Voir notamment la façade du Ramcsséon
appuyer contre les parois des soubassements. Je dois cependant signaler une exception à cette règle : les deux rampes qui raccordent le gradin supérieur au gradin inférieur du Takhte sont construites suivant les vieilles traditions locales.
La modification persépolitaine était heureuse et pratique. Elle permettait au constructeur de multiplier les volées sur une superficie de terrain relativement restreinte, et de préparer néanmoins aux sculpteurs de larges surfaces qui ne tardèrent pas à se couvrir d'inscriptions et de bas-reliefs (PI. XIV) ’.
i. C'est au chapitre réservé à l’étude de la décoration architecturale que l’on trouvera les détails relatifs à l’ornementation des murs de soutènement et des mains courantes des escaliers.
Fig. 17 bis.
Porte extérieure de l’Érechthéion.
DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
Description des ouvertures. Les baies ne comportaient pas d’huisseries. — Différence à établir entre les baies des palais du Takhtè-Djemchid et celles des monuments de l’époque de Cyrus. — La forme et l’ornementation des ouvertures procèdent à la fois des portes de Méchhed-Mourgab et des portes égyptiennes. — Leurs dimensions sont toujours entre elles en rapports géométriques.
Les portes des palais et des tombeaux de Persépolis et de Nakhchè-Roustem sont en général bien conservées; nous devons d’autant plus nous en féliciter quelles reproduisent toutes un des types les plus caractéristiques de l’architecture officielle de la Perse (PI. XVI et XVII).
La baie affecte la forme d’un parallélogramme rectangle. Elle est encadrée par trois listels en légère saillie les uns sur les autres et surmontée d'un couronnement de forme égyptienne qui s’appuie sur une baguette composée d’une succession d’oves et de disques.
Des sculptures en bas-relief prises dans l'épaisseur du tableau représentent le roi luttant corps à corps con.tre des bêtes fantastiques, ou se promenant appuyé sur une” longue canne et à l'ombre du parasol insignes probables de la magistrature suprême. Parfois le monarque est assis sur un trône et paraît donner audience à ses sujets.
Au Gabre Madérè-Soleïman, au tombeau provisoire de Nakhchè-Roustem, on retrouve des crapaudines, des feuillures, le logement des vantaux, en un mot toutes les indications d’un système de suspension de portes 2. A Persépolis, au contraire, il n’existe pas un refouillement, pas un détail de construction qui permette de supposer que les baies du Takhtè-Djemchid, comme celles des monuments funèbres, fussent fermées par des huis de pierre ou de bois.
Une seule ouverture, appartenant au petit palais de Darius, fait exception à cette règle (PI. XVI). La trace laissée par la rotation du montant de feuillure est
1. On trouvera la description de ces bas-reliefs dans la troisième partie de cet ouvrage.
2. Voir, pour les détails des feuillures et de la suspension des portes, les planches VI et XI, et les figures 19, 3 1 et 5q, données dans la première partie de cet ouvrage.
apparente sur le jambage de gauche, le linteau est percé d’un énorme trou de scellement correspondant à la position du collier qui maintenait le tourillon supérieur ; il n’est pas jusqu'à la fermeture dont on ne retrouve la place sur le jambage droit ; mais ces refouillements sont si mal conçus, si grossièrement exécutés, et déparent à tel point l'architecture de la porte, qu’il suffit de les examiner pour se convaincre qu’ils ont été préparés longtemps après la construction de l’édifice.
En réalité, les grandes portes des palais étaient dépourvues de fermetures; une draperie mobile, peut-être même une tente placée à l’entrée du portique, interceptait l'air ou la trop grande lumière.
Cette disposition, toute barbare qu'elle paraisse, est pourtant la seule dont les habitants de la Perse aient jamais usé; ils n’avaient pas au reste à en discuter les mérites ; les systèmes de suspension dont nous retrouvons les traces dans les constructions anciennes pouvaient être appliqués à des huisseries de petites dimensions, à la dernière rigueur, aux portes du palais de Darius, mais n’auraient pas donné une mobilité suffisante aux énormes vantaux des portes de l’apadàna aux cent colonnes. La nécessité où se trouvaient les Iraniens de renoncer à l'emploi du bois ou de dalles de pierre pour fermer les grandes portes du palais, prouve une fois de plus que ces édifices n’étaient pas habités la nuit et ne pouvaient, à aucun titre, faire partie des constructions de l’anderoun.
