FABRICE
Je vais vous en instruite:
Pour la décence et la volupté.
C’est le meuble le plus utile !
Sur les yeux, ce rempart fragile A la pudeur semble ouvrir un asile,
Et sert la curiosité.
En glissant un regard entre ses intervalles.
D’un coup d’œil juste on peut en sûreté,
Observer un amant, critiquer ses rivales ;
On peut, par son secours, en jouant la pudeur.
Tout examiner, tout entendre.
Rire de tout, sans alarmer l’honneur.
Son bruit sait exprimer le dépit, la fureur ;
Son mouvement léger, un sentiment plus tendre ;
L’éventail sert souvent de signal à l’amour.
Met un beau bras dans tout son jour,
Donne au maintien que l’on sait prendre,
Des airs aisés, et naturels
Enfin, entre les mains d’une femme jolie.
C’est le sceptre de la folie
Qui commande à tous les mortels !
A vous maintenant, charmante lectrice, de souligner ces vers de vos attitudes, de vos minauderies les plus irrésistibles. Au jeu de l’éventail, ajoutez celui plus dangereux encore de la prunelle; et vous aussi, verrez à vos pieds plus d’un illustre soupirant, comme la piquante Ni nette- Favart vit aux siens le vainqueur de Fontenoy, Maurice de Saxe, brûlant du désir de mêler quelques myrthes à ses glorieux lauriers.
G. VERMEERSCH
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