‹ L'art antique de la Perse; Achéménides, Parthes, SassanidesChapitre 54 sur 75 · T. Il, § VI · texte numérisé non relu

T. Il, § VI

DEUXIEME DYNASTIE ACHEMENIDE.

d’espace, qui séparent ces ouvrages sculptés, ceux-là à une date qui flotte entre le deuxième et le troisième millénaire avant l'ère chrétienne, ceux-ci peu de temps sans doute après la conquête des côtes de l’Asie Mineure par Cyrus. Je ferai des remarques analogues au sujet des tableaux représentant les combats du

Fig. 12. — Métope de Sélinonte.

(D'après le moulage de i’École des Beaux-Arts. )

lion contre le cerf ou le taureau, les chasses d'Isdoubar et la lutte de Thésée contre le Minotaure, tableaux retracés successivement sur les intailles et les bas-reliefs exécutés par les Sumériens, les Assyriens, les Phéniciens et les Grecs archaïques 11 a fallu plus de trois mille ans peut-être aux races asiatiques pour amener l’art sumérien à l'état où il nous apparaît aux Branchides, à Xanthe et en Grèce ;

1. De nombreuses intailles retrouvées dans les fouilles de Mycènes (Schliemann, Mycènes, p. 254, fig. 253; p. 391, fig. 470 et 471 ; p. 437, fig. 53o), sans être babyloniennes, ont un caractère chaldéen très prononcé ; la dernière surtout, qui reproduit l’épisode célèbre du combat d’un lion et d’un taureau, a une origine certaine : la même scène est gravée sur un cylindre chaldéen fort ancien faisant partie de la collection du duc de Luynes (Cabinet des Médailles). On trouvera ( Fig. 112, ii3, 114 et PI. XVI) la représentation des scènes auxquelles il est fait allusion ci-dessus.

moins de deux siècles après la révolte de l’Ionie, le petit peuple qui recueillera l’héritage des sculpteurs assyriens aura des artistes capables de modeler le fronton et les frises du Parthénon.

Cette efflorescence subite des forces artistiques de la Grèce, dont on trouve les premiers germes au temple d’Égine, n’était pas terminée à l’époque où Cyrus monta sur le trône. L’Assyrie était morte comme nation, mais faisait encore sentir sa puissante influence sur toutes les écoles de sculpture qui avaient succédé aux écoles ninivites. Ce fut donc aux héritiers directs des Assyriens que les Perses furent conduits à s’adresser quand ils voulurent faire concourir la sculpture en bas-relief à l’embellissement des palais royaux. Si les édifices de Méchhed-Mourgab et de Persépolis procèdent d'un art monumental qui avait subi l’action réflexe de la Grèce, il semble, au contraire, que la statuaire de l’Iran et celle de la Hellade soient issues d’un même tronc, mais se soient développées parallèlement et séparément.

Que l’on se reporte aux distinctions très réelles établies, dès le début de ce chapitre, entre les origines de la sculpture ornementale et de la statuaire, on ne sera pas surpris de voir se manifester chez les Grecs et chez les Perses ce même penchant à appeler tout d'abord à leur aide, pour participer à la décoration d’un même édifice, des architectes et des ornemanistes ayant des traditions artistiques analogues, tandis que les ornemanistes et les statuaires représentent des écoles très opposées.

La manifestation de cette loi est très nette chez les Perses. Mis en face, au lendemain de leurs premières victoires, d’une triple civilisation : la grecque, l’égyptienne, l’assyrienne, ils se déterminèrent en toute connaissance de cause. Les Grecs, au contraire, avant le IXe siècle, ne furent en relation directe ni avec l’Egypte, ni moins encore avec l’Assyrie, et cependant ils empruntaient à Ninive ses intailles et ses bas-reliels, alors qu’ils s’inspiraient, dans le dessin des ornements comme dans la composition des ordres d’architecture, de modèles venus d’Égypte, de Phénicie ou d’Asie Mineure.

Ces principes , dont on comprendra mieux la portée au fur et à mesure que j avancerai dans la description des sculptures, m’ont conduit à séparer en deux chapitres bien distincts la description des sculptures ornementales et des bas-reliefs de Persépolis.

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