‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 53 sur 75 · Bronze des collections du Louvre (IVe dynastie · texte numérisé non relu

Bronze des collections du Louvre (IVe dynastie

2. L’usage des cylindres se perpétua longtemps en Chaldée. Hérodote (I, ig5) et Strabon (XVI, 1, § 20) racontent que les Babyloniens ont chacun un cachet. De la Babylonie cet usage a passé en Perse ; on peut répéter des Iraniens ce que les historiens grecs disaient des Chaldéens : « Ils ont tous leur cachet. » Ils l’apposent, au lieu et place de leur signature, sur les lettres et documents écrits.

’3. Je dois à l’obligeance de M. de Clercq et de M. Ménant de pouvoir donner un dessin de l’un de plus beaux cylindres archaïques de la Chaldée (Fig. 10). Ce petit monument est en porphyre et mesure o,n043 de hauteur. M. Ménant l’a décrit dans son ouvrage consacré aux pierres gravées de la haute Asie ( I,c partie, page 73). Un trouvera les dessins des deux autres cylindres archaïques p. 81, fig. 1 12, et p. 85, fig. 1 14.

DEUXIÈME DYNASTIE ACHEMENIDE.

connaître du monde ancien et à propager les sujets mythologiques reproduits par les graveurs. Malgré leur mérite, l’influence des intailles chaldéennes n’eût pas été peut-être décisive en Occident et en Perse, si l’Assyrie, en se constituant au nord de la Mésopotamie en royaume indépendant, n’eût pris possession de régions montagneuses. Les parements en brique cuite ou émaillée furent en partie remplacés par des lambris d’albâtre extrait des carrières situées au nord-est des capitales du nouvel empire. Ces belles dalles formaient un excellent revêtement pour le

Fig. il. — Du palais d’Assourbanipal (Brilish Muséum).

murs bâtis en brique crue et se prêtaient par leur nature à la sculpture en basreliefs. Elles tardèrent d’autant moins à se couvrir de tableaux que les monarques assyriens offrirent, par leur amour de la construction et des conquêtes, un large champ d’étude à l’imagination des artistes nationaux. L’observation de la nature devint la règle de cette nouvelle école. On peut citer comme un exemple saisissant de cette qualité maîtresse tous les bas-reliefs provenant du palais d’Assourbanipal (PI. XIV), et notamment l’image de ce lion rendu paraplégique à la suite d’une blessure à la moelle épinière (Fig. 1 1 ).

Les connaissances anatomiques de l’artiste ne lui permettaient pas de se rendre compte de l’effet produit par la flèche, et néanmoins il y a une concordance parfaite entre la position du dard et l’attitude de 1 animal. On ne saurait invoquer le hasard. Lorsque le trait perce le fauve au-dessus du défaut de l’épaule et

atteint le poumon, il se déclare une hémorragie pulmonaire qui se trahit par les flots de sang vomis par le lion.

Les rares défauts que l’on puisse reprocher aux bas-reliefs assyriens proviennent peut-être d’une étude insuffisante de la nature humaine qui leur apparaissait toujours enveloppée de longues draperies, et de la rapidité avec laquelle les artistes étaient forcés de satisfaire aux caprices de maîtres exigeants.

Il n’est pas étonnant que, dans les conditions favorables où se développèrent leurs écoles de sculpture, la Chaldée et l’Assyrie aient eu pour tributaires toutes les nations placées sur leurs confins. Je crois avoir montré dans les chapitres consacrés à l’étude de la colonne et des toitures perses ' que les Hellènes empruntèrent, soit à l’Égypte, soit aux nations asiatiques riveraines de la Méditerranée, les éléments primitifs des ordres dorique et ionique; ils furent redevables aux mêmes contrées, je vais l’indiquer bientôt, des ornements caractéristiques de ces mêmes ordres; mais leurs artistes, en revanche, s'inspirèrent de préférence des écoles de sculpture assyrienne dont ils étaient préparés à accepter l'influence, les intailles chaldéennes ou les bas-reliefs phéniciens les ayant habitués de longue date à un style énergique mieux approprié à leur tempérament que les délicatesses effacées de la statuaire égyptienne. Cette preuve n’est plus à faire aujourd'hui : il suffit, en tout cas, pour se convaincre de la filiation de la statuaire hellénique, de mettre en parallèle, d’un côté, les statues de Goudea, de Salmanazar (PI. XI), les plus vieilles intailles babyloniennes, et, de l’autre, les statues des Branchides (PI. XV), le soldat dit Guerrier de Marathon, les métopes de Sélinonte (Fig. 12), les bas-reliefs du tombeau des Harpies et des sépultures de Xanthe (PI. XVI), sur lesquels l’artiste a retracé une fois de plus la victoire du lion sur tous les animaux et de l'homme sur le lion.

De toutes ces œuvres, les plus intéressantes au point de vue de l’histoire de l’art sont, sans contredit, les sujets similaires, parce qu’ils représentent les deux termes extrêmes d’un art qui se meurt en Asie, mais va bientôt ressusciter en Grèce.

Le vieux Patesi de Zirpourla, comme les prêtresses de la voie sacrée des Branchides, est assis sur un solide fauteuil et drapé dans une pièce d’étoffe enroulée autour d’une épaule. Les ressemblances que fait naître la similitude des sièges, du vêtement, et surtout du mode d’exécution des draperies, donnent à ces deux groupes de statues une sorte d’air de famille mal d'accord avec les écarts de temps,

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