LE TRUC DE SÉRAPHIN
Pièce en trois actes.
Théâtre des Variétés (23 décembre).
Non, ni objection, ni critique/ Il ne faut point se souvenir de tous les vaudevilles auxquels celuici ressemble ! Et surtout il serait absurde de faire remarquer l'absurdité énorme et la prodigieuse extravagance de cette tarce qui ne répugne pas aux plus excessives, aux plus disloquées pitreries de la pantomime anglaise.
Puisqu'il ne s'agit pas du tout de littérature ni d'art, d'aucune espèce de littérature ni d'aucune espèce d'art ; puisque les auteurs, loyalement, n'ont pas essayé de nous faire prendre pour des lanternes d'émail et d'or leurs vessies de clowns forains ; puisque, en un mot, il s'agit uniquement de laire rire, par n'importe quel moyen, de quoi se plaindrait-on, ayant ri ? Ah 1 que l'on a ri ! Des ventres d'hon*mes d'un certain âge débordaient le rebord des balcons ; dans les loges, des gorges sursautaient, bondissaient jusqu'aux mâchoires claquantes : et l'on pouffait infatigablement. Donc, tout est pour le mieux. Paris, — incomparablement divers, — n'est pas toujours, après ses rudes jours de besogne, en humeur de se plaire aux intenses et déchirantes émotions du drame romanesque, ou aux angoisses de lacomé-
die pareille à la vie. Tout ce que nous demandons, c'est qu'on ne prenne pas à l'Art toutes les scènes parisiennes, et, si on nous en laisse quelqpiesunes où se pourra satisfaire notre manie de Beauté ou de Réalité, nous voulons bien que lé rire, l'énorme et fou rire triomphe dans les théâtres de joie ! et nous rions, pardieu, comme tout le monde, — et plus haut encore.
Il y a quelcRie difficulté à raconter des esclaffements.
Séraphin est un concierge qui a inventé un truc fort ingénieux pour gagner, malhonnêtement, un grand nombre de petites • sommes et pour en faire gagner à son ami et voisin Chamois, chapelier sur la cour. L'infâme portier adresse à des femmes mariées dont les adresses sont prises au hasar du bottin, des lettres anonymes qui leur annoncent qu'elles sont trompées par leurs maris dans l'immeuble confié à sa garde. Les femmes accourent, paient les renseignements au chapelier, ancien locataire de la maison, par de considérables achats de chapeaux ; et Séraphin ajoute à ces petits profits partagés le loyer d'une garçoanière qu'il loue à tout venant. Pour peu que vous soyez quelque peu au courant de Tordinaire procédé vaudevillesque, vous avez déjà deviné que les lettres anonymes sèment le doute, le désordre et l'extravagance dans de nombreux ménages et les font tous, maris, femmes, belles-mères, beaux-pères, semer, se rencontrer, se fuir, se rencontrer encore pour se fuir de nouveau, et se tordre enfin tous ensemble dans une èpilepsie qui gagne les bouteilles, les assiettes, les chapeaux, les meubles, les cheminées ! Et c'est la danse de Saint-Guy de l'imbroglio. Il ne
faudrait pas moins de quatre colonnes pour conter par le menu les mésaventures de Leperchoix qui, à Trouville, amant de la femme de l'illustre violoncelliste Piganiol, s'est fait passer pour Piganiol lui-même, et donne rendez-vous dans la garçonnière de Piganiol à la femme de Piganiol ; et les malencontres de M"** Leperchoix, femme de Leperchoix, et belle-mère de Lacreusette, qui, feignant d'être muette pour mieux surveiller son gendre (ô logique !) surprend son propre mari, cru Piganiol, et qui ne l'est pas, dans la garçonnière de Piganiol cru cocu, et qui l'est... mais, par un dévouement sublime, le gendre, sauveur de son beaupère, assume la responsabilité de la faute ! Et les quiproquos continuent, se mêlent, se croisent, se dénouent, se renouent au point que Leperchoix, qui passe toujours pour Piganiol, est obligé, n'ayant jamais joué du violoncelle, à feindre qu'il joue du violoncelle, pendant que le gendre éternellement sauveteur joue Brise d^avril, derrière un paravent, sur un violoncelle en effet ! Tant qu'enlSn les maris, ceux qui sont trompés ou ceux qui ne le sont pas, se reconcilient avec leurs femmes, celles qui ne sont pas trompées ou celles qui le sont. Et le public s'est amusé de tout, de l'exposition, de l'intrigue, du dénouement ; et l'excellente troupe comique des Variétés, — cet extraordinaire Baron, admirable bouffon grave ; Brasseur, moins farce qu'à l'ordinaire, drôle avec plus de réserve et d'élégance' ; Milher, à la gaieté un peu trop faite exprès, et M"**" Mathilde, qui arbore à son chapeau le panache-éclat-de-rire, et M"*° Angèle, toute joie et franche humeur, et M'"' Berthe Legrand, spirituellement ahurie, — semblait toute heureuse d'enten-
dre retentir les francs bravos et les francs rires au lieu de la sotte et obscène sonnerie du désastreux Carillon.
HH. Paul Bourget, Pierre Decourcelle et Armand
Dartois.
IDYLLE TRAGIQUE Pièce en six tablaux.
Théâtre du Gymnase (24 décembre).
Quelques jours avant la première représentation de Une Idylle tragique^ j'ai relu le roman de M.Paul Bourget. Il ne m'a point, à ma grande surprise, donné tout le plaisir, ni suriout toute l'émotion que j'en espérais. Par l'absence d'un symbole général auquel suppléent insuffisamment des apophtegmes d'amour, par le tohu-bohu de trop d'actions diverses plutôt mêlées qu'unies^ par je ne sais quoi de mal informé, semble-t-il, de presque « provincial », d:rait-on, dans l'observation comme étonnée des luxes et des raffinements mondains, et par un