De Rougé, Mémoire sur la stèle naophore du Vatican
5. Inscription de Bisoutoun, colonne i, ligne i3 (Oppert, le Peuple et la Langue des Mèdes).
6. Oppert, le Peuple et la Langue des Mèdes ; les Inscriptions des Achéménides. — Ménant, les Achéménides.
7. « Je rebâtis les autels des dieux que Gaumatès le Mage avait détruits» ( Inscription de Bisoutoun, p. XIII. — Oppert, le Peuple et la Langue des Mèdes).
<• Lorsque Ormuz vit que toutes les provinces étaient adonnées à la superstition et suivaient des doctrines opposées, il me les a données, il les a soumises à mon pouvoir. Moi, le roi, par la grâce d’Ormuz, je les ai remises dans leur ancien état. » Etc., etc. — Testament de Darius (Oppert, loc. cil.).
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
la Perse entière, et rétablit le culte exclusif des anciens dieux nationaux aboli par ces prêtres.
Cyrus et son fils, fort éclectiques en fait de religion, avaient laissé prendre à la caste sacerdotale étrangère au pays, au moins par ses origines ', une influence si considérable que ses chefs étaient parvenus à occuper les plus hautes charges de l’État et à usurper sans peine le pouvoir pendant la longue absence de Cambyse. Il était donc nécessaire d’affermir l’autorité royale en ruinant la prépondérance des mages et en restaurant dans toute sa pureté le culte des anciens dieux de la Perse. Darius lui-même, pour affirmer ses croyances et donner un témoignage de sa piété, modifia le protocole royal et s’astreignit, dans tous les actes publics, à observer rigoureusement les rites de la religion nationale.
A dater de cette époque, le roi fut devant Dieu l’égal de ses sujets et, comme le dernier des esclaves, il accepta la double sépulture, ainsi qu’en témoigne la construction d’un dakhma ou tombe provisoire auprès des spéos de Nakhchè- Roustem.
Un fait bien caractéristique prouve dans quel discrédit étaient tombés les mages après la chute de Gaumata. Hérodote, qui parle souvent de cette caste religieuse dont il a étudié les origines et l’histoire, ne prononce même plus son nom dans les livres III, IV, V et VI consacrés en grande partie au récit du règne de Darius.
La situation précaire des mages fut d’ailleurs de courte durée. Après la mort de leur persécuteur, ils reconquirent une haute situation religieuse, et leurs chefs reprirent dans les conseils du roi une influence prépondérante, en même temps que les dieux étrangers faisaient de nouveau irruption dans le panthéon des Aryens2.
1. Les mages étaient primitivement les ministres de la religion pratiquée chez les Mèdes.
2. « Les Perses sacrifient à Jupiter sur la cime des monts, au soleil, à la lune, à la terre, au feu, ù l’eau et au vent. Dans l’origine, ils n’avaient point d’autres sacrifices; mais depuis ils ont appris des Assyriens et des Arabes à sacrifier à Venus céleste, que les Assyriens nomment Mylitte, les Arabes Alitta, les Perses Mitra» (Hérodote, I, 1 3 1 ). — Il est du plus haut intérêt de comparer à ce texte les inscriptions de l’époque de Xerxès et de ses successeurs, où ces princes substituent ù l’affirmation monothéiste adoptée sous Darius : « Hormuz est un grand dieu » , les formules polythéistes : « Hormuz est le plus grand des dieux » , ou bien encore : « Hormuz avec les autres dieux » , et surtout de rapprocher le texte d’Hérodote de la dernière phrase de l’inscription gravée sous le règne d’Artaxerxès sur les bases des colonnes du palais de Suze : « Qu’Ormuz, Anahita et Mithra me protègent, moi et tout ce que j’ai fait. >»
L’accord absolu qui existe entre les renseignements fournis par l’historien grec et les inscriptions cunéiformes remontant à une date voisine de celle à laquelle il écrivait est une preuve décisive de la transformation religieuse que je signale, et montre également combien on peut avoir confiance dans le chapitre des Histoires d’Hérodote ayant trait aux moeurs et aux coutumes des Perses.
L’Art antique de la Perse.
