armes à feu. On ne peut consi-

I. Dans un travail publié il y a quelques années par M. de Hefiier-.Alteneck, se trouvent reproduits en photograpliie des dessins originaux de maîtres allemands d'après lesquels fut ciselée rornementation d'ensemble d'armures de parement destinées à des rois de France.

Cet ouvrage fut édité à Paris par la librairie des frères Tross.

dérer comme armes les moulages bronzés qui sont joints à cet envoi, et qui semblent bien indignes de figurer parmi les spécimens provenant de l'Armeria Real de Madrid.

Cet ensemble relativement assez mesquin, présente cependant par son arrangement un aspect quelque peu solennel.

Sur un très haut piédestal piaffe une armure équestre d'acier au clair de grand appareil : c'est, selon le texte du catalogue, le harnais de

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