Choisy, l'Art de bâtir che\ les Romains, p. 107 et suiv
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
de ne pas la dissimuler et de rompre, par les refends de l’appareil, la monotonie
Fig. 5. — Murs des fortifications du Pirée.
des grandes surfaces planes de ce soubassement. A Persépolis, au lieu de monter le
mur de soutènement qui supporte les palais par assises régulières, l’architecte voulut
utiliser sans perte les beaux matériaux approvisionnés, adopta un appareil irrégulier et brisa les joints en tous sens. Un léger refend eût accusé ce défaut de
symétrie; on s'efforça, au contraire, de le faire disparaître en donnant à
Fig. 7. — Coupe transversale de la base du Takhtè-Madérè-Soleîman.
tout le parement une grande uniformité d’aspect. Les autres monuments sont ornés de moulures et de sculptures; le procédé décoratif employé au Takhte était donc inadmissible.
Examinons à leur tour les lits et les joints. Les faces des lits ont été taillées au ciseau sur une largeur de om2 1 , tandis que le milieu a été bouchardé après coup : le cadre, en léger relief sur le fond, constitue une surface facile à dresser dans un plan horizontal, et par conséquent une excellente assiette pour recevoir les maçonneries supérieures ( PI. IV).
Les assises, posées sur leur lit de carrière, forment des rangées alternées de carreaux et de boutisses ; le remplissage intérieur est exécuté en moellons maçonnés à sec et arasés suivant des plans horizontaux faisant suite à ceux des pierres de taille (PI. IV). C’est l’application d’une méthode excellente de construction que les Lydiens paraissent avoir pratiquée bien avant les Perses, c’est-à-dire dès le VHP siècle
avant notre ère 1 (fîg. 6).
Le parement intérieur est vertical; toutefois, afin de donner a la base un certain empattement, on a monté, comme dans les Propylées d’Athènes ou les murs
1. Choisy, Notes sur les tombeaux lydiens de Sardes. Revue archéologique ( 1076).
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des fortifications du Pirée (fig. 5), les assises inférieures en légère retraite les unes au-dessus des autres (fig. 7).
Fig. 8. — Mur de soutènement assyrien. Élévation.
Ces caractères particuliers du Takhte sont d’autant plus intéressants à constater que les Ninivites, en pareil cas, procédaient d'une tout autre manière que les Iraniens.
Fig. y. — Mur de soutènement assyrien. Plan.
Les soubassements retrouvés à Khorsabad (fig. 8 et 9) et à Kouyoundjik (fig. 10) sont montés d'aplomb à l'extérieur, et suivant un fruit régulier à l'intérieur. De longues boutisses en délit, disposées avec une certaine symétrie, clouent en quelque sorte le revêtement au corps de la maçonnerie exclusivement composée
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de briques crues. Les pierres ne sont reliées entre elles par aucun crampon, et on ne remarque pas de détail de construction laissant supposer que la taille fût terminée après la pose
Fig. 10. — Mur de soutènement assyrien.
On peut même signaler cet usage d’intercaler par principe des boutisses en
Fig. il. — Mur de soutènement sassanide à Awas.
délit dans les maçonneries assisées comme spécial aux anciens peuples de l’Asie. Les murs du temple de Salomon relevés par Hérode et les revêtements d’un canal
i . Place, Ninive et l'Assyrie.
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d’irrigation construit sous le règne des princes Sassanides (fig. 1 1), que j’ai retrouvés en amont d’Awas en Suziane, furent bâtis dans ces conditions.
Sur la majeure partie des parements inachevés du Takhte se trouvent des signes (fig. 12) qui n’appartiennent à aucun alphabet. Ces figures, grossièrement
Fis.
gravées en creux, étaient sans doute laissées par les ouvriers tailleurs de pierre pour servir de base au règlement des comptes. On voit des marques tout à fait semblables à celles du Takhte sur les briques émaillées provenant des murs d’Ecbatane et sur les rochers de Bisoutoun 1 (fig. i3), ce qui tendrait à prouver que les ouvriers employés à la construction du Takhte étaient Perses ou Mèdes 2.