III. NICHE DU MIRHAB
DELA MOSQUÉE d’eI-AINI, AU CAIRE.
(xve siècle.)
l’art arabe.
Rien ne peut rendre le trouble obtenu par ces assemblages ; les carrés entrecoupés paraissent les barreaux d’une prison.
Sous les derniers Baharites, l’emploi de la faïence s’était vulgarisé en Égypte. A l’époque de Khonsouel-Ghoury, elle sert à appareiller, non seulement les murs de la mosquée, mais jusqu’au minaret et jusqu’au dôme de la tombe. Cette faveur, accordée à une ornementation d’où l’or était exclu, peut paraître au premier abord singulière. S’il en fut ainsi, c’est que, grâce à elle, quelques rares artistes que préoccupait l’état d’âme de leur temps avaient trouvé en elle cette langueur indécise qu’essayait de rendre par l’heptagone le polygoniste, ou le mosaïste par les lambris noirs et or. Les faïences d’El-Ghoury sont monochromes, ton sur ton: leur décoration composée de rosaces données par quatre plaques assemblées, en sorte que la répétition du motif fait tapisserie sur tout le pan de mur qui en est couvert (fig. 91 et 111 bis). Parfois le zigzag fleuri des mosaïques d’El-Moyyed y reparaît ton sur ton encore, bleu, bleu foncé et bleu vert (fig. m), avec sa monotonie pénétrante et triste. La gamme fondue des tons, la continuité du dessin, l’indécision des masses ont, dans l’un ou l’autre cas, une douceur inexprimable; quelque chose de vague qui fait comprendre quelle prise pouvait avoir un tel décor sur des esprits adonnés à toutes les angoisses de l’incertitude, alors que, plongés en pleine décadence, ils ne pouvaient plus espérer des jours meilleurs.
Les verrières de cette période sont les plus artistiques que l’époque arabe ait produites. Les sujets ne