LIVRE PREMIER
dication de sa réforme, un événement important pour Phistoire de Part surgit tout à coup, dont les moindres détails nous ont été conservés par les chroniqueurs
arabes. L’encensoir d’une femme chargée de brûler des parfums devant la kaâbah communique le feu à la soutrahj — le voile, — tendue sur sa porte, et tout le sanctuaire s’écroule, de fond en comble incendié.
l’art arabe.
Aussitôt les Koreïschîtes s’assemblent et entreprennent d’en relever les ruines. Mais, tandis qu’ils avisent aux moyens de se procurer les ressources nécessaires à cette réédification, on vient leur annoncer qu’un navire s’est échoué sur la côte, non loin de la moderne Djeddah. Or, ce navire, l’historien El-Umany affirme qu’il venait d’Égypte et portait en Abyssinie les matériaux nécessaires à la reconstruction d’églises détruites quelques années auparavant par les armées de Kosroës, et qu’un architecte copte, nommé Dokhoun,se trouvait à son bord. C’était là pour les Koreïschîtes une riche aubaine : vite ils s’en emparent, transportent le butin à la Mekke et chargent Dokhoun de la restauration de la kaâbah. Le premier soin du Copte fut de l’agrandir : il lui donna dix-huit pieds de haut; mais, faute de moyens suffisants, ne put l’élargir proportionnellement à la hauteur qu’il lui avait donnée. A l’intérieur il plaça six colonnes de marbre, ménagea un escalier accédant à la terrasse et exhaussa l’ancien soubassement « afin qu’il fût impossible de pénétrer dans l’édifice de plain-pied ». Tous les Koreïschîtes voulurent contribuer à l’œuvre, et Mahomet prit part à la tâche commune. Tout alla bien d’abord. Mais la mise en place de la pierre noire faillit soulever de nouveaux conflits. Chaque famille prétendit à l’honneur de la sceller dans la maçonnerie. D’un commun accord, il fut enfin décidé qu’on prendrait pour arbitre du différend le premier homme venant de la colline de Sa/a 1 et se diri-
i. Les collines de Sdfa et de Marona sont consacrées par la tradition de l’Islam. Selon elle, Aghar allait de Tune à l’autre à la recherche d’une source, et, aujourd’hui encore, les pèlerins