Arrien. L. VI, ch. 29, et L. VII, ch
Takhtè- Madérè- Soleïman. — Description du monument. — Procédés de construction. Marques d’ouvriers. — Ce monument n’a pas été terminé. — Destination du Takhte,
Le premier monument que l'on aperçoit, en descendant du plateau de Dehbid (PI. II) , est un immense soubassement adossé à une colline s’avançant dans la plaine en forme d’éperon (fig. i). Cette construction, connue dans la contrée sous le
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Fig. i. — Plan du Takhtè - Madérè - Soleïman.
nom de Takhtè-Madérè- Soleïman (Trône de la mère de Salomon), est composée de pierres colossales (fig. 2) assemblées sans mortier, mais reliées autrefois entre elles par des crampons en double queue d’aronde (PI. III et PI. IV).
Ces scellements devaient être métalliques; le désir sauvage de se procurer un morceau de fer ou de bronze peut seul expliquer le travail patient entrepris par
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
les gens qui ont écorné les angles supérieurs de toutes les pierres1, afin de mettre à nu et dç se procurer quelques-uns de ces crampons.
Examinons en détail les pierres de l’édifice.
Les parements vus ont des aspects très divers (PI. IV).
Les plus nombreux, A, à peine ébauchés, sont entourés d'une double ciselure qui rappelle nos appareils à refends et bossages (fig. 3).
Fig. 2. — Pierres du soubassement.
Parfois encore le ravalement commencé n’a pas été achevé. C’est dans cet état que se présentent les parements des blocs B et C.
D’autres pierres enfin D sont finement bouchardées; la ciselure est nette et les arêtes vives : le travail, dans ce cas, est terminé (fig. 3).
Fig. 3. — Coupes du parement extérieur du Takhte sur des parties ébauchées A et terminées D.
Les tailleurs de pierre ont pris soin, dirait-on, de laisser un échantillon de toutes les phases du travail.
Les blocs étaient dégrossis sur chantier, puis les ouvriers ébauchaient le parement définitif sur une largeur de o’Ajd, afin de faciliter le ravalement final, et terminaient cette première opération en relevant la ciselure qui devait servir de
i. Ces trous, dont quelques-uns atteignent om25 de profondeur, sont très visibles sur la photographie de ce soubassement (PI. 111) et sur celles des degrés du Cabre Madérè-Soleïman (PI. XIX). Les traces desemblables mutilations se trouvent sur de nombreux monuments grecs et romains.
L’Art antique de la Perse. I — 2
repère au moment de la pose. Quand le montage était terminé, le bossage était enlevé au ciseau et la taille parachevée à la grosse et à la fine boucharde.
Ces artifices de construction étaient excellents parce qu’ils permettaient de monter avec une grande régularité les parements verticaux, tout en laissant les pierres à peine dégrossies. En agissant de la sorte, les appareilleurs parvenaient, en effet, sans nuire à la parfaite verticalité de la façade, à prévenir les accidents qui n’eussent pas manqué de se produire le long des arêtes pendant les opérations laborieuses du levage.
M. Choisy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a décrit avec une extrême précision quelques-uns des procédés de construction en usage chez les Grecs du VIe au IVe siècle avant notre ère1. On pourrait suivre sur le soubassement de Méched-Mourgab les explications fournies par ce savant.
Fis
Dans le refend préparé avant la pose on doit voir la rainure directrice creusée dans les pierres d’assises composant le stylobate du temple Ségeste ou encadrant les panneaux de plusieurs édifices de la même époque (fig. 4 et 5) ; les parements, à peine débrutis, représentent les bossages de ces monuments.
La ciselure entourant le panneau bouchardé et terminé n’est, en Grèce comme en Perse, que la mise en évidence, la dernière trace du travail. Cette disposition paraît particulière au Takhtè-Madérè-Soleïman et n’est reproduite sur aucun autre monument delà région- en général, les parements sont unis. On ne peut que louer à cet égard le goût délicat des constructeurs perses. Le monument du Takhte ne valait que par la masse des pierres mises en œuvre (fig. 2), il convenait