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LA FAUTE

A la Bodinière,

M. Louis SchmoU et Altandéry

LES SINGERIES DE l'ANNÉE

A la Rampe (18 décembre).

. Petites premières partout. L'écartèleraent, tel est rétat de la Critique. Tâchons de rassembler nos jugements. Il y a dans l'ff a/i/'aa? d'Alexandre Dumas père quelque chose d'exquis : le prologue, et quelque chose de pénible : la pièce elle-même; là, toute rheureuse aventure, et l'imprévu, et le primesaut; ici, llmbroglio banal et traînar^; en un mot, c'est dans le prologue, le joli génie, et, dans la pièce, le vil métier. — La Bodinière (espèce d'Odéon entre les théâtres qui ne sont pas des théâtres), nous a donné la Faute^ une pièce en trois actes, grave, de M. Lauriot-Legaudey. Il s'agit d'un père qui a abandonné son flls et le retrouve

son rival d'amorr. De là, un duel dans une conscience, donnant lieu, quoique pas nouveau, à des scènes non sans émotion, assez bien laites, honnêtement écrites. Mais l'auteur de cette comédie dramatique, jouée par M^^^ Rose Syma avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité, est infiniment jeune à ce qu'on m'assure ; les défauts et les qualités qu'il montre sont-ils dus à quelque personnalité déjà ou à de l'imitation encore? il faudra attendre une autre pièce de M. Loriot» Legaudey pour le juger avec quelque chance de peu d'erreur. — On a beaucoup ri à l'amical théâtre de la Rampé, où l'on jouait une revue de MM. Louis Schmoll et Alfandery : les Singeries de Fannèe^ en trois actes, sachez-le ! Et, par ce succès, je suis persuadé plus encore que les revues, pour plaire, n*ont pas le moins du monde besoin de la féerie des décors et de Téblouissement des costumes. Je pense même qu'un petit cadre — salle et scène — leur est tout à fait favorable. Il faut de l'étroitesse, de l'intimité à ces menues, futiles ou grossières, et impertinentes piécettCK-là ; et, au. public moins nombreux, paraît moins choquante, la vivacité des quolibets, l'ordure des couplets, et, plus convenable^ l'inévitable impudeur des maillots. De sorte qu'on s'est fort diverti des Singeries de Vannée^ assez piquantes sans trop de méchanceté d'ailleurs ; et puisque M^^^ EUen Terval, singesse, est si jolie, que doit-ce être, quand elle est femme ?

Aujourd'hui, à l'Odéon, avant Plutus^ conférence de M. Henry Becque, qui a suscité quelaues protestations assez vives, et beaucoup d'applaudissements plus vifs. Je parlerai de cette très intéressante journée.

HH. Sylvane et J. Gascogne.

LE SURSIS Vaudeville en trois actes.

Théâtre des Nouveautés (19 décembre).

Ahl le fou rire ! l'irrésistible rire I Toute la salle pouffe et se tord, et pouffe encore, et les acteurs ne peuvent plus parler, parmi tout ce rire,, et ils vont rire eux-mômes! Ce sont les soirs désopilants de Champignol qui reviennent ! et, du petit café où je me réfugie pour griffonner ces lignes, j'entends à travers les vaines murailles tout l'extravagant tumulte du public en folie.

Lestamboudois pst un notaire de province qui ne voudrait pas faire ses treize jours, et qui espère un sursis ; Marinette est une danseuse du Moulin-Rouge qui vient toucher un petit héritage chez le notaire Lestamboudois ; Manillon est un premier clerc qui aspire à épouser la belle-flUe du patron; M"*' Geneviève est une fort délurée demoiselle absolument résolue à se marier avec le lieutenant Lafeuillette. Le notaire a obtenu le sursis, mais se garde d'en rien dire à sa femme, décidé maintenant à faire ses treize jours (chiffre aphrodisiaque!) avec la danseuse Marinette; et il part, tandis que la notairesse charge le premier clerc d'aller prendre des renseignements sur le lieutenant Lafeuillette ; le clerc arrive à l'hôtel du Caucase et des Pyrénées justement

pour se rencontrer avec Marinette et avec le notaire qui, à cause de l'habit militaire, a été pris pour une ordonnance par le commandant Lagrifoul ; et le notaire troque son uniforme contre le vêtement de son clerc ; et celui-ci est pris pour un hystérique par le major du bataillon; et Lestamboudois s'échappe, et il redevient notaire pour refuser sa belle-fille au lieutenant Lafeuillette présenté par le commandant Lagrifoul ; et c'est encore un troc d^habits; et les amoureux s'épousent dans une apothéose d'esclaffement ; et c^est absurde, et c'est sans queue ni tête, mais, en môme temps, sans rien qui ressemble à n'importe quoi qui pourrait ressembler à de la littérature ou à de l'art, (ah ! voilà des vaudevillistes qui ne s'inquiètent pas d'Aristophane et qui ont bien raison,) c^est infiniment drôle; et voici un total triomphe vaudevillesque, grâce à la très divertissante allégresse des auteurs, grâce aussi à la très jolie et très adroite M^^ Gassive, grâce surtout à ces étonnants bouffons, M. Guyon fils, fantasque jusqu'à l'excès de la parade foraine, M. Tarride, non moins plaisant^ plus méthodique, et 'M. Germain, prince simiesque du rire, bienfaiteur de l'humanité mélancolique, guérisseur irrésistible des neurasthénies, et, en même temps, très fin comédien.

H. Paul Gavault.

PLUTUS D* Aristophane.

H. Marcel CoUière.

LES SYRAGUSAINES D'après Théocrite.

H. Henri Bergue.

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