‹ L'art arabeChapitre 87 sur 161 · MOSQUÉE DU SULTAN HASSAN · texte numérisé non relu

MOSQUÉE DU SULTAN HASSAN

des pâtes colorées s’incrustent : ici rouge pâle, touquoise et noir; là émeraude, turquoise, noir et or.

Certaines œuvres conservent cependant un reste d’ornementation empruntée à l’arabesque : une mosaïque de la mosquée de Kalaoûn a ses polygones inscrits brodés d’un léger rinceau dessiné au moyen de petits trigones vert émeraude cerclés d’or. Mais ce n’est là qu’une variante maladroite du style des lambris incrustés d’ivoire. L’ajourement blanc de ceux-ci leur manque. L’attention n’est pas, comme à la boiserie, attirée sur un point donné d’une manière irrésistible, et, partant, l’ornementation ménagée sur ce point, trop faible pour s’implanter par elle-même, non seulement se perd, mais encore affaiblit l’effet du tracé polygonal.

Il serait fastidieux d’entreprendre la description des mosaïques qui, par la beauté de leurs tons ou la complexité de leur dessin, ont attiré l’attention des géomètres ou des céramistes. C’est une impression qui s’en dégage, ce n’est pas un sujet qui se décrit. L’énoncé d’un théorème ne peut peindre à la pensée qu’une image abstraite ; la nomenclature de couleurs juxtaposées ne peut en rendre l’éclat, et c’est une idée tellement subtile que celle qui s’exhale d’une ordonnance de lignes, tellement insaisissable, qu’il faut l’avoir analysée et en avoir soi-même vécu pour en comprendre la pénétrante mélancolie et l’éternelle majesté.

La supériorité des mosaïstes arabes fut surtout grande dans l’assemblage du marbre. De bonne heure, ils l’avaient fait entrer dans leurs compositions. Son poli les avait attirés; la vigueur chromatique de ses

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