Schliemann, My cènes, p. 391, fig. 470 et
des grandes portes ont permis aux sculpteurs de varier leurs sujets. Au premier registre du bas-relief reproduit (PI. XIX), l’artiste a représenté un khchâyathiya assis sur un trône élevé. Sous les pieds du souverain est placé un tabouret, sa tête est protégée par un dais gardé par quatre soldats. Un flabellifère évente le roi, des
Fig. il 5. — Dais royal achéménide.
Restitution d'après les bas-reliefs persépolitains.
brûle-parfums sont placés devant le trône. Un officier que désigne le sabre passé à sa ceinture apporte sur son épaule gauche un sac ou un ballot. 11 présente peut-être au roi le tribut monnayé exigé de quelques satrapies.
Dans les registres inférieurs, on reconnaît à leur longue robe et à leur coiffure les gardes particuliers du roi. Quelques-uns, comme les soldats placés au bas de l’escalier du petit palais, portent la lance; d’autres sont armés en outre du carquois et des flèches dont les Parthes firent plus tard un si terrible usage contre les légionnaires romains.
Le trône a la forme des sièges que les Assyriens avaient empruntés à l’Egypte. Le dais, fait en étoffe, est orné d’un dessin très curieux (Fig. 1 15). Chaque pente se compose de deux litres semblables lourdement brodées. A une litre couverte d’anthémions succède une bande décorée de taureaux pareils à ceux qui gar-
DEUXIÈME DYNASTIE AGHÉMÉNIDE.
nissent la corniche des tombeaux royaux; au centre apparaît l’emblème ailé d’Aouramazda. La litre inférieure se termine par un galon couvert d’anthémions et par une frange épaisse; des coins ronds garnissent les angles.
La superposition des emblèmes ailés donne à cette draperie l’aspect d’une tente égyptienne, mais la procession de taureaux, les galons, les franges, la riche broderie sont d origine assyrienne. Je ne saurais dire de quelle étoffe était faite la tente; quant aux broderies, elles devaient être exécutées avec des fils d’or. Plutarque, qui avait sérieusement étudié les historiens d'Alexandre, parle des dais en or au-dessous desquels s asseyaient les rois de Perse '. Cette hypothèse n’a rien en elle-même d invraisemblable, tant était grande la richesse des monarques iraniens : en tout cas, si le modèle était égyptien ou assyrien, le travail était perse, ou tout au moins babylonien.
Les tombeaux des rois sont également surmontés d’un bas-relief dont j’ai déjà eu l’occasion de parler (PL IV). Le prince, élevé sur un piédestal formé de trois degrés, fait face à un pyrée et adresse une invocation au dieu Aouramazda, qui plane dans les airs à côté de la lune naissante. Le souverain s’appuie non sur une canne, mais sur un arc. Il semble que cette arme emblématique fut empruntée au symbolisme assyrien.
Le bâton de commandement était -il un insigne laïque et l’arc un emblème religieux?
Au-dessous du roi nous retrouvons son escorte habituelle, disposée comme les soldats qui soutiennent le trône de Sennachérib1 2; sur les côtés sont placés ses amis les plus intimes, au nombre desquels nous retrouvons les noms des conjurés qui l’aidèrent à renverser Gaumata (page 3, note 1 ).
Ces sculptures, en dehors même de leur valeur artistique, sont du plus haut intérêt, car elles nous donnent sur les costumes des Perses des renseignements d’autant plus certains qu’ils sont confirmés par Hérodote et Strabon, par les figures frappées sur les monnaies achéménides, par la célèbre mosaïque de Pompéi représentant sans doute la bataille d’Arbelles, et enfin par les traditions locales.
Cyrus est couvert d’une tunique ajustée et boutonnée sur le côté. Des poils sortent du revers de ce vêtement dans lequel il est facile de reconnaître la perside