‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 37 sur 75 · Vitruve, VII, præf · texte numérisé non relu

Vitruve, VII, præf

DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.

Je me reporterai, avant de m’engager dans cette discussion, au croquis représentant la maison primitive des habitants delà Lycie et de l’Ionie (Fig. 35) et aux entablements des grands palais de Persépolis qui sont restés l’expression la plus claire et la plus parfaite des antiques constructions en charpente de l'Asie occidentale.

Les colonnes sont réunies entre elles au moyen de sablières superposées servant également à supporter le plancher au-dessus duquel se trouve le matelas de pisé h Ce dernier est maintenu dans une enceinte continue, formée par trois cours de madriers posés à plat et assemblés à mi-bois dans les angles (Fig. 40).

La caractéristique de cette charpente est le mode de construction. Il est absolument distinct de celui des charpentes modernes dont la force réside dans les poutres inclinées ou arbalétriers E (Fig. 41 ), et dont les pièces résistent à la fois à des efforts de tension

Fig. 40. — Assemblage des madriers supérieurs des terrasses lyciennes.

Fig. 41. — Charpente moderne : coupe transversale.

et de compression 2. Dans les terrasses asiatiques, au contraire, le bois, disposé en empilage et par couches horizontales, est traité à peu près comme la pierre dans la maçonnerie, et ne travaille qu’à la rupture ou à l’écrasement.

1. Une sablière unique réunit d’abord les colonnes. Lorsque la distance des supports s’accrut, on augmenta le nombre des sablières pour augmenter en même temps leur résistance à la rupture. L’image de ces poutres superposées est restée la décoration classique de l’architrave des ordres ionique et corinthien. De la Grèce, cet ornement a passé à Rome, et de Rome il s’est propagé chez toutes les nations qui ont adopté, à dater de la Renaissance, les principes de l’architecture italienne.

2. Dans les charpentes modernes (Fig. 41) la toiture A, qu’elle se compose de briques ou d’ardoises,

Les Grecs, en adoptant ou en transportant dans la Hellade le modèle des habitations de l'Asie occidentale, un des plus simples et des plus rationnels qui puissent se construire avec des bois de faible équarrissage, faciles à abattre et à mettre en œuvre, ne modifièrent en rien le principe de la construction par empilage, laissèrent résider toute la force de la charpente dans les pièces horizontales et se contentèrent de recouvrir les poitrails et les solives du plafond d'une toiture à deux égouts disposée en vue de rejeter à l’extérieur les eaux pluviales.

Fig. 42.

A cet effet , ils substituèrent simplement au matelas de pisé qui constituait la couverture étanche des constructions terminées par une terrasse horizontale, une masse de terre affectant la forme d’un prisme triangulaire isocèle (Fig. 42). C'est au moins ainsi qu’était construite la toiture des murs de défense d’Athènes qui furent souvent restaurés, mais dont les dispositions primitives furent toujours respectées L Parfois aussi la couverture, soutenue par des fermes légères (Fig. 44), était

porte sur un lattis B; ce lattis, sur des chevrons C , inclinés suivant la pente de la toiture et distants de om8o environ; ces chevrons, sur les pannes D horizontales, distantes d'axe en axe de 3 à 4 mètres, et ces pannes elles-mêmes, sur les arbalétriers E des fermes. C’est dans ces arbalétriers que réside, ainsi que je l’ai déjà fait observer, toute la force de la charpente , l’entrait II, ou pièce horizontale, n'avant pour effet que d'empêcher l’écartement des extrémités des arbalétriers , et le poinçon F ne servant qu’à suspendre l’entrait par son milieu. Les fermes ainsi constituées reposent directement par leur extrémité sur les murs de la salle.