Gabre Madérè-Soleïman. — Description de l’édifice. — Comparaison à établir entre cet édicule et les monuments archaïques de la Grèce. — Dissymétrie du plan du Gabre Madérè-Soleïman. — Identification du Gabre Madérè-Soleïman avec le tombeau de Mandane, mère de Cyrus.
Le monument le plus intéressant et le mieux conservé de la plaine du Polvar est un petit édifice rectangulaire situé à quatre kilomètres au sud du Takhte, sur la route
Fig. 3i. — Coupe longitudinale du Gabre Madérè-Soleïman.
de Madérè-Soleïman à Persépolis; les Persans le désignent sous le nom de Gabre Madérè-Soleïman (tombeau de la mère de Salomon) (PI. XVIII et XIX).
Le caractère archaïque de l’architecture. grecque de l’édicule et le fronton du monument, le seul que l'on puisse signaler dans toute la Perse, attirent tout d’abord l’attention. Le naos est porté sur six gradins de dimensions décroissantes reposant eux-mêmes sur un socle débordant largement au-dessous de la dernière
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE
marche (fig. 3i). Un escalier en partie détruit servait à atteindre le niveau du premier gradin. Tout cet ensemble de constructions est bâti en pierres calcaires de dimensions colossales, assemblées sans mortier et appareillées avec la plus grande précision.
Fig. 32. — Coupe transversale de la corniche du Gabre Madérè-Soleïman.
Fig. 33. — Élévation d’un fragment de la corniche du Gabre Madérè-Soleïman.
La couverture, en pierre comme tout le reste de la construction, est massive et composée d’assises horizontales revêtues à l’extérieur de dalles plates disposées en pente suivant l’inclinaison de la toiture; la saillie de ces dalles sur les petits
côtés de l’édicule encadre le fronton supporté par un entablement rudimentaire composé luimême d’un talon renversé compris entre deux bandeaux (fig. 32). On a essayé de tailler dans le bandeau inférieur quelques modèles de denticules (fig. 33), mais cette décoration amaigrissait la corniche ; elle a été sagement abandonnée.
Le profil de la corniche est reproduit audessus du linteau de la porte (fig. 36), et c’est encore un talon qui règne sous forme de plinthe à la base du monument (fig. 3q) et au bas du gradin inférieur (fig. 35).
La répétition de ce même motif ornemental n’est pas fortuite. Inusité en
4o L’ART ANTIQUE DE LA PERSE.
Égypte, rarement employé dans les temples de l'ordre dorique, inconnu sans
Fig. 36. — Porte du Gabre Madérè-Soleïman.
doute aux architectes de Ninive et de Babylone, le talon fut utilisé dans les plus
anciens monuments ioniques construits en Asie, en Grèce, en Sicile, et systémati-
PREMIERE DYNASTIE AGHEMENIDE.
quement dans les temples qui fixèrent les dimensions et les principales dispositions de l’ordre ionique.
Il est même intéressant de comparer à ce sujet les profils du Gabre Madérè- Soleïman avec ceux d’un linteau de porte provenant du théâtre de Sélinonte (fig. 3 7), ou au tracé des plinthes et des corniches de l’Érechthéion (fig. 38 et 39) , du temple de la Victoire Aptère ou de Junon à Samos, qui ne sont que le développement de l’entablement rudimentaire de l’édicule perse.
Dans ces ouvrages, comme dans tous les monuments ioniques plus modernes, le talon est presque toujours directement superposé aux denticules.
Fig. 38.
Fig. 39.
Plinthe et corniche de l'Érechthéion.
Ces analogies et cette continuité dans les traditions sont aisées à expliquer.
Les planchers des monuments lyciens étaient invariablement surmontés de trois rangs de madriers nécessaires pour maintenir au-dessus des chevrons une couche de terre épaisse (fig. 40) et, par cela même, imperméable à la pluie. Dans quelquesunes de ces constructions, barète inférieure du madrier central est abattue (fig. 41 ); dans d’autres, les deux derniers membres de cette sorte de corniche sont réunis suivant une seule surface courbe dont la coupe transversale donne une image à peu près exacte du talon (fig. 42).
