IN VALENCIA
Rappelons encore de cette période, quelques armes blanches historiques qui s’écartent des types d'ordonnance :
L épée de parement ou de cérémonie que l’on portait devant Jean-sans-peur et dont la « garnison (garniture) le pommeau et la croix» furent « bruny et collory » en 1412; sa dague de ceinture dont la monture « d'argent doré » avait été faite par l’orfèvre Jehan Mainfroy, la même année.
Des nombreuses armes d'apparat, inscrites à l’inventaire de Charles-le-Téméraire citons, textuellement mais en rajeunissant l'orthographe : « Une épée , le pommeau de licorne garni d'or et au dessus six grosses perles et il y a d'un côté du pommeau l’image de Notre-Dame émaillée et de l'autre un crucifix, à toute une gaine d’or, semée de CC et de fusilz, à toute une chaine d’une boucle d’un mordant (ardillon) et de six clous d’or. » — Plusieurs épées bénictes envoyées en présent par le pape, — « une épée longue, en manière de coustille plaine , » — « une autre petite coustille , le pommeau et la croisée dorés, » —
« une petite épée longuette, d’argent doré, nommée la Victoire. » — Plusieurs cousteaux de Turquie , qui étaient probablement des cimeterres — « une épée de parement toute d'or, excepté l’alemelle (la lame) faite en manière de haye — une bien longue et large épée de parement d’armurerie d'environ sept pieds et demi de long. » — Deux trousses de chasse ainsi indiquées : « un gros couteau d Allemagne, garni de six couteaux, une lime, un poinçon et une fourchette », — « un bien large couteau d Allemagne auquel il devait y avoir dans la gaine cent petits couteaux et à présent n’en a que 21.»
A part les deux derniers articles, et les cadeaux du pape, on peut admettre que toutes ces armes sortaient de chez nos fabricants; deux des fournisseurs principaux du prince habitaient en effet Nivelles : l’un Toussains Faillart, faiseur de dagues lui délivra, en 1469 et 70 : 2 épées « à porter sur robes » à 71 4S pièce, — 2 épées de guerre , du même prix, — 2 épées d armes, à 8', — 1 épée destoc, à 61, — 1 épée de parement, à 61, — 4 dagues — 2 vouges, à 61 et 7' 4S, — - 1 pertisane, — 2 chanfreins dorés, à la nouvelle façon... 401, etc... ; c'est chez l’autre coustillier, Toussains Brabant, que Charles-le-Téméraire fit acheter
Fig. 56. — Hallebarde de parade du xyne siècle ; Coll, de M. Van Zuylen
1 épée de parement « pour porter devant lui
6 — 1 dague, —
i hache d armes — i épieu de chasse, etc... Nos comptes mentionnent encore Jehan God , faiseur d'épées et de dagues à Bruxelles, qui reçut en 1469 une gratification de 18', à cause d’une épée et d’un chanfrein dont il avait eu la gracieuseté de faire « présent au Duc. »
XVIe ET XVIIe SIÈCLES. La cavalerie continuait à manier Y estoc et Y épée d armes , le cimeterre et Y estramacon qui en dérive. La dague ou le poignard attaché à la ceinture, sur les reins, était le complément habituel de l’épée. (*)
L épée de M. Frésart, que reproduit la fig. 29, rappelle l’estoc de la gendarmerie à 1 époque de Charles-Quint. La monture, contrairement à celles du siècle précédent,
porte la traverse longue et la poignée très courte ; une garde en forme d’anneau se remarque à la jonction des quillons ; la lame est pleine, sa section est un losange. Ce type d’épée, d’une longueur totale de im3o, est considéré comme saxon, sans doute parce que le beau Musée historique de Dresde en renferme plusieurs exemplaires de luxe.
L'épée d'armes , d’estoc et de taille, qui avoisine la précédente (fig. 3o) porte une monture à pas-d'âne, une double garde compliquée d’une branche ondulée intermédiaire et deux quillons tordus en sens inverse. Nous ne pensons pas que l’on puisse faire remonter au delà du règne de Philippe II, l’origine de cette épée qui pouvait, pour un coup décisif, être saisie à deux mains.
L’épée qui complète l’armure Maximilienne de notre gravure, est du même type et appartient à M. Neyt.
