A PIERRE CORNEILLE
Comédie-Fi^ançaise,
H. Olivier de Gourcuff.
LE IlÉVE DE CORNEILLE.
A-propos en un acte.
Odéon (7 juin).
Après une belle représentation à'Horace^ où M. Silvain a été superbe, la Comédie-Française, maligne, n'a pas joué de pièce pour honorer Pierre Corneille ; quelques vers y ont suffi, écrits avec ampleur et sans génie par M. Lefèbre-Henri, récités de même par M"° Dudlay. A TOdéon, théâtre plus téméraire, Itl. Olivier de Courcuff, dans un à-propos fort bien interprété par MM. Albert Lambert et Siblot^M""'' Dux et Rose Syma,
a évoqué, en l'intention de fêter l'auguste Tragi- (jue, la grande Vierge meurtrière. Que Charlotte Gorday portât une âme cornélienne, je l'accorde bien volontiers ; ce fat une Emilie plus féroce, comme M'"" Roland était une Pauline plus éprise. Mais il faut bien reconnaître qu'elle manquait de quelque érudition quant aux œuvres des deux Corneilles, car, de toute évidence, c'est à Pierre que, dans sa tendre et auguste lettre à M. d'Armont de Gorday, elle attribue ce vers fameux de Thomas : Le crime fait la honte et non pas Vèchafaud. Il semble que M. Olivier de Gourcuff serait bien capable d'en faire autant, puisqu'il n'hésite pas à nous offrir, comme de lui-môme, un vers d'Emile Augier (voir les Pariétaires)^ et, comme de lui encore, l'un des plus admirables et des plus illustres vers de Malherbe. A vrai dire, ce sont là petites chicanes ; et je me garderais bien de les chercher à un ouvrage qui offrirait quelque intérêt par l'invention ou par le style.
H. Duquesne, H^^' Lara.