Il suffit alors aux Grecs de substituer aux abouts des chevrons en grume juxtaposés formant les planchers la représentation en pierre de chevrons équarris à vive arête, pour créer les éléments essentiels de l’antique corniche ionienne,
formée d’un filet carré, d’un talon et d’un cours de denticules, si nettement reproduite au Gabre Madérè-Soleïman et au tombeau «AMYNTOY»; de même aussi les peuples qui empruntèrent plus exclusivement leurs motifs d’architecture à
Fig. 40.
Corniche du tombeau lycien de Telmissus.
Fig. 41.
Corniche du tombeau lycien représenté figure 29, page 32.
Fig. 42.
Corniche
du tombeau « AMÏNTOT ».
l’Égypte composèrent la doucine en réunissant dans le même profil la gorge égyptienne à la baguette qui la supporte (fig. q3, 44 et 45).
Fig. 42.
Corniche égyptienne.
Fig. 44.
Profil de la doucine.
La porte du Gabre elle-même, dont le double encadrement rappelle les cadres en charpente des tombeaux lyciens (PI. VII , XV, et fig. 29), paraît être la copie exacte des portes des édifices de style ionique, construits en Grèce à la fin du
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
VIIe siècle avant notre ère : montants, linteaux, couronnement, semblent empruntés au théâtre de Sélinonte (fig. 37).
Le Gabre Madérè-Soleïman était accompagné d'un portique (PI. XVIII) dont il est aisé d’indiquer la position exacte et les dimensions. Sur trois côtés de la cour on
MJ
Fig. 46 et 47. — Elévation et plan de la base des colonnes du Gabre Madérè-Soleïman.
retrouve effectivement les bases ou les fûts tronqués de presque toutes les colonnes. Quant à la quatrième face, elle ne paraît pas avoir été ornée de colonnes; du moins aucun vestige de construction ancienne ne l’indique. Les colonnes élevées sur la face opposée à cette dernière diffèrent sensiblement des autres. Elles ont om6y de
diamètre au lieu de om9o5, diamètre des supports latéraux, et reposent seules sur une
Fig. 48 et 49. — Élévation et plan d’une base de l’ancien temple de Samos.
base cannelée (fig. 46, 47 ef 5o) semblable à la base archaïque retrouvée à Samos
PREMIERE DYNASTIE ACHEMENIDE.
(fig. 48; 49 et 5 1 ) 1 et à celles qui supportent les colonnes de l’Érechthéion (fig. 52 et 53), du petit temple de la Victoire Aptère, de Minerve Polias et d’un grand nombre d’autres temples ioniques, tandis que les fûts des supports latéraux s’appuient, comme ceux du palais, sur un mince tambour cylindrique (PI. XX).
On pénétrait dans la cour centrale par trois portes étroites et basses, situées dans les axes du portique. Une quatrième ouverture plus grande que ces dernières devait faire partie d’un mur de clôture élevé autour de l’édifice; j’aurais désiré rechercher
Fig. 5o. — Coupe de la base des colonnes du Gabre.
Fig. 5i. — Coupe de la base des colonnes de Junon à Samos.
Fig. 5a. — Coupe de la base des colonnes de la Victoire Aptère.
Fig. 53. — Coupe de la base des colonnes de l’Érechthèion.
les traces de cette enceinte, mais je n’aurais pu le faire sans péril, car il eût été nécessaire de renverser des masures et de faire des fouilles au milieu des sépultures placées sous la protection du tombeau de la mère de Salomon. Je dus, en conséquence, y renoncer et me contenter de relever la position des jambages des portes qui tous sont encore debout.
Avant de terminer la description du Gabre, il est nécessaire d’appeler l’attention sur une des particularités les plus singulières du plan. L’édicule n’occupe pas exactement le centre de l’espace limité par la colonnade. On l'avait au contraire rejeté dans le fond de la cour. Toutefois il était symétriquement placé par rapport à un des grands axes du portique.
Cette curieuse anomalie, signalée pour la première fois par Texier , a été généralement considérée comme une erreur d’implantation. Tel n’est
i. Les Antiquités de l'Ionie, publiées par les soins de la Société des dilettanti, vol. III.