C’est même sans doute à l’époque où ils changèrent de destination et devinrent, après l'incendie de Persépolis, la demeure des habitants d'Istakhar ou du gouverneur de la ville, que l’on mura une partie des ouvertures des palais et que l’on tenta d’adapter un vantail rigide à la porte extérieure. Il est difficile de fixer exactement la date où furent exécutés ces travaux d’appropriation; ils sont postérieurs au règne
des princes achéménides et antérieurs à l’invasion des Arabes, puisque l’armée
d'Omar, au lieu de restaurer Persépolis, saccagea Istakhar et consomma la ruine des monuments du Takhtè-Djemchid.
Les portes des tombeaux sont semblables à celles des palais (Fig. 1 8 ). Les trois listels formant l’encadrement de la baie sont à peu près égaux entre eux et décorés de fleurons très délicatement exécutés. Mais ces ornements ne modifient en rien les formes et le caractère des baies L
En revanche, il existe des différences très nettes entre les portes un peu lourdes
. Voir, pour l’étude spéciale de ces détails, 3e partie : Sculpture persépolitaine.
DEUXIEME DYNASTIE ACHEMENIDE.
appartenant aux anciens édifices de Madérè-Soleïman et celles des palais du Takhtè-Djemchid, conçues dans un style d’une extrême élégance.
Ces distinctions ne tiennent pas précisément au caractère des encadrements des baies. Les encadrements, fort minces, se composent d’un ou deux larges listels dans les anciens édifices; ils en comportent trois dans les palais persépolitains E Les
i. Une semblable modification s’était opérée en Grèce vers la même époque. Aux cadres doubles des anciennes constructions lyciennes, les Hellènes avaient substitué des cadres formés de trois listels couverts d’ornements sculptés. Voir la porte de l’Erechthéion ( Fig. 17 bis, page 28).
uns et les autres sont d'ailleurs la copie exacte des linteaux et des jambages des portes lyciennes, et reproduisent, par conséquent, en pierre, les formes des cadres de charpente auxquels étaient primitivement suspendus les vantaux. On ne peut non plus signaler, comme un détail particulier aux édifices persépolitains , les grandes dimensions des portes; l'accès des palais devait être en harmonie avec la majesté des demeures royales, alors surtout que les femmes étaient cachées dans l'anderoun et que le prince abandonnait tous les soirs ses appartements officiels.
Seuls, les couronnements des portes du Gabre Madérè-Soleïman et des monuments achéménides de la deuxième période sont franchement différents.
Au talon renversé et aux profils convexes caractéristiques de la modénature de l'Ionie et de la plaine du Polvar, les architectes préférèrent la gorge égyptienne ornée
Fig. 19. — Fragment d’ornement provenant des temples de Sélinonte.
de plumes qui distingue toutes les corniches d'origine pharaonique. Ils conservèrent même la baguette, complément indispensable de cette moulure. Toutefois, au lieu de la composer, comme le faisaient les Égyptiens, d'un faisceau de verges lié par un ruban entouré en hélice autour d'elles, les Perses taillèrent dans la masse de la baguette un chapelet d'oves et de disques alternés, identique à ceux qui ont été retrouvés par M. Hittorff, dans les ruines des temples de Sélinonte (Fig. 19) ’. C’est également en Grèce ou en Ionie qu'il faut aller chercher le modèle de la décoration des listels des portes sépulcrales; car on ne peut admettre que les architectes de l’Éreehthéion et du tombeau de Darius aient composé deux encadrements ayant entre eux des analogies frappantes, s’ils ne s’étaient inspirés d'une tradition commune dont j'essayerai plus tard de retrouver les traces.