A un homme de cheval également a dû servir l’épée de M. Osterrieth (fig. 3 1 ) . Cette arme est toüt-à-fait du -modèle que Melzo donne aux lanciers, en 1 6 1 1 . Si l’on se rappelle que l’usage généralement répandu du pistolet avait alors amené la confection de gantelets plus souples et plus déliés mais moins protecteurs que les anciens, on comprendra pourquoi, comme on le voit ici, il fallut demander au quillon d’avant, redressé et formant branche, un nouveau mode de défense pour la main. Toutefois dans la cavalerie gantée de fer, les branches ne rejoignaient jamais complètement le pommeau ; cette disposition aurait été gênante pour le soldat, qui devait pouvoir facilement, à toutes les allures, mettre l’épée à la main.
La lame de l’épée 3 est surtout d’estoc, mais aussi de taille ; dans les gouttières se trouve le nom de PETTER-WIRSBERCH qui travaillait à Solingen. Nous observerons souvent que, si nos maîtres forgerons excellaient dans la confection de ces montures dont les branches capricieusement enchevêtrées étaient soudées entre elles par le seul effet d’un habile martelage à chaud (fig. 44), il n’en est pas moins vrai que c’est surtout de Solingen dont les produits, renommés dès le XIIe siècle, s’expédient
(') « Un symeterre , deux espêes et dagues # sont mentionnés dans l’inventaire des « habillements et autres hardes du Seigneur de Carton » fait prisonnier à St-Qnentin, en l55y. Nous ne résistons pas à l’envie de citer, à titre de curiosité, deux autres mentions du même document, que M.Rahlenbeck a publié en entier dans le Messager des sciences historiques de 1880 ; « Deux pistolles , pour porter de peur que les chiens ne mordent le Seigneur de Carton » et aussi « Peintures cincq à six de famés et belles filles à vizaige douze » dont nous espérons bien qu’on n’aura pas eu l’inhumanité de dépouiller ce brave guerrier.
Firj. 57. — Porte-mèche d’officier d'artillerie, fin du xvies.; Collection de M. Van Zuylen
encore aujourd'hui dans toute l'Europe, que sortaient la plupart des lames d'épées en usage dans notre pays. Quelques-unes nous venaient aussi de la célèbre fabrique de Tolède: mais les fourbisseurs de Solingen, qui avaient pris l’habitude de se rendre dans la ville espagnole, pour y étudier les procédés de fabrication, n’avaient pas tardé à imiter, d’une façon remarquable, ses excellents produits.
Une forte lame d'estoc espagnole, portant dans la gouttière l’inscription : IN VALINCIA, est reproduite par la fig. 38. Sa monture, dont les branches légèrement ciselées ont l'apparence desséchée du bois mort, est ornée, dans toutes ses parties, d'incrustations d'argent en relief. Le caractère général d’une épée, étant, au point de vue de l'art, donné par la monture et non par la lame, nous considérons comme allemande ou flamande, cette riche et solide épée de guerre, qui a sans doute appartenu à quelque officier de cavalerie, au commencement du XVIIe siècle.
Vers iôaS apparait l'épée d’escrime; l’estoc allégé, devenu Y estocade, se porte également à la guerre et à la ville. Plusieurs de ces épées ont été ramassées sur d'anciens champs de bataille, et d’autres, reproduites, en i63o, par le burin spirituel d’Abraham Bosse, figurent au côté de ces élégants cavaliers frisés, bottés, éperonnés, auquels il ne manquait que le cheval pour mériter leur nom.
L'estocade de M. Van Duyse (fig. 45) porte la monture caractérisque de cette époque ; la lame, à trois pans inégaux et évidés, est ornée de ces gravures à la pointe qui décèlent la fabrication de Solingen. On y remarque, au centre de deux médaillons, les portraits de Frédéric de Nassau et de Gustave-Adolphe, accompagnés des devises habituelles : VERITATEM DILIGITE ET PUGNATE PRO PATR1A. PRO ARIS ET FOCIS, etc.
Remarquons, en passant, combien dans l’espace d’un bon siècle, les montures d’épées, en se compliquant de gardes, de branches et de contregardes, avaient perdu de plus en plus ce caractère
simple et grand quelles avaient à l’époque gothique. A partir de i65o la décadence marche plus rapidement encore : le règne de l’épée chevaleresque est fini.
La cavalerie, à l'époque de Louis XIV, porte Y épée wallonne dont la garde de fer, plate et munie d'un anneau pour le pouce, se relie au pommeau par trois branches ; le XVIIIe siècle enfin, marque l'adoption définitive de ces sabres modernes généralement à monture de cuivre, produits de quincaillerie, dont les amateurs d'objets d'art nous sauront gré de ne point parler.