L’Art antique de la Perse. I — 7
pas mon avis, je crois même qu’elle peut être rationnellement expliquée.
Dès le début de cet ouvrage, j’ai fait connaître les causes qui me portaient à établir une distinction entre la plaine du Polvar et l’emplacement de Pasargade. On a commis une erreur de même ordre en identifiant le Gabre Madérè-Soleïman avec le tombeau de Cyrus.
Le Gabre, qui devait rappeler aux Macédoniens les plus modestes naos de la Hellade, n’eût excité aucune surprise chez les Grecs habitués aux splendeurs architecturales de leur patrie et n’eût pas mérité d’être décrit par les historiens d’Alexandre. Tous, au contraire, citent le mausolée royal comme un des édifices les plus curieux de Pasargade. J’ai déjà rapporté, à propos des monuments de Méched-Mourgab, la description fort bien faite laissée par Aristobule du tombeau de Cyrus, et j’ai fait remarquer combien elle dépeignait exactement une tour analogue à celle de Nakhchè-Roustem. Aucune des expressions techniques employées par cet auteur ne saurait s’appliquer aux formes du Gabre Madérè-Soleïman.
Un Grec n’eût jamais comparé à une tour carrée cette construction écrasée surmontée d’une couverture à deux égouts et couronnée d’un fronton, pas plus qu’il ne se fût contenté, pour décrire le soubassement et les six gradins, d’énoncer simplement que le bas de la tour était solide. Il eût été impossible d’enfermer dans la chambre intérieure du Gabre, mesurant à peine six mètres carrés, le sarcophage et les nombreux et volumineux objets énumérés par Strabon d’après le récit d’Aristobule. Enfin, on rechercherait vainement sur les pierres du Gabre les traces des deux inscriptions gravées au-dessus de la porte du tombeau de C\rus.
A défaut de documents historiques, c’est donc au monument lui-même qu’il convient de demander des renseignements sur son ancienne destination.
Ce qui frappe tout d’abord, en considérant l’ensemble de la construction, c’est le défaut d’harmonie signalé entre le plan du Gabre et celui du portique.
On est surpris que dans un monument aussi simple on n’ait pas su placer l’édicule dans l’axe des ouvertures pratiquées au milieu des deux colonnades semblables, et que l’on ait rejeté, sans motif apparent, le naos au fond de la cour. Ce n'est pas le cas d'invoquer le principe des dissymétries grecques appliquées de parti pris aux divers temples groupés sur l’Acropole d’Athènes ainsi qu’aux propylées de Sunium L
i. Dans ces exemples, la porte d’entrée avait été déplacée par rapport à l’axe afin que le visiteur embrassât d’un seul coup d’œil les deux façades contiguës du monument (Choisy, Note sur la courbure dissymétrique des degrés du Parthénon. — Comptes rendus de l’Acad. des Inscript ., iS65).
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
Rejeter une porte d’enceinte en dehors de l’axe d’un monument afin de le montrer tout d’abord par un de ses angles était naturel; mais chercher à obtenir le même effet en déplaçant l’édifice lui-même eût été un parti tout au moins bizarre.
On désirerait aussi connaître les raisons qui ont amené le constructeur à élever sur six gradins un édifice que la hauteur de la colonnade, calculée d’après le diamètre des supports, cachait à tous les yeux. Le hasard ou la négligence n’ont pu produire des erreurs d’implantation ou de conception aussi graves : toutes ces dispositions sont intentionnelles, comme ne tarde pas à le faire reconnaître une étude attentive du monument.
Tout d’abord, quel est l’axe général du plan? A ce sujet le doute n’est pas permis : il est indiqué par le parallélisme absolu des ouvertures et des colonnes de deux côtés du portique, par la position de la porte extérieure, par la distinction établie entre les supports qui ornaient le fond de la cour et ceux qui s’élevaient sur les ailes latérales ; il est donc perpendiculaire à l’axe longitudinal du naos.
Ce point était essentiel à établir; car les diverses parties de la construction, mal liées entre elles, si on les rapporte à l’axe particulier de l’édicule, sont au contraire symétriques par rapport à l’axe vrai du monument.
