‹ L'art arabeChapitre 128 sur 161 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

jaune pâle et rouge; une autre encore, des fleurs rouges et or sur fond d’or, une autre enfin, des entrelacs or coupés de rinceaux d’arabesques vertes, à fleurons jaune pâle et blanc; sous Kaïtbaï une réaction s’opère, qui supprime le décor et donne la préférence aux lampes unies ou sur lesquelles est à peine gravé un léger cordon ornemental ; en même temps la forme change. Sous Khonsou - el- Ghoury le piédouche disparaît, l’étranglement du col s’amoindrit et souvent même fait place à un léger rebord qui s’évase autour de la panse.

D’ailleurs, si profonde fut la décadence oü tomba la verrerie arabe vers la fin du xve siècle, que les édifices des derniers Bordjites eurent nombre de lampes fabriquées à Venise ; cent ans plus tard, l’Égypte avait perdu le secret de l’émail.

Les verreries émaillées à fond d’or ont donc été une

forme parfaite de Part arabe. Bon nombre sont ornées

de figures animales ou humaines; j’ai étudié l’esthétique de ces images, je n’y reviendrai pas. Pourtant, un Vase de la Grün Gewôlbe de Dresde me paraît un argument de plus en faveur de l’origine copte de la décoration arabe. Sur le verre en question, des cavaliers jouent à la paume (fig. 123). D’après les caractères de l’inscription et le style des arabesques, la pièce date du xive siècle, quoique la monture, de beaucoup postérieure, lui prête un air moderne. Mais le cavalier debout sur ses étriers, le Djokan avec lequel il s’apprête à chasser la paume, brandi à bout F'S‘ I23’ , de bras, ressemble sin-

VERRERIE DU XVe SIECLE.

gulièrement au saint Georges des anciennes stèles coptes et des manuscrits du xie siècle. L’allure du cheval est la même,

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