MADEMOISELLE FIFI
D*après la nouvelle de Guy de maupassant.
H. Berton.
l'ame invisible.
Pièce en trois actes.
Théâtre-Libre (10 février)
Le troisième spéciale du Théâtre-Libre n'a pas offert un intérêt considérable. Je pense que l'on aurait bien fait de laisser dans le livre, à la page datée, la «impie et brutale nouvelle de Guy de Maupassant. Ah ! que de temps passé depuis les jours, — et les états d'esprit, — où non seulement ce qu'avait de direct un tel fait-divers pouvait émouvoir la foule, mais où, aussi, l'inquiétude qu'éveillait la virtuelle ironie de fauteur pouvait faire vibrer encore les âmes déjà sceptiques. Nous ne sommes même plus ironiques ; et il reste une aventure en uniformes. Quant à la pièce de M. Berton, VAme invisible, il serait injuste de dire que, après deux actes lents, traînards, disons le mot, ennuyeux, où se débat, sans nouveauté, l'éternel conflit du Rêve et de l'Amour tel que la réalité nous l'impose, il n'y a pas une scène vraiment passionnée et chaleureuse, — les cœurs éclatant enfin, — et dans laquelle M. Laroche a été justement applaudi. Mais, vraiment, malgré
les meilleures intentions du monde, c'est bien peu de chose. Conclusion ? du temps perdu. Il est urgent que le Théâtre-Libre, s'il veut survivre, s'oriente, vers où il voudra, cela le regarde ! d'une façon plus précise, plus clairement perceptible. Car, où va-t-il ?
Et il sera indispensable aussi, que, dans le théâtre qu'inventa M. Antoine, les artistes renoncent à certaines manies de M. Antoine, qu'excusait son talent. A quelque point de vue artistique qu'on se place, l'obligation subsiste qu'on entende €e que vous offrez à juger ! Or, hier, au Théâtre- Libre, si j'excepte les tirades de M. Larochelle, je n'ai rien entendu du tout. (Loin de moi la pensée d'un consentement de l'auteur à dérober dans le flou des chuchottements, l'incorrection de son langage ! ) Et notez que dans le théâtre où persistent les défauts, non les qualités, de l'espèce de génie qu'a eu M. Antoine, on est, en même temps, très sobre de gestes. Les acteurs ne parlent pas, ou si peu, et, en môme temps ils ne remuent pas ! De sorte que la comédie, parlée et jouée de cette façon, finira par être de la pantomime sans gestes.
l'art au THEATRE AT
H. Romain Coolus.