En se plaçant à ce point de vue, on doit même approuver la disposition adoptée, qui semblait agrandir les dimensions de la cour et ménageait au-devant du Gabre un vaste parvis d’où l’on pouvait embrasser l’édifice dans tout son ensemble : l’orientation de la porte du naos est seule anomale.
Au lieu de disposer la baie sur la face du monument la plus en vue, le constructeur s’est efforcé de la dissimuler sur un des côtés, tout comme il a cherché à dérober l’édicule aux regards curieux en l’abritant derrière une haute colonnade et en le rejetant en arrière des portes latérales de l’enceinte, prévues à dessein basses et étroites. 11 obéissait, dirait-on, à une seule préoccupation : cacher à tous les yeux l'intérieur du Gabre Madérè-Soleïman et le Gabre lui-même.
Si l’on admet cette hypothèse, la distribution de toutes les parties de l’édifice devient claire et logique.
La porte extérieure faisait partie d’une haute enceinte enveloppant tout l’ensemble des constructions, l’espace laissé libre entre cette première clôture et le mur du portique était réservé aux serviteurs chargés de la garde du monument qui ne devaient pas pénétrer dans la cour intérieure, et ne pouvaient pas même apcr-
cevoir l’édicule quand s entr ouvraient les portes de communication. Sans doute, il eût été possible d’obtenir le même résultat en interposant un écran entre les ouvertures du portique et le naos; mais la combinaison adoptée avait sur cette dernière 1 avantage de ne pas déparer une ordonnance simple, mais étudiée avec grand soin.
Enfin, comme il fallait éviter qu’un indiscret, pénétrant par surprise sous le portique ou dans le parvis, ne pût apercevoir les objets déposés dans l’édicule, i’architecte tailla dans l'épaisseur des tableaux le logement de deux portes distinctes et s ingénia à rendre impraticable leur ouverture simultanée. Quand on voulait pénétrer dans le Gabre, il fallait tout d'abord rabattre à l’intérieur la porte extérieure (fig. 5q), puis entrer dans la chambre laissée entre les deux vantaux, fermer le premier, qui aurait fait obstacle à la manœuvre du second, et tirer alors à soi la deuxième porte L
Les précautions minutieuses prises pour éviter la souillure du naos par des regards profanes sont usitées de nos jours dans la construction des sanctuaires vénérés et des anderouns; il ne faudrait pas se hâter de conclure de cette analogie que le Gabre
i. Sur le plan du Gabre, je n’ai indiqué de colonnes que de trois côtés de la cour. Dans le cas où le portique eût régné sur les quatre faces du parvis, aucune de mes conclusions ne devrait être modifiée.
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
Madérè-Soleïman fût un temple ou un appartement de femme. Le culte des Perses, j’ai eu occasion de le faire remarquer, s’exercait au grand jour, ainsi que le témoignent les antiques atech-ga de Nakhchè-Roustem 1 , les pyrées représentés sur les monnaies achéménides (fig. 22 et 23) et les bas-reliefs de Persépolis (fig. 55). Quant à la chambre du naos, elle est trop exiguë pour être habitable.
Ce monument était donc un tombeau, et fort probablement, si l’on en juge par les soins que l’on a mis à le dissimuler et aussi d’après son importance relative, le mausolée d’une reine.
Les noms de deux princesses, Mandane et Cassandane, mortes toutes deux sous le règne de Cyrus, sont parvenus jusqu’à nous. Je suis disposé à croire que le monument de Méched-Mourgab, un des plus anciens de la Perse, est le tombeau de la mère du roi. L’antiquité de cet édifice, la proximité de la tour où fut déposé le corps de Cambyse 1er, sont des arguments en faveur de cette hypothèse. Cyrus éleva à côté de la sépulture de son père le monument funèbre de Mandane, et voulut au contraire faire transporter à Pysyakada , dans la vieille capitale de la Perse, où il devait lui-même être enseveli, le corps de Cassandane, à la mort de laquelle il avait mené grand deuil, suivant l’expression d’Hérodote 2.
1. Ces édifices seront spécialement étudiés dans la troisième partie de cet ouvrage.