‹ L'art au théâtre (volume 2)Chapitre 3 sur 20 · IV CATULLE MENDES · texte numérisé non relu

IV CATULLE MENDES

bien diU Qu'aune gHsette dormait en Vâme de cet homme /... Le joli ^ V adorable livre ! Avec quelle ai-sance tranquille, avec quelle robustesse souriante^ le Maître qui Va écrit, atteint, sans avoir l'air d'y toucher, auœ plus hauts sommets de son art ! Je voudrais reproduire ici deux ou trois des cent purs chefs-d'œuvre dont se composent les Vaines Amours, mais c'est abîmer un bouquet que lui emr prunier quelques roses et, de Vavis des joailliers Bœhm^r et Bossange, celui qui eût détaché les brillants du collier de la reine eût fait acte de vandalisme. »

J'écrivais ces lignes Pan dernier. En ajoutant, comme je le faisais : ^ Il y a d'ailleurs tout à attendre du cerveau extraordinaire qui enfanta tant de merveilles y^, je savais ce que je disais, et, à la fois, je ne croyais pas si bien dire ; n'ayant pas lieu de supposer qu'à quelques semaines de là, l'événement donnerait raison, — avec quel retentissement ! — à ma perspicacité.

C'est en effet au mois de mai 1895, que Mondes publia son premier compte-rendu : un compte-rendu qui fut un compte réglé à je ne sais plus quelle opérette dont la célébrité égalait la niaiserie, en vingt lignes qui riaient comme des folles, faisaient des blagues comme des rapins et montraient leurs derrières comme des femmes mariées. Trois jours plus tard, en trois épaisses colonnes accouchées entre messe et vêpres, d'un jet, sous l'impérieuse et furibonde poussée de N.-D. l'Inspiration, il déshabillait les Demi- Vierges d'une main accoutumée à ce genre d'exercice, et livrait, superbe d'audace, à l'effarement de l'aréopage, leur nudité délicate et scabreuse. L'article fit un beau tapage, tombé dans la mare aux grenouilles de la critique contemporaine, où quatre crétins, onze ratés, deux prophètes, huit philosophes, revenus des erreurs de ce monde et soixante-quatorze bons garçons équitablement partagés entre la

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