‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 23 sur 75 · DEUXIEME DYNASTIE ACHÉMËN IDE · texte numérisé non relu

DEUXIEME DYNASTIE ACHÉMËN IDE

Au cours de cette étude, je serai amené à parler souvent du sol et du climat de riran, éléments essentiels à connaître pour apprécier sainement le véritable caractère de l'art persépolitain; je donnerai donc sur la constitution physique de la Perse quelques explications sommaires avant d’aborder les questions d’un ordre purement architectural et archéologique.

La Perse est limitée au sud-ouest et au nord par deux soulèvements puissants : les monts Zagros et l'Elbrouz, prolongement direct de l’Indo-Kouch (Fig. i, et T. I, P. I). Les vallées comprises entre ces deux chaînes de montagnes sont comblées, sur une hauteur considérable, par des alluvions uniformément composées, dans les couches profondes1, d’un mélange compact de galets roulés, de sable et de terre, au travers duquel on peut creuser, sans l’aide de blindages, des puits et des galeries souterraines servant à conduire à fleur du sol les eaux sousjacentes. Il est même facile de vérifier, grâce à la multiplicité des forages, que les dépôts alluvionnaires ne présentent, au moins jusqu’à cent vingt mètres de profondeur, aucune trace de stratification, et qu’ils ne se distinguent entre eux que par le volume des galets, plus gros dans l’Azerbeïdjan que dans le Fars ou dans la Kirmanie. Les plateaux de l’Iran se différencient, au contraire, très nettement, par leur altitude et la nature spéciale du sol , des rivages de la mer Caspienne et des plaines de la Chaldée ou de la Susiane, de formation récente.

Du rapprochement de ces faits il semble résulter que la Perse a été submergée antérieurement à la période quaternaire. L’inondation, maintenue entre l’Elbrouz et les monts Zagros, s’étendit sur tout le pays, mais ne franchit pas les barrières rocheuses qui ont constitué de tout temps les frontières naturelles de l'Iran.

On peut reconnaître à de nombreux indices que les eaux entrèrent en Perse par le nord-ouest. Dans les défilés d’Arménie, où les courants acquirent la plus extrême violence, les parois verticales des rochers sont striées sur une hauteur considérable et sillonnées par de profondes rainures creusées suivant la 'direction à peu près horizontale des plans de stratification. Au sud de l’Araxe et à mesure que s’ouvrent les côtés de l’angle formé par les monts Zagros et l’Elbrouz, les stries disparaissent et en même temps commence la région des plateaux. On trouve les plus élevés dans la contrée comprise entre les massifs du Lauristan et la chaîne des

i. Les strates régulières observées par de Filippi (Reclus, Géographie de la Perse, page 17a) sur les bords de l’Ishvar, au sud-est de Sultanieh, ne se rencontrentqque dans le nord de la Perse et dans les couches superficielles du terrain.

Kouh-Roud, dans ce canal sans issue où s'engouffrèrent les eaux encore chargées des détritus qu’elles charriaient avec elles.

Hamadan (Ecbatane), Ispahan, Méchhed-Mourgab, Persépolis, Chiraz, Darab

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