LIVRE IV.— CHAPITRE II
sobre, leur coloris éteint et comme doucement effacé. D’autrès, par la finesse de leur travail, touchent à la marqueterie, tant sont déliées leurs imbrications; ici (fi g. 77, 7 8 et 79), c’est une rosace que Ton dirait brodée des soies les plus vives; là, des rayures brochées de guirlandes de fleurs; ailleurs encore ses médaillons dont le dessin rappelle celui des émaux cloisonnés.
Fig. 76.
Toutefois, la polygonie reste maîtresse de ce décor et l’enserre de ses lignes inflexibles, de même qu’elle enserre l’esprit de celui qui les contemple et l’emprisonne dans son immuabilité.
En même temps, la mosaïque de faïence, déjà en faveur au vne siècle auprès des artistes hispano-mauresques, réapparaît tout à coup à la mosquée de Cheïkhoun et au tombeau de l’iman Chaffey. D’où revenaitelle ? De Perse, s’il faut en croire les plus récents travaux de nos historiens d’art et de nos céramistes. Le nom arabe de la faïence (kichânieh) et un passage d’Abou-l-Féda, où l’auteur nous dit que « les carreaux de terre vernissée employés au revêtement des murs
proviennent de Kichâni, près Samarkand », concordent on ne peut mieux avec cette opinion. Mais, pour vraie qu’on la tienne, en faudrait-il déduire que l’Egypte eût oublié le secret de cette faïence irisée qui semble avoir étonné si fort le voyageur persan Nassiri-Kos-
rau? Je serais, pour ma part, d’autant moins disposé à l’admettre, que des recherches que j’ai faites dans les collections privées du Caire m’ont donné la preuve certaine qu’aux xme et xive siècles, non seulement les fabriques égyptiennes le possédaient encore, mais qu’elles étaient florissantes et que leurs produits avaient sur les produits persans une véritable supériorité.
Dans la collection de M. le Dr Fouquet, j’ai noté