L’infanterie du XVIe siècle continuait aussi à manier plusieurs types d’armes blanches.
Citons d'abord Y épée à deux mains de piéton, qu’il ne faut pas confondre avec la grande épée d'armes, dont les cavaliers des XIVe et XVe siècles se servaient aussi à
Fig. 58. — Arbalète à moufle du xvne siècle; Collection de M. Van Zuylen
deux mains. L'épe'e à deux mains, qui paraît originaire d’Allemagne, est mentionnée chez nous de bonne heure. Dès le XIVe siècle, en effet, nous voyons figurer au nombre des habitants de villes allemandes qui, à Liège, étaient exemptés des droits de tonlieu « cil de Noyrenberg » qui devaient, chaque année, faire hommage aux magistrats de la cité, « d’une grande espée à dois mains, à une large coroie de blanc cuer de
chierf. » (*) C’est au moyen de cette courroie, que l’épée, pendant les marches, était suspendue sur le dos.
En 1427-28, les comptes de nos ducs mentionnent aussi les gages payés à « Joris Fieret , joueur deîépée à deux mains. » Ce n’est toutefois qu’à partir de Maximilien, qu’une partie de l’infanterie fut régulièrement armée de ces épées gigantesques, dont la fîg. 32 reproduit un bon exemplaire.
Au XVIIe siècle, le joueur d’épée disparaît des rangs; son arme, désignée désormais sous le nom d 'espadon, est réservée à la défense des places fortes : lors de l’invasion des armées de Louis XIV, tous les remparts des villes hollandaises étaient encore garnis de grands espadons, plantés de six en six pas, dont la poignée ne mesurait pas moins de 5o centimètres.
Le nom d’espadon se donnait aussi à toute grande et forte épée de taille, telle qu’en portaient certains piétons suisses et allemands, alors même qu’ils n’étaient pas joueurs d’épées à deux mains (fig. 24, 27, et 46).
Tout fantassin, quelque fut d’ailleurs sa spécialité : piquier, hallebardier, arquebusier, etc., portait l’épée courte et la dague. Cette épée, pendant le premier tiers du XVIe siècle, s'appelait lansquenette ; sa lame, à deux tranchants, mesurait de 75 à 80 centimètres et au dessus de ses quillons, tordus en 8, s’élevait une poignée de fer tronconique, sans pommeau détaché.
Fig. 59. — Arbalète allemande à cric, dalée de 1613 ; Coll, de M. Vermeersch
Fij. 60. — Arbalète à, galet ou à galets du xvue siècle ; Collection de M. Frésart
(* Hemricourl : Li patron del temporalitet.
Fig. 61. — Gui de Brime u, Seignr de Humbercourt. 1475
USQU’A la fin du règne de Charles-Quint, l’épée continua à jouer dans la mêlée un rôle prépondérant; mais, quelques années plus tard, les progrès réalisés par l’arme à feu avaient diminué son importance, à ce point, que Bernardino de Mendoça (*) signale comme une « chose rare depuis longtemps » qu’au combat de Jemminghen ( i 568) la plupart des blessés dans les deux armées l’étaient à l’arme blanche.
L’épée cependant, par une ancienne tradition chevaleresque, était toujours l’arme honorable par excellence. C’est ainsi, qu'en 1572 encore, un article de la capitulation de Mons, assiégée par les espagnols du duc d’Albe, stipule que tous les soldats wallons et flamands pourront « sortir en la mesme manière, pourvu que ne soit avec autres armes que Yespée et la dague » ; l'épée d’alors se composait souvent d’une lame droite et raide, analogue à celle de la cavalerie, complétée par une monture à quillons droits et à double garde.
Les sabres d'infanterie du XVIIe siècle, se distinguent généralement par une ou plusieurs branches, plus ou moins compliquées, deux quillons tordus en sens inverses et une ou deux plaques circulaires de fer, recourbées sur la main.
Un sabre exposé par M. Frésart, montre, au milieu du XVIIIe siècle, l’existence du type dit briquet , encore en usage aujourd’hui ; sa lame courbe, à un tranchant et à monture de laiton, est ornée des inscriptions : VIVE LE ROY — REGIMENT D’HORION — INFANTERIE LIEGEOISE. — Rappelons à ce propos, que l'ordonnance du roi de France, donnée le 2 5 mars 1757, avait créé deux régiments liégeois, licenciés à la fin de 1762. Le baron de Vierset était colonel d’un de ces régiments, le comte d’Horion commandait l’autre.