1. Ce fait a été démontré par M. Choisy ( Études sur l’architecture grecque , — les murs d'Athènes, librairie de la Société anonyme des Publications périodiques). Le devis descriptif de la restauration, lucidement expliqué pour la première fois par cet auteur, porte en effet, que l’entrepreneur, après avoir fait le plancher supérieur, composé de sablières, de lourdes solives et d’un léger voligeage, établira au-dessus une maçonnerie qui franchira la distance des deux murs d’appui; le texte est formel et très clair (page 5q, lignes G3 et 64 du texte) : « et ayant établi au-dessus des murs une maçonnerie qui en

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composée de branchages et de terre ou, dans les temps relativement civilisés, d'un double plancher et de tuiles. Mais ces fermes elles- mêmes, on ne doit pas s’y tromper, n'avaient de commun que l’aspect extérieur avec les fermes que nous voyons journellement employer dans nos habitations. Non seulement les arbalétriers, ces pièces maîtresses des charpentes modernes, ne soutenaient pas l'entrait, mais ils venaient au contraire, en conformité des principes de construction que je viens d’énoncer, rechercher un appui sur des planchers horizontaux, d’autant plus solides qu’ils étaient primitivement établis en vue de supporter une lourde couche de terre. En ce cas, les pièces horizontales, qui remplacent les entraits des fermes modernes, au lieu d'ètre suspendues dans l’espace, portaient sur les solives du plancher ou même sur le plancher supérieur, étaient faites en bois de faible équarrissage et n’avaient d'autres fonctions que de réunir les extrémités des arbalétriers et des potelets de ferme L

Les fermes, on le voit donc, ne servaient de soutien ni à des pannes, ni à des chevrons % dont on ne retrouve d’ailleurs pas plus de traces dans les constructions asiatiques que dans les charpentes des édifices grecs ou toscans. Elles comprenaient simplement des entraits, des arbalétriers et des potelets de faible équarrissage réunis ensemble par un faîtage et des moises horizontales. Les arbalétriers, à leur tour, portaient directement la couverture composée de branchages et de terre on d'un plancher formé de madriers sur lesquels on mettait des voliges et des ‘tuiles (Fig. 44, 46, 47).

Quant au comble ainsi restitué ( Fig. 44 et 49), il était aussi distinct des charpentes

franchira toute la largeur... •• puis, ligne 70: « Et il couvrira en tuiles de Laconie tout le chemin de ronde de l’enceinte... et il posera les tuiles dans la terre droit dans le sens du parement. Et il établira les tuiles couvre-joint , les posant à bain de mortier de terre. » La terrasse devait buter sur une longrine longitudinale d’un palme de hauteur (0,075 environ) dans laquelle on retrouve un des madriers contenant le matelas de pisé des toitures en terrasse , et l'origine du membre de la corniche qui surmonte les denticules ou les triglyphes.

Ce document est du plus haut intérêt, parce qu’il permet de rétablir, d’après un texte dont on ne peut suspecter l’authenticité, une charpente dont les formes sont absolument conformes aux traditions asiatiques, et qui peut être considérée néanmoins comme le modèle de l’entablement et du fronton doriques.

Le devis a été rédigé en l’année 3aq avant notre ère, mais les murs de défense avaient été élevés à une époque fort antérieure à leur réparation.

1. 11 semble même parfois que les fermes du comble reposaient sur une couche de terre placée, comme dans les terrasses perses, au-dessus du plancher supérieur, mais plus mince sans doute que le matelas de pisé constitutif des terrasses horizontales. La terre n’était alors maintenue que par un ou deux cours de madriers. C’est le cas, dirait-on, du tombeau représenté Fig. 44.

2. Il est bien entendu que je désigne sous le nom de pannes les lourdes pièces D posées en travers des arbalétriers E des charpentes modernes, par chevrons les pièces C qui surmontent les pannes et soutiennent le voligeage B et les tuiles A (Fig. 41 ).

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horizontales du plancher que le prisme de terre disposé au-dessus de la charpente des fortifications d’Athènes était indépendant des poutres et des solives qui le sup-

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portaient. Ce comble se substituait simplement à la couche protectrice de pisé placée sur les solives des plafonds perses (PI. XIX). J’insiste sur le rôle assigné d’une part

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