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ARMES D’HAST ET DE CHOC

« Que personne, de jour et de nuit, dans la dicte cité (de Liège) ne porte: espée, baselar, spafus, brédars, glaives, haiches, spiers, marteals, bec de falcon, panchiers, ni autres armures quelconques, exceptés daghes et cuteals de telle longueur, grosseur et largeur que enseigné sera. »

Ainsi s’exprime en 1422, l’évêque Johans de Heynsbergh, en renouvelant l’ordonnance sur le port d’armes, appelée « Ject des bastons ».

Ces glaives, haches, marteaux (armés au dos d’un croc recourbé en bec de faucon ou de perroquet) n’étaient que quelques formes particulières d’une variété infinie d'armes d'hast et de choc, qui, à l’époque de Louis XIV, sous le nom de : bec de corbin, pertuisane, hache et marteau d’armes, masse, fourche, faux, etc., servaient encore régulièrement à la défense des remparts.

La fig. 5 1 représente le fauchard ou glaive appelé

vouge. Cette arme, au XVe siècle, était fort répandue en Bourgogne. Charles-le- Téméiaiie, sui les tiois piétons qu il levait, par village de cinquante feux, en voulait ordinairement un ou deux « armés d’épée, de dague, et de vouge », revêtus de la brigandine et de la salade.

Le vouge était aussi l’arme de ses archers : un compte de Jacquemin le provost, faiseur de vouges ( 1470) mentionne,en effet, « 24 vouges délivrés à des archers du corps » au prix de 35 s la pièce. En i5oo, Hughes Beckman, coutillier à Bruxelles, fournit de même « 32 vouges pour 32 archers du corps ».

Les « 1 6 bastons en manière de voussars dorés et étoffés » qu’un autre coutillier bruxellois, Pierre Evrard, livre l’année suivante, pour « le capitaine et les i5 archers du corps du duc de Luxembourg » étaient sans doute également des vouges.

Des vouges saxons, semblables à celui de la fig. 5 1 , furent encore, en 1 547, ramassés sur le champ de bataille de Mühlberg.

Les Musées allemands conservent de nombreux vouges gravés , montrant qu’à la fin du XVIe siècle, ce type d’arme était toujours en usage parmi les trabans ou gardes-du-corps.

Les fauchards du type de la fig. 5 3, persistèrent même plus longtemps; celui-ci, daté de 1666, porte le double aigle d’Allemagne et le monogramme de l’empereur Léopold Ier. D’autres glaives du même type, conservés à Vienne, armaient la garde de Joseph II ; ils sont datés de l’année de son couronnement (1765) et ornés de la devise : VIRTUTE ET EXEMPLO.

La guisarme , représentée par la fig. 52, est également un fauchard de parade, probablement italien.

La corsèque (fig. 5 o) se retrouve jusqu’au XVIIe siècle ; on remarquera les deux ongles à désarçonner qui terminent ses ailerons.

La hallebarde , que les Suisses avaient déjà maniée d’une façon distinguée à Morgarten ( 1 3 1 5) et à Sempach (1 386), ne paraît s’être introduite chez nous, qu’avec l’arrivée de ces nombreux contingents mercenaires, suisses et allemands, amenés par Maximilien. Son importance alla en diminuant, à mesure du progrès de l’arme à feu, de i5 3o à 1600. Un siècle plus tard elle était encore employée utilement aux assauts de brèches, où, plus commode que la pique, elle servait à accrocher les fascines et les gabions, soit pour les renverser, soit pour aider les assaillants à l'escalade.

Comme arme de parade, la hallebarde a servi depuis le commencement du XVIe siècle j u squ’au j ou rd’hu i .

Les hallebardiers de Charles-Quint, (i520-i53o) étaient pourvus de hallebardes par Martin De Rycker, slaefmater, demeurant à Bruges. Ces hallebardes étaient sans doute ornées de gravures.

Quoique gravée, la hallebarde allemande de la fig. 5q, servait à la guerre : c’était peut-être l’arme de quelque sergent d’infanterie.

Le type représenté par la fig. 56 est souvent désigné comme italien; de semblables hallebardes, travaillées à jour et poinçonnées de la main d’Anvers, sont pourtant.

Fig. 09. — Pistolet à rouet allemand (1580-1600) ; Coll, de M. Charles- Albert.

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ÉPEE DE RUBENS

aujourd'hui encore, conservées dans l'arsenal de Gratz. Elles proviennent d’un achat fait en 1610 et ainsi, anciennement libellé : « 8 durchbrochene niederlandische Hellepparten. »

La Chronique de Liège , nous apprend aussi qu’en i63i, les bourgmestres de Beeckman et Laruelle, « firent présent à Sa Majesté Impérialle de quelques chariots chargés de belles pertuisanes, hallebardes et autres armes accommodées et montées de la plus brave sorte, au nom de la cité. »

Fig. 70. — Pistolet à rouet fabriqué à Augsbourg (1580-1600 ; Collection de M. Van Zuylen

La fig. 55 représente un type qui fut très répandu en Allemagne.

Un esponton ou demi-pique, insigne de commandement d’officier d’artillerie est figuré sous le n° 5 7. Sa forme est analogue à celle des porte-mêches de canonniers, en usage à la fin du XVIe siècle ; seulement, les deux serpentines simulées qui forment

Fig. 71. — Pistolet à rouet fabriqué à Nuremberg (1580-1600) ; Collection de M. Neyt

ailerons à la base de son fer, ne portent ni les mâchoires ni la vis de pression quj soutenaient la mèche allumée.

Parmi les armes de choc, à une main, fort répandues dans la cavalerie jusque vers i55o et que l'on retrouve encore en Allemagne au commencement du XVIIe siècle, citons comme spécimens de premier choix, les deux belles masses d'armes de M. Van Zuylen (fig. 22).

Ces armes, d’une excellente fabrication et provenant des célèbres collections rassemblées jadis à Goodrich-Court par le docteur anglais Meyrick, sont entièrement en fer et montrent encore de nombreuses traces de leur ancienne dorure.

On peut faire remonter jusqu’aux dernières années du XVe siècle, l’origine de celle qui se trouve à droite. Les sept ailes qui composent sa tète et la douille cylindrique qui les réunit sont forgées d’une seule pièce. Le manche creux, largement ciselé, engagé dans cette douille, est percé pour le passage d'une lanière au moyen de laquelle l’arme se suspendait à la selle ou se fixait au poignet.

La masse de gauche est du commencement du XVIe siècle ; ses sept ailes, découpées à l’italienne, sont renforcées aux endroits saillants et allient ainsi, à une grande solidité, une puissance de choc supérieure.

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