Des épées de ville furent à la mode, à partir de 1450 environ. A cette catégorie appartient l’arme élégante exposée par M. Neyt (fig. 39). Toute la monture, finement
C « Commentaires. »
damasquinée d'or, est relevée en outre de médaillons délicatement ciselés, à personnages
mythologiques. Dans les gouttières de la lame, taillée en carrelet, on lit: HENRICVS COEL ME FEC1T — HENRICVS COEL SOLINGEN. Cet armurier allemand, qui avait travaillé à Tolède, signe aussi quelquefois ses lames, de l’inscription : MI hemu |
S1NNAL SANTISMO CRVCIFICIO EMPIQVE COLL ESPADERO EN ALAMANIA, qui indique que sa marque est le saint crucifix .
| On voit en effet un christ en croix, poin-
çonné sur le talon de la lame de M. Neyt.
Nous rapportons à une époque un peu moins éloignée, l’épée de ville flamande de la fig. 44, dont la lame porte une inscription, également espagnole, mais indéchiffrable.
Le type espagnol d’épée de ville le plus répandu au XVIIe siècle, est reproduit par la fig. 43 ; ces épées sont souvent dites « de Valence » parce qu’il s’en fabriquait beaucoup dans cette ville.
Une autre épée de même nationalité, de l’époque de Philippe III, et d’une fabrication tout-à-fait remarquable, appartient à M. le comte Léopold de Beauffort (voir l’eau-forte, fig. centrale). Sa monture entièrement travaillée à jour, et noircie, peut-être en signe de deuil, porte
Fig. 62. — -Arquebuse à rouet allemande de 1610 environ ; Collection de j\I. Van Zuïlek
une lame fine, à double gouttière, aux trois poinçons du célèbre fourbisseur tolédain : JUAN MARTINEZ.
L’épée à « l’espagnole » appelée rapière, arme à la fois de duel et de ville, mise à la mode pendant la seconde moitié du XVIe siècle, était fort répandue encore au XVIIe. Les figures latérales de notre eau-forte, en présentent deux bons spécimens, tirés delà collection de M. Vermeersch.
La rapière espagnole de gauche, porte deux coquilles richement ciselées à sujets de combats et sur la lame, la devise de circonstance : IN TE DOMINE SPERAV1T.
C’est bien à la grâce de Dieu en effet, et
> , . • Fig. 63. — Arquebuse à rouet
aussi un peu a la trempe supérieure de , ,.1E
r 1 allemande datée de 161o ;
leur lame, que s’en rapportaient ces Coil. de M. Vermeersch
galants donneurs de sérénades, obligés souvent de dégainer à l’improviste, sous le balcon de la dame de leurs pensées.
La coquille entièrement repercée à jour, de la rapière de droite, paraît plutôt italienne.
De i5 5o à i65o, la rapière était ordinairement, dans les duels, complétée par le poignard, que les champions tenaient élevé dans la main gauche et qui leur servait à écarter la lame de l’adversaire. — La fig.
33 représente un poignard espagnol de ce genre, dont la monture est travaillée à jour. La coquille d’épée qui recouvrait la main droite et la plaque de poignard qui protégeait la main gauche, étaient souvent pourvues, extérieurement à leur périmètre, d’un rebord en rumpe-punta ou « brisepointe » destiné à engager et à briser la pointe de l’épée ennemie et à réduire ainsi l’adversaire à l’impuissance.
Dans la fabrication de ces épées de duel, Solingen lutte encore avec Tolède, comme le montre la rapière allemande de la fig. 40. La lame, montée dans cette coquille largement ciselée et repercée, porte l’indication de son origine : HANS MOVM ME FECIT SOLINGEN et la devise : SOU DEO GLORIA. Deux petits S(Solingen) se remarquent à l’extrémité de la double gouttière , et sur le talon, se trouve poinçonné un mousquetaire en joue, appuyant l’arme sur safourquine.
L’épée de ville suivante (fig. 41) est encore allemande et appartient aussi à M. Van Zuylen : toute la monture en est ciselée et richement damasquinée d’argent sur fond noir.
Allemande encore est cette autre épée, de M. Neyt (fig. 42), dont la lame est poinçonnée : IHN SOLINGEN.
