‹ L'art au théâtre;Chapitre 16 sur 69 · PAUVRE JEANNE · texte numérisé non relu

PAUVRE JEANNE

Drame en cinq actes.

Théâtre de la République (20 février.)

L'étranglera I l'étranglera pas ! il l'étrangle. Qui est étranglée? Pauvre-Jeanne, séduite naguère par un indigne courtaud de boutique ; qui étrangle ? un abominable monstre puant, bavant, César, dit l'Avorton, abject Hàn d'Islande de l'égoût ; et jamais les hideurs de la rage et du rut

ne furent plus horriblement, plus ignoblement exprimées que, hier soir, par M. Bour, épouvantable étrangleur 1 Mais vous pensez bien qu'avant d'en arriver là, le mélodrame s'est dispersé en toutes les péripéties de tous les mélodrames joués de tout temps au théâtre de la République qui fut le théâtre du Château-d'Eau. Est-ce que le souffleur, à chaque pièce nouvelle, change de brochure ? A quoi bon ? Cependant, cette fois, on a pu remarquer un peu plus d'absurdité qu'à l'ordinaire, et d3 candeur. Ah I cet honnête bailli, M. Benoît, intendant du marquis de la Morlière et devenant, tout en or, le marquis de la Morlière lui-même I Mais sur les niaiseries et sur les ignominies, Mme Lemonier jette à pleine voix, à pleins gestes, sa belle humeur franche, et tout est bien puisqu'on a vu s'éployer comme de noirs nuages déchirés les ténèbres d'Erèbe qui sont la chevelure de Mil© Marga-Lucena 1

MM. Frogez et Laine.

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