Ibid., I, ccx
soit qu'il rende la justice ou qu’il reçoive les tributs, combatte corps à corps les bêtes sauvages ou lance ses flèches contre les ennemis.
Cette interprétation des bas-reliefs perses contemporains des deux dynasties Achéménides est nettement conforme aux textes cunéiformes et hiéroglyphiques
Cyrus, dans l’inscription de la tablette publiée par M. Pinches, ne fait aucune distinction entre les divinités des différents empires qu’il a soumis et confond dans un même sentiment respectueux les dieux de la Perse, de la Chaldée 1 2 3 et, il faut le croire, Jéhovah lui-même ?, comme le prouve la reconnaissance des Juifs pour sa mémoire. Cambyse, naturellement imbu des mêmes principes que son père, se fait, au début de la conquête d’Egypte, instruire dans la religion des Pharaons et initier par le prêtre Outsa-Hor-Soun aux mystères d'Osiris 4.
Darius, roi par la grâce d’Aouramazda 5 6, n’invoque plus, au contraire, que ce Dieu dont il se déclare le serviteur, et tire tout son orgueil et toute sa gloire de l’étendue de son empire, de ses victoires et de son origine perse et aryenne c.
Cette révolution, impliquant l’adoption par Darius d’une religion d’État beaucoup plus intolérante que celle professée par Cyrus et par Cambyse dans les premières années de son règne et l’effacement absolu du roi devant la Divinité, paraît d’autant plus extraordinaire qu’elle se produit au lendemain du massacre des chefs de la caste sacerdotale. Il serait en effet difficile d’expliquer cette apparente contradiction entre les actes de Darius, si dans l’inscription de Bisoutoun et de Nakhchè- Roustem le roi ne racontait lui-même, de la manière la plus nette, qu’après la mort de Gaumata il renversa les mages7, dont les pratiques superstitieuses infestaient
1. Oppert; Menant, les Achéménides et les Inscriptions de la Perse.
2. « Les dieux de tous ces peuples, je les ai réinstallés à leur place et je leur ai élevé des demeures <i vastes et permanentes. J'ai aussi réuni tous ces peuples, et je les ai fait revenir dans leur contrée. » « Que « tous ces dieux que j’ai rétablis interviennent journellement devant Bel et Nébo pour m’obtenir une « longue vie. » — Pinches, Transactions of the Society of Biblical Archeology , vol. VII, part. I, 1880, p. iao-iyô.
Cyrus reconstructeur du E-Sakil et du E-Zida ( Transactions of the Society of Biblical Archeology, 1873, p. 148).
3. « L’Éternel, dit Cyrus, m’a ordonné de lui bâtir un temple à Jérusalem de Judée. » — Livre d’Esdras.