CHAPITRE I
de semis de fleurs ou de rinceaux de feuillages, ou bien encore le piédouche recevra, lui aussi, des cordons
Fig. 121. LAMPE DE MOSQUÉE
EN CRISTAL ÉMAILLÉ. XVIe SIÈCLE.
(Collection Spitzer.)
d’ornements. Mais, si éclatant que soit ce décor, il reste net et tranché. Le col est séparé de la panse par un
l’art arabe, 16
collier, la panse du piédouche par des surfaces lisses ou estompées tout au plus d'un léger réseau.
Le nom de kandyl Kalaoûny donné dès lors, en Égypte, à ces lampes témoigne de la faveur dont elles jouirent; les mosquées en furent constellées et c’est à dater de cette époque qu’on en voit des représentations dans les bas-reliefs des mirhabs. Nesfy-Keïssoûn (732) ( 1 3 3 2) en fait le premier graver une figure au-dessus du bouquet symbolique de sa kibla ; et par un de ces jeux d’esprit familiers à l’Arabe, ce sont les lettres de la sourate : « Allah est la lumière des cieux », qui servent à la dessiner (fig. 122).
Le musée arabe du Caire1 contient la plus belle collection de lampes de mosquée qui ait été réunie; leur nombre dépasse cinquante; plus de trente proviennent de la mosquée du sultan Hassan, neuf de celle de Barkoûk, le reste des sanctuaires de Kaïtbaï et d’El- Ghoury. Toutes sont à fond d’or recouvert. Deux de celles qui proviennent de la mosquée de Barkoûk ont des semis d’arabesques bleues et rouges, une autre des rinceaux séparés par des médaillons, une autre encore porte au col une tresse fleurie blanche et rouge, une autre enfin une inscription esquissée or sur fond or. Celles du sultan Hassan ont, l’une des branches de fleurs et de feuillages esquissées rouge sur fond or, l’autre des médaillons blancs avec arabesques vert pâle,
1. Voir dans le Bulletin de l’Institut du Caire le mémoire de S. E. Artin pacha intitulé : Sur trois lampes de mosquée. L’auteur fait remarquer que la lampe cataloguée au musée sous le n° 7 est signée El. Ameky, nom persan qui a son équivalent en français : Serrurier.