‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 38 sur 75 · II · texte numérisé non relu

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aux planchers horizontaux et, d’autre part, aux combles dans les antiques charpentes delà Grèce. Ceux-là constituaient lame même de la charpente; ceux-ci n'avaient d'autre but que de soutenir ou de former au-dessus de l’habitation une couverture difficilement perméable aux agents atmosphériques. Cette distinction était essentielle à établir.

La charpente que je viens de décrire n'est pas restituée d’une manière hypothétique, elle reproduit exactement les dispositions des combles asiatiques représentés sur le tombeau dit de Midas1 (Fig. q5), sur le sarcophage lycien du

i. le donne (Fig. 46) la traduction de la charpente représentée sur le fronton du tombeau de Midas

Fig. 46. — Restitution d’une ferme légère, d’après le tombeau de Midas.

(Texicr, Voyage en Asie Mineure, pl. LVI-LVIII-LIX). Toutes les pièces de bois sont si clairement indi-

DEUXIÈME DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.

British Muséum (Fig. 47) 1 et a les plus grandes analogies avec celles qui sont

Fig. 47. — Sarcophage lycien.

décrites dans le devis de l'arsenal du Pirée (Fig. 48)% les comptes de gestion de

quées sur le bas-relief que ma restitution n’est, en réalité, qu’une simple copie. La toiture en terre repose sur des arbalétriers qui viennent s’appuyer, par l’intermédiaire de potelets, sur un entrait, et ce dernier sur des poutres d’un fort équarrissage.

1. Je donne le dessin original de Viollet-Le-Duc, il a paru dans ses Entretiens sur l’architecture (pl. I). Ce monument est un des plus intéressants que l’on puisse consulter, parce qu’il reproduit très clairement, sans en dissimuler aucune pièce, le véritable type de la charpente asiatique.

Les poteaux d’angle sont réunis par les sablières de l’architrave. Ces poutres portent à leur tour les chevrons du plancher qui sont entaillés à mi-bois et saillissent sur les faces latérales. Au-dessus de cet ensemble de pièces constituant la charpente proprement dite, se voient deux cours de madriers, derniers restes des pièces de bois qui maintenaient la couche horizontale de pisé. Le comble lui-même se compose de fermes légères constituées par un entrait, des arbalétriers courbes, un poinçon, des potelets et des moises. Sur les arbalétriers reposent des madriers, un plancher et la couverture. Que l’on maintienne le comble ou qu’on le remplace par une couche de pisé très épaisse bordée d’un troisième cours de madriers, il ne sera pas nécessaire de modifier la charpente horizontale. C’est là, j’ai déjà eu l’occasion de le faire remarquer, la caractéristique véritable des antiques charpentes grecques.

2. Choisy, l'Arsenal du Pirée, d’après les devis originaux ( Études sur l’architecture grecque). Ce

l'Érechthéion 1 et dans Vitruve sous le nom de charpente à petite portée 2. En outre, elle concorde avec toutes les formes extérieures des monuments anciens, et

Fig. 48. — Charpente de l’arsenal du Pirée.

notamment avec les dispositions des charpentes des tombeaux lyciens et des temples toscans (Fig, 49) ce qui n'est point surprenant, étant connus les liens qui unissaient les Phéniciens et les Etrusques.

Ainsi devaient également être conçues les constructions légères de l'époque

dernier type de couverture est relativement moderne (340 av. J. C.). Les Grecs, à cette époque, avaient déjà appris à substituer aux solives du plafond et aux sablières un entrait solide qui en tenait lieu. Ces exemples sont néanmoins utiles à citer. Si l’architecte de l’arsenal n établit pas, comme ses devanciers, une distinction absolue entre la charpente du plancher et celle du comble, il a conservé le principe des empilements, l’habitude de faire reporter tout le poids de la toiture sur les entraits, c’est-à-dire sur les pièces horizontales, et de poser la tuile sur un voligeage et sur des madriers directement portés par les arbalétriers.

1. Choisy, l’Érechthéion, Etudes sur i architecture grecque, 3e fascicule.

2. Vitruve, IV, 2. Dans ces deux derniers cas les salles à couvrir étaient de faibles dimensions. Les pannes faitières allaient directement de murs à murs. On 11e doit, par conséquent, retenir de ces exemples que la disposition de la couverture.

3. Choisy, l'Art de bâtir che- les Romanis, p. iq5, fig. 86, et Vitruve, IV, 7.

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des A tri de s, si l'on s'en réfèreà la colonne et au fragment d'entablement représentés sur la porte aux Lions (Fig. 3o). La colonne grêle est couronnée’en ce cas par un chapiteau circulaire ; sur le poitrail, formé par la superposition des pièces de bois, s'appuient, comme dans toutes les charpentes anciennes dont il vient d’être fait mention, des chevrons en grume surmontés d’un cours de madriers.

Fig. 49. — Charpentes des temples toscans (restitution).

Les Grecs avaient perfectionné ce type de construction et, à l'exemple des nations méditerranéennes, avaient déjà remplacé, dans un grand nombre de monuments, les poteaux par des supports de pierre ', quand ils adoptèrent les fûts robustes de l’architecture égyptienne; j’ai constaté le fait dès le début de cette étude; ils ne firent pas sans doute supporter de prime abord aux colonnes pycnostyles un entablement de pierre, mais proportionnèrent le volume des bois à la masse des

1. Dans les auteurs anciens, il est fréquemment parlé des antiques colonnes en bois des sanctuaires grecs , qui furent successivement remplacées par des colonnes de pierre (Pline, X, 5; XIV, 2. Pausanias, V, 1 G, 2c; VI, 2 \ ; VIII, 10, et passim). Une tradition romaine montre un état analogue de l’architecture dans l’Italie ancienne : Tite-Live (I, 56) raconte qu’un serpent s’échappa de l’une des colonnes de bois du palais de Tarquin l’Ancien pendant que ce prince faisait élever le temple de Jupiter Capitolin.

colonnes et substituèrent aux sablières superposées et aux rondins jointifs, qui eussent désormais paru maigres et pauvres, un fort poitrail taillé dans une seule pièce de charpente, et des poutres équarries, déplus forte section que les rondins et espacées, par cela même, les unes des autres; ils firent en outre régner les colonnades non seulement au-devant, mais sur les côtés de la cella, afin de multiplier les abris autour du sanctuaire.

Sur les saillies des poutres transversales les Grecs assirent le plafond des colonnades des ailes droite et gauche; les porches antérieur et postérieur furent couverts directement au moyen de poutres placées perpendiculairement à la façade et situées au même niveau que les poutres transversales; une pièce d'angle d'un fort équarrissage servit d’appui à celles des pièces qui n'atteignaient pas les murs de la cella (Fig. 5o). Les dimensions de ces bois devaient être considérables, car les poutres avaient à supporter un matelas de terre fort lourd. C’est ainsi que les solives de la charpente des murs d’Athènes ont une hauteur de om22 pour une longueur de im8o, et ne sont pourtant chargées que d’un prisme de terre épais en moyenne de om3o L Vienne le jour où l’entablement lui-même sera construit en marbre, et les Grecs conserveront, par respect pour les traditions nationales, la forme extérieure des

i. Choisy, loc. cit.

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