‹ L'art arabeChapitre 23 sur 161 · LIVRE II. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE I

centre d’une cour carrée de quatre-vingt-dix mètres de côté, entourée sur trois de ses faces d’un double portique. A l’est est le sanctuaire, divisé en cinq rangées

de nefs dont l’ensemble rappelle la disposition de la salle hypostyle et, pareil à une enceinte de temple antique, un mur continu enclôt de toutes parts la mosquée et enferme sur sa façade la base de son minaret.

Selon Makrîsi, ce plan fut l’œuvre d’un certain Copte, architecte ordinaire de Touloûn, qui venait de

l’art arabe.

SP

terminer Tune des fontaines de la ville nouvelle. Tombé en disgrâce et jeté en prison, il apprend que Ternir a demandé à des Grecs un temple dont la grandeur et la beauté surpassent tout ce qui a été imaginé jusque-là; que les Grecs disent ne pouvoir le faire qu’à la condition qu’il leur sera fourni trois cents colonnes d’églises coptes; et que Touloûn hésite, ne sachant comment concilier son désir et la crainte de choquer trop ouvertement le fanatisme chrétien. Il reprend courage, fait parvenir à Touloûn une lettre dans laquelle il lui offre de lui bâtir une mosquée aussi belle qu’il la voudra sans l’emploi d’une seule colonne; et celuici, ravi, fait mettre son architecte en liberté et le comble d’honneurs.

L’étude de la mosquée de Touloûn confirme de tous points cette anecdote de l’historien arabe. L’arcature ogivale des arceaux, la disposition des nefs du sanctuaire, les sculptures des archivoltes et des frises, tout cela est évidemment l’œuvre d’un Copte. Chacun des trois liwans a une double rangée d’arcades reçues à leur retombée par des pieds-droits flanqués de quatre colonnettes maçonnées; le makhsourah de cinq rangées d’arceaux pareils (fig. 12).

Chaque pied-droit est percé d’une baie dont la proportion et la disposition reproduisent celles des grandes arcades; et sur le sanctuaire et les portiques règne un plafond de sycomore naguère constellé d'étoiles d’or sur fond azur. Or l’ogive, je l’ai déjà dit, était l’une des formes essentielles de l’architecture copte : pas un couvent ou pas une église qui n’ait eu dès arcs aigus ; pas une non plus qui n’ait eu des

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