Sous Louis XIV, Fépe'e légère, d’une forme spéciale, désignée habituellement sous le nom d'épée de cour, est mise en usage. Lorsque sa lame, à section triangulaire ou hexagonale, accuse, par un brusque ressaut, un élargissement sensible
Fig. 64. — Mousquet il mèche (1590-1610);
Collection de M . Van Zuylen
Fig. 65 . — Mousquet à mèche (1650 environ) ; Coll, de M Vermeersch
sur les vingt centimètres qui avoisinent la coquille, on se trouve en présence de ce type d’arme de duel, spécial au règne de Louis XIV, appelé colichemarde (épée à la Koenigsmark).
Terminons par une mention spéciale, bien méritée, de la splendide épée de Rubens , reproduite sur notre chromo-lithographie.
M. le comte Alex, van der Stegen de Schrieck est aujourd’hui le possesseur envié de ce précieux joyau historique , remarquable spécimen de ces riches épées, que la noblesse d’alors portait à la ville et à la cour.
Ce chef-d’œuvre artistique était bien digne de figurer au côté de l’illustre peintreambassadeur, auquel le roi Charles Ier r d’Angleterre en fit présent en i63o, après lui avoir donné de cette même épée, l’accolade de chevalier de l'Eperon d’or.
La monture de cette arme de parade est entièrement en fer forgé ; le burin délicat d’un ciseleur habile en a rehaussé les branches, le pommeau et les garnitures, de médaillons encadrant des sujets païens, reliés entre eux par des bandes ornées du meilleur goût et de l’époque de la plus belle renaissance. Tout' le décor, qui se détache en bas-relief, a été recouvert d’une épaisse feuille d'or, appliquée si exactement, qu’elle ne dissimule aucun détail. Les parties planes du fond ont été brunies afin de mieux détacher encore l’ensemble de cette riche ornementation.
Quoique la composition du dessin se ressente de l’influence de l’Italie, nous n’oserions attribuer à ce pays l’origine de cette épée ; la forme des quillons, si capricieusement tordus à la flamande, s’éloignant sensiblement de la ligne droite, gracieuse et légère, généralement adoptée par les pays du midi.
Les trois épées, de coupe particulière, représentées par les fig. 47, 48 et 49, appartiennent à une série de neuf glaives d’exécution de la ville de Gand; ce sont les
seules dont les lames portent des inscriptions d'origine : inscriptions qui révèlent une spécialité nouvelle des fabriques de Solingen, auxquelles nous attribuons, non seulement ces lames, mais encore leurs montures.
Fig. 60. — Arquebuse à rouet à pied de biche, datée de 1673; Collection de M . Neyt
Fig. 67. — Mousqueton italien à rouet, de Lazarino Cominazzo (1650 environ); Coll, de M. Yermeersch
Fig. 68. — Courte arquebuse à rouet, fabriquée à Nuremberg, (1580-1600) ; Collection de M. Van Zuyi.en
Le n° 47 porte, dans les deux courtes gouttières de son talon: CLEMENS HORN-ME FEC1T SOLINGEN. Entre ces inscriptions, sont poinçonnées deux têtes de licorne. Ce glaive, au fourreau duquel sont adaptée les gaines d'un couteau de réserve et dune pierre à aiguiser, nous paraît remonter, au plus tard, à la fin du XVIe siècle.
La lame du n° 49 montre, dans une gouttière centrale, le nom du fabricant : HANS MOVM, autre armurier de Solingen, de la même époque.
L’épée 48 enfin, porte en lettres dorées, sur un fond bleui, les inscriptions suivantes:
HVTE. DICH. TH VE. KEIN. BOSSES NICHT. WAN. DV. W1LST. FLEHEN. DIS. GERICHT WAN. 1CH . DAS. SWERDT. THVE AVF. HEBEN SO.WVNSCH.ICH DEM.A.(rmen)S.(under)DAS.EWlGE.LEBEN
Les deux premières lignes, complétées comme suit, se retrouvent sur le second plat de la lame :
DIE. HEREN. SPRECHEN. DAS. RECHT. ICH.
VERR1CHTE. 1HR. VRTHEIL. 1. F. AGENT. 1 7 1 2 . SOLINGEN
Lin glaive de justice identique dont les inscriptions, en grande partie semblables à celles-ci, indiquent qu'il était en usage à Coblentz, en 1750, repose également à la Porte de Hal.