‹ L'art arabeChapitre 24 sur 161 · LIVRE II. — CHAPITRE I. $I · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE I. $I

piliers à colonnettes cantonnées : seulement l’art copte

Fig. 12. SANCTUAIRE DE LA MOSQUEE DE TOULOUN,

est pauvre et barbare, et personne ne s’est arrêté aux

rapports qui Punissaient à Part arabe et n’en a recherché la trace sous le décor des monuments et l’Islam.

La chose eût été d’autant plus facile pourtant, que ce décor tout en placage a disparu et qu’il n’en est resté que l’ossature. Sa splendeur étonna ceux-là qui, à Baghdad, avaient vu le luxe inouï d’El-Mamoun. La crédulité populaire chercha bientôt une source surnaturelle à tant de merveilles et supposa que, pour les réaliser, il avait fallu à Touloûn des trésors immenses, que des songes et des incantations lui avaient procurés.

De fait, les sommes dépensées se montaient à 120,000 dynars, plus de 1,800,000 francs de notre monnaie actuelle; et si nous nous reportons aux descriptions qui nous sont restées de l’inauguration de la mosquée, l’effet produit sur l’esprit de la foule dut être effectivement éblouissant.

Ce fut un vendredi de Ramadan 265 (879) qu’eut lieu cette cérémonie. Alors, des mosaïques paraient les murs jusqu’aux frises; un pavement de marbre courait sur le sol, recouvert de fines nattes de Samanah et de tapis de Behneseh : le Koran tout entier se déroulait en caractères dorés au-dessus des portiques; une frise découpée à jour le surmontait, faite, disent certains auteurs, d’ambre merveilleusement travaillé. Le pavillon de la fontaine des ablutions avait une colonnade de marbre; au milieu était un jet d’eau enfermé dans un bassin d’albâtre oriental; des treillis d’or régnaient entre les colonnettes, et d’un plafond étoilé pendaient des lampes et des brûle-parfums. Au sanctuaire, la kibla brillait ruisselante de dorures, enduite d’essence de

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