PREMIERE DYNASTIE ACH ÉMÊNIDE
au contraire, de grandes analogies avec les sépultures lyciennes, qui reproduisaient avec une rigoureuse exactitude l’image de tombes en bois fort anciennes 1 (PI. VII ).
En adoptant ce type, les Persans ne tombèrent pas dans l’exagération imposée en Lycie par le hiératisme funèbre, et, au lieu de s’attacher à copier servilement les détails des charpentes, ils donnèrent en pierre une traduction libre et ration-
Fig 20. — Appareil du tombeau provisoire de NaUlichè-Roustem.
nelle du modèle en bois. Ils substituèrent, ainsi que l’avaient fait les Ioniens et les Lyciens eux-mêmes, à la corniche formée primitivement par les abouts des chevrons en grume la corniche denticulée, conservèrent, pour renforcer les angles, des piliers en pierre, image des anciens poteaux, dont le rôle dans un édifice en pierre pouvait être aussi rationnellement expliqué que dans une construction ligneuse, laissèrent subsister les fausses fenêtres, et débarrassèrent le monument des traverses devenues inutiles qui rappelaient aux Lyciens les membres d’anciennes constructions en bois, mais qui eussent été superflues et inexplicables
I. Voir les tombes de Telmissus, d’Antiphellus, d’Asperlæ, de Cyasse et de Myra (Texier, Mission dans l Asie-Mineure, PI. 1Ü9, 174» !7T 1 et le tombeau des Harpies, dont il sera parlé ultérieurement.
dans un pays où jamais, avant Cyrus, on n’avait utilisé d’autres matériaux que les briques.
Pour faire bien comprendre le caractère des simplifications apportées par les Perses aux tombeaux lyciens, j'ai représenté en perspective une tour fictive dont les quatre faces sont les copies de la façade du tombeau de Telmissus, connu sous
le nom de Tombeau du Chien1 (PI. Vil), dépouillée des ornements caractéristiques des constructions en charpente (fig. 21 ). Les analogies que j’ai signalées s’accusent ainsi très franchement. La copie perse des tombeaux lyciens est même si fidèle que l'on ne peut hésiter à reconnaître dans les tours de Nakhchè-Roustem et de Madérè- Soleïman (PL VI et VIII) deux monuments funèbres, et non des temples
1 . Les deux tombeaux de Telmissus, connus sous le nom de Tombeaux du Chien et « AMÏVTOT ETMAIIIOX », sont mis en perspective d’après les géome'traux et plans de Texier, Mission en Asie-Mineure, vol. III, plan; 1 74 et iGy.
PREMIÈRE DYNASTIE ACHÉMÉNIDE.
du feu, comme des traces de fumée retrouvées à l’intérieur des chambres l’avaient fait supposer à tort.
Fig. 22.
Le culte des Perses s’exercait au grand jour, ainsi que nous l’apprennent les
Fig. 24.
Fig. 2 5.
auteurs grecs1 et que le témoignent les antiques atech-ga de Nakhchè- Roustem et les pyrées représentés sur les bas-reliefs de Persépolis (fig. 46), sur les dariques 2
1. Voir notamment Hérodote, I, i 3 1 ; Strabon, XV, ch. 3, § xm et xiv.