Les auteurs du Zinet cl-Medjalis et du Nougiet
L’Art antique de la Perse.
soutènement des pierres taillées suivant le profil de la frise et de la corniche du tombeau des rois, pierres qui ne peuvent provenir que du parapet du Takhte. On ne saurait, en effet, les attribuer, avec M. Coste, aux palais royaux dont l'entablement était exécuté en charpente, à moins de supposer que les Perses, qui avaient au plus haut degré le sentiment des convenances architecturales, eussent employé dans un seul édifice, à la suite d'une frise formée par les abouts des chevrons de la charpente, une reproduction en pierre de cet ornement constructif.
D'ailleurs, si l'hypothèse émise par M. Pascal Coste eût été fondée, on aurait dû retrouver quelques fragments d’entablement dans les ruines des palais, tandis qu'ils ont tous été découverts à la base du mur de soutènement.
Ces fouilles ont également mis à découvert, à la base de l’édifice, une plinthe et un socle analogues comme profils à ceux du Cabre Madérè-Soleïman.
Tel qu’il avait été conçu et exécuté par Darius, le Takhte se composait donc d’une immense muraille verticale, surmontée d’un couronnement denticulé. A la partie inférieure de la construction régnait une plinthe reposant, à son tour, sur un socle (PI. III).
L'architecture de ce soubassement, auquel on ne saurait refuser un caractère de grandeur en harmonie avec les lignes sévères des montagnes du Fars, devait faire valoir par ce puissant contraste l'élégance et la richesse des palais des souverains achéménides.
A tous égards, d’ailleurs, la position du Takhte avait été déterminée de la manière la plus heureuse. Bien que la vallée de la Merdach ait bien perdu de son ancienne splendeur, on peut encore se représenter le tableau qui s’offrait aux yeux du grand roi quand, des fenêtres de ses palais, il contemplait la capitale de la Perse étendue à ses pieds.
Fig. i3. — Pierre de la frise du Takhte.
DEUXIEME DYNASTIE ACHEMENIDE.
Au delà des faubourgs perdus dans les jardins et les vergers s’étendait une vallée verdoyante coupée de canaux et de bouquets d’arbres. Au dernier plan s’élevaient majestueusement les montagnes du Fars. C’était un admirable panorama, bien fait pour séduire ces monarques de l’Orient, qui aimaient à reposer, leurs yeux sur de riants paysages pendant les longues rêveries entretenues par le climat énervant de ces chaudes régions.
La plate-forme du Takhtè-Djemchid comprend trois terrasses distinctes, disposées à des niveaux différents. On accède directement au second étage par le grand escalier (PI. Il, III, IV-VII, VIII-XI). Un portique décoré de gigantesques taureaux androcéphales se présente tout d’abord au visiteur 1 (PI. XII).
Après avoir tourné à droite, on gravit de nouveaux degrés et on se trouve sur la partie la plus élevée de la plate-forme. Un dernier escalier, perpendiculaire à la direction du mur de soutènement, permet, quand on a atteint ce point culminant, de descendre à l'étage inférieur.
Quatre palais sont groupés sur la plus haute terrasse 2 : un grand édifice A
1. Les taureaux sont en marbre blanc, ainsi que les colonnes du portique. A la partie supérieure de l’édifice se trouve un texte trilingue fort intéressant. Il nous apprend que le portique, qualifié en perse de Viçaihahyu (d’où l’on voit toutes les provinces), a été construit et sculpté sur l’ordre de Xerxès I.
Oppert, Expédition en Mésopotamie , t. II, p. 1 5q. — « C’est un grand dieu qu’Ormuzd, et il a créé cette terre, il a créé le ciel, il a créé l’homme, il a donné à l’homme le bonheur, il a fait Xerxès roi, seul roi sur des milliers d’hommes, seul maître de milliers d’hommes.
« Je suis Xerxès le grand roi, le roi des rois, le roi des pays bien peuplés, le roi de cette vaste terre (qui commande) au loin et auprès, je suis le fils de Darius, roi achéménide.
« Xerxès le grand roi déclare : Ce portique nommé Viçadhahyu , je l’ai construit, ainsi que beaucoup d’autres monuments que j’ai construits dans cette Parça; je les ai construits comme mon père les a construits, et cette oeuvre magnifique, et toutes les constructions splendides, nous les avons élevées par la grâce d’Ormuzd.
« Xerxès le roi déclare : Qu’Ormuzd me protège, moi et mon empire, et mon œuvre et les œuvres de mon père, qu’Ormuzd les protège. »
2. Le grand palais (A du plan) est également l’œuvre de Xerxès I, ainsi qu’en témoigne l’inscription gravée sur le mur de soutènement de l’escalier conduisant au soubassement particulier du palais.
« C’est un grand dieu qu’Ormuzd; il a créé cette terre, il a créé le ciel, il a créé l’homme, il a donné à l’homme le bonheur; il a fait Xerxès roi, seul roi sur des milliers d’hommes, seul arbitre de milliers d’hommes.
« Je suis Xerxès le grand roi, le roi des rois, roi des pays bien peuplés, roi de cette vaste terre qui commande au loin et auprès, fils de Darius, roi achéménide.
« Xerxès le grand roi déclare : Ce que j’ai fait ici et ce que j’ai fait ailleurs, je l’ai accompli par la grâce d’Ormuzd. Qu’Ormuzd me protège, ainsi que les autres dieux, moi et mon empire » (Oppert, Inscriptions achéménides de la Perse, page 27 3).
Les petits palais B, C, D ont été respectivement construits par Darius, Xerxès et Artaxerxès Ochus. Le palais B, désigné sous le nom de Palais de Darius, fut terminé par Xerxès. C’est sous le règne de ce roi par conséquent que furent gravées toutes les inscriptions. Les textes achéménides, il est bon de le remarquer à ce propos, remontant indiscutablement à l’époque de Darius, sont les inscriptions unilingues du Takhte (o, PI. II), l’inscription de Bisoutoun et le testament de ce prince gravé sur la façade de son tombeau.
composé d’une vaste salle hypostyle flanquée d’une colonnade double sur trois de ses faces, deux monuments secondaires B et C surélevés sur des soubassements particuliers (PL II et XIII), et enfin, un dernier édifice D plus ruiné que les précédents et dont il ne reste que des bases de colonnes L
A l’est de la terrasse intermédiaire existent les vestiges d’une immense salle dont la toiture, couvrant près de cinq mille mètres carrés, était supportée par cent colonnes ? ( PL XIV ) ; cette salle était précédée d’un porche gardé par deux taureaux androcéphaies engagés en partie dans l’épaisseur des murs. Au sud, on voit un petit édifice en fort mauvais état; enfin, au centre et au nord, un portique isolé et les pieds de taureaux androcéphaies appartenant sans doute à un dernier portique.
i. Je donne, à titre de comparaison, les plans d’un petit temple in antis et d’une salle hypostyle d’un temple égyptien (Fig. 14 et i5).
On voit immédiatement dans quelle proportion les deux architectures, grecque et égyptienne, ont contribué à la création du plan perse.
Fig. 14. — Plan d’un temple in antis.
Fig. i5. — Plan d’un temple égyptien.
Fig. 1 5.
Ce sont les édicules grecs qui ont fourni la disposition du porche et de la salle du palais de Cyrus (T. I, PI. XII); mais c’est à l’Égypte que les Iraniens ont emprunté la position régulière des colonnes des salles hypostyles.
2. On ne connaît pas le nom du roi sous lequel a été construit le Palais aux cent colonnes, le plus vaste et le plus beau de ceux qu’élevèrent les princes achéménides sur le soubassement de Persépolis.
DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
A l’étage inférieur, on ne distingue les vestiges d'aucun monument.
J’ai admis sans discussion que les édifices de Persépolis étaient affectés à la demeure des souverains. Il existe, en effet, des analogies si frappantes entre la distribution intérieure des monuments de Persépolis et les plans des palais de Cyrus (T. I,
PI. XII) et des souverains modernes de la Perse (Fig. 1 6 ) , que cette destination est la seule qui ait jamais pu leur convenir. En aucun cas, on ne saurait les assimiler aux temples funéraires élevés sur la rive gauche du Nil par les dynasties thébaines , comme l’avaient pensé quelques auteurs, trompés par les dispositions en plan des monuments persépolitains. Dans un pays comme la Perse, où il n’existait pas d’édifices consacrés au culte des dieux, on ne pouvait élever de temples à la mémoire des rois.
On ne saurait non plus attacher d’importance aux arguments tirés de la situation de tombes princières creusées dans les rochers attenants à la plate-forme du Takhte, puisque la construction de ces hypogées est fort antérieure à celle du soubassement, et que Darius et Xerxès avaient choisi pour l’emplacement de la nécropole royale les montagnes de Nakhchè-Roustem, distantes de leurs palais de plus de dix kilomètres. Du reste, la pensée de vivre dans le voisinage des cimetières attriste si peu les Persans qu’il n’est pas de ville de l’Iran où l’on ne trouve confondues les demeures des morts avec les habitations des vivants. Cette manière d’interpréter les plans des édifices du Takhte est pleinement confirmée par le déchiffrement des inscriptions trilingues de Persépolis et le parallèle facile à établir aujourd’hui entre les monuments de Persépolis et le palais reconstruit par Artaxerxès au sommet du tumulus de Suse (Fig. 17).
Sept expressions bien distinctes sont employées dans la version perse des
inscriptions des Achéménides pour désigner tout ou partie des monuments élevés par les souverains iraniens soit sur le Takhtè-Djemchid, soit dans la capitale de
l’Elam.
Ces expressions, dont je crois avoir déterminé le sens précis, sont les suivantes : '
Apadâna, salle d’apparat, salle du trône.
Hadish, maison, lares, répond exactement au grec iccç.
Tatcharam, habitation particulière du roi, palais, en opposition avec Apadâna.
Vit h, appartement.
Ardaçtâna, âthangaina (Litt.), salle haute en pierre ou salle hypostyle en pierre.
Duvarthi, portique.
Halvarras (médique), Dida (perse), muraille épaisse, soubassement '.
i. L’étude des monuments va pouvoir rendre à la linguistique le service que l’architecture lui avait tout d’abord demandé et préciser le sens exact de chacune des expressions techniques employées dans les inscriptions cunéiformes.
Le mot Apadâna est passé dans l’hébreu avec le sens de Chaprir, trône royal splendide et superbe,
DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
Dans aucune de ces expressions, on le voit, on ne saurait retrouver le sens de
tabernacle royal (Jérémie, xliii , 10, Targum chaldéen). — M. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. II, page 494. — Darmesteter, Mélanges iraniens, vol. Il, p. i33. — Il n’est employé qu’une seule fois et est inscrit sur les bases des colonnes de la grande salle hypostyle construite sur le tumulus de Suse (Fig. 17) par Artaxerxès. — « Darius, mon ancêtre (c’est Artaxerxès II qui parle), a fait construire cet apadâna, dans un temps reculé, ensuite il fut détruit par le ieu sous Artaxerxès, mon grand-père. »
Le sens que les Juifs attachaient à ces mots Chaprir, Apadâna, est en parfait accord avec la destination de l’édifice susien, telle au moins qu’elle ressort de l’étude architecturale de son plan. Apadâna serait donc le mot propre dont se servaient les Perses pour désigner les grandes salles isolées où se tenaient les rois quand ils donnaient des audiences solennelles. Le palais (A) de Xerxès et la salle aux cent colonnes sont des apadânas. Il est à remarquer que la version assyrienne, qui emploie indifféremment le mot Bit pour toutes les habitations, répète dans l’inscription de Suse le mot apadâna , ce qui semble bien signifier qu’il s’agit, en l’espèce, d’une sorte de palais spécial aux Perses. L' apadâna correspond exactement, comme rôle et comme disposition, aux immenses talars royaux sous lesquels n’ont cessé de se placer les chahs de Perse les jours où ils reçoivent officiellement leurs grands officiers ou les ambassades étrangères.
Hadish est une dénomination générale commune à toute habitation. Elle revient très souvent dans les textes persépolitains (inscription des taureaux, inscription de l’escalier et des antes des palais B de Darius, C et D de Xerxès et d’Artaxerxès) , et toujours avec le sens que je lui attribue. Les Assyriens traduisirent ce mot par Bit (maison) (Oppert, les Inscriptions des Achéménides, passim. — Darmesteter, Mélanges iraniens, vol. II, p. 201).
Vitliiyâ , locatif de Vitli, traduit également par Bit en assyrien (Oppert, Expédition en Mésopotamie , vol. II, p. 25o). Ce mot est employé dans l’inscription gravée autour des fenêtres du palais de Darius. Sur les portes du même édifice, on rencontre toujours avec la transcription assyri.enne de Bit (maison) un autre mot, Tatcharam :
« Darius, grand roi, roi des rois, roi des provinces, fils d’Hystaspe, a construit ce Tatcharam. »
Tatcharam , remarquons-le, se trouve inscrit sur toutes les portes, et par conséquent à l'intérieur et à l’extérieur du palais B : ce doit donc être une dénomination générale s’appliquant à des constructions semblables à la demeure de Darius, telles que les palais C et D.
Je ne serais donc pas surpris que Tatcharam signifiât habitation particulière du roi, en opposition avec Apadâna, qui désignerait uniquement les salles du trône constituant à elles seules un monument.
Vit h n’est inscrit que sur le listel des fenêtres et termine la phrase suivante :
« Ardaçtâna âthangaina faisant partie du Vilh du roi Darius. »
Je donnerais donc un sens plus particulier à Vith qu'à Tatcharam , et je proposerais de le traduire par appartement, pris dans le sens du persan Biroun.
Cette même phrase contient l’expression Ardaçtâna âthangaina, qu’il est d’autant plus difficile de traduire que le texte assyrien est lui-même assez obscur.
Ardaçtâna âthangaina veut dire littéralement, en remontant aux racines, lieu élevé de pierres. Dans le texte assyrien, l’expression correspondante, Kibur rému galala, donne pour les deux mots Kibure t rèmu, un sens identique: élevé, haut, et, pour galala, l'idée d’objet arrondi. Nous nous trouvons évidemment en présence d’une salle désignée dans chacune des Jeux langues par ses qualités les plus saillantes. En Assyrie, où la pierre était abondante et les colonnes fort rares, le mot de colonne l’emporte, et nous devons traduire Kibur — rèmu galala, par salle haute, — sur objet haut et rond, — soit salle sur colonnes, salle hypostyle. En Perse, au contraire, la colonne avait été adoptée depuis l’avènement des Achéménides comme base du système architectural; mais les superbes diorites employées dans la construction des colonnes et des encadrements des baies ne se trouvaient dans aucune des montagnes du Fars et étaient par cela même extrêmement rares et coûteuses; on dut, en conséquence, nommer la même salle hypostyle, salle haute de pierres. C’est évidemment au même sentiment qu’a obéi Artaxerxès Ochus quand il désigne, sous le nom de Athaganâm , monument de pierres, l’ensemble du même palais B de Darius, qu’il fit restaurer ou agrandir. Ce sentiment peut paraître extraordinaire, mais il est cependant des plus naturels: il suffit de parcourir les villes du midi de la France, où la brique est d’un emploi usuel, pour entendre désigner sous les seuls noms de ponts de pierre, maisons de pierre, un certain nombre d’ouvrages construits en pierre et en brique, bien que la pierre n’entre, dans ces maçonneries mixtes, qu’en très faible proportion.
temple, d’autel, ou même de palais funéraire. Les lieux consacrés au culte se nommaient en Perse âyadanâ les tombeaux o\an, margo^an ou daklima 2.
Les monuments persépolitains sont donc, ainsi que la tradition et leur aspect nous l’avaient fait prévoir, de véritables palais.
Si l'on ne retrouve pas dans ces immenses halls le type rêvé des demeures du
Les Persans ont conservé à divers pavillons royaux construits par les successeurs de Chah-Abbas, suivant un type exceptionnel dans l’Iran, des noms qui rappellent de bien près les expressions employées parles Assyriens et les Perses. L’un, supporté par des colonnes de bois, s’appelle le Tchcel-Soutoun, ou les Quarante Colonnes (quarante, en persan, étant pris comme mille en français pour désigner une pluralité); l’autre est également porté sur colonnes, mais se distingue du précédent en ce que les murs, les corniches, les fûts et les chapiteaux sont ornés de glaces; il a reçu de cette décoration le nom d'Aïnakè-Khanè, Maison des miroirs, identique à la désignation de Salle des glaces, attribuée en Occident à un grand nombre de pièces faisant partie des habitations royales.
La traduction exacte de la version perse serait donc : Salle de pierre du Biroun du roi Darius, et la traduction assyrienne : Salle hypostyle du Biroun du roi Darius.
On pourrait peut-être lire aussi ardaçtouna (colonne), en rapprochant çtouna du mot persan soutoun (colonne) et des deux mots assyriens rèmu galala ; le sens général du mot ne serait pas d’ailleurs sensiblement modifié. Au lieu de haute salle de pierre de , je lirais salle hypostyle de pierre de
Je ne serais pas surpris que cette lecture, malgré la forme si connue du mot stan, ne fût la meilleure, d’abord parce que dans le zend on retrouve déjà le mot stouna , pour colonne , et que je n'ai jamais vu dans le persan moderne le mot stan, si fréquemment employé pourtant, se combiner avec un adjectif, et surtout avec un qualificatif. Ce qui se conçoit fort bien d’ailleurs, le mot stan ayant le sens de Land en allemand dans les mots Deutschland, Vaterland , ou de aie en français, dans les mots Chàtaignenz/e, Oser aie. Je dois ajouter que le sens de pièce haute, salle haute en pierre, que l’on retrouve dans la version perse et assyrienne, s’entend fort bien quand on considère l'édifice : i° parce que la pièce dont il s’agit dominait tout l’ensemble des constructions, tout comme la salle hypostyle de Méchhed-Mourgab (T. I, PI. XII) s’élevait au-dessus du palais de Cyrus; 2° parce que, sauf la pièce centrale caractérisée par l’inscription, toutes les salles auxiliaires du même monument étaient bâties en briques. J’aurai l’occasion de le démontrer plus tard.
Les autres expressions techniques ne paraissent pas présenter de difficultés d’interprétation. Nous trouvons encore sur le grand portique d’entrée et comme désignation du monument les mots de duvartliiviçadahyu : Duvarthi signifie porte, portique; viçadahyu est un qualificatif dont ce sens, d'où l’on voit tous les pays, est parfaitement approprié à la position du monument. De ce point, en effet, on apercevait Istakhar, la nécropole de Nakhchè-Roustem, la ville royale, toute la plaine de la Merdach confondue, à l’horizon, avec les montagnes du Fars. J’ai déjà fait remarquer combien devait être admirable ce point de vue lorsque les villes étaient dans toute leur splendeur et la plaine couverte de jardins et de récoltes. Le mot assyrien correspondant à duvarthi est bab (porte).
En outre de ces différentes expressions, on trouve encore dans le texte unilingue en langue médique, le mot Halvarras (Oppert, Histoire du peuple et de la langue des Modes , p. 196). Ce mot se retrouve dans l’inscription de Bisoutoun et est traduit dans la version perse par le mot dida.
Dans l’inscription de Bisoutoun, dida doit être pris dans le sens de forteresse; en l’espèce, on ne saurait lui attribuer cette signification, mais on pourrait avec beaucoup de raison le traduire par un mot très rapproché, muraille épaisse ou soubassement. Ce sens me paraît d’autant plus exact que le composé zend Owÿdâe^a s’entend également de mur, et que l’inscription médique unilingue de Persépolis , dans
laquelle le mot Halvarras est employé ( J’ai construit cet Halvarras au-dessus de cette inscription,
et jamais personne n’avait avant moi élevé d' Halvarras en ce lieu....), est gravée en 3 (PI. II, IV-VII) sur l’étage inférieur du soubassement. Le mot s’applique donc à l’ensemble des murs de soutènement des grandes terrasses au-dessus desquels se trouvent les palais.
1. Ayadanâ (Oppert, Exp. en Baby Ionie , p. 212). La racine du mot perse est très nette, le texte assyrien traduit ce mot par maison des dieux [bit llani).