CASQ^UE DIT DE BOABDIL
{Envoi de l'Armeria Real de Madrid.
l'empereur Charles V à V époque de la prise de Tunis. A chacun des quatre angles de cette sorte de monument, se dresse sur un socle une armure dont le plastron porte un écriteau. La première, toujours selon l'indication, est une armure de Philippe III; la seconde est déclarée avoir appartenu à Gonzalve de Cordoue (dit le Grand Capitaine) ; la troisième, une armure de parement d'acier repoussé et doré, est attribuée au duc d'Albe. Enfin la dernière des quatre, qui appartient comme date à la seconde moitié du xvn*" siècle, est, à en croire sa pancarte, celle que porta Christophe Colomb, qui (toutefois après les Scandinaves) découvrit l'Amérique en 1493. Cette attribution tendrait à insinuer que ledit Colomb survécut bien plus d'un siècle à son retour du nouveau
monde. Ainsi tous les jours apprend-on, avec le secours des renseignements palpables, quelque chose de nouveau.
D'après les indications données par le catalogue sur les épées groupées en trophée dans la salle espagnole, on retrouve cette même manie d'attribuer, par caprice ou par vanité, certaines armes à certains grands hommes. Grâce à cette mode quelque peu surannée, on admire au Trocadéro, parmi les onze épées, dont trois seulement sont remarquables, celle de Hernando de Alarcon, la rapière de don Diego Lopez de Haro, celle du comte de Nassau, celle du comte de Lemos, du comte-duc d'Olivarès, de don Alvaro de Sande. Enfin au sommet du trophée est une très belle épée d'arme de Charles-Quint, dont la lame à talon doré présente les emblèmes de l'empereur : les colonnes et sa fameuse devise Plus ultra. Celle-là, au moins, est peut-être bien attribuée.
La plus remarquable pièce d'arme de Fenvoi espagnol est une magnifique salade toute gravée et en partie dorée.
Son ornementation se compose d'entrelacs à la mauresque et de rinceaux dans le style italien de 1490. Elle est désignée comme ayant appartenu au dernier roi de Grenade Boabdil, mais cela n'est guère admissible, en raison du caractère des ornements qui la décorent.
On peut juger de la beauté de son ensemble par le dessin que nous en donnons à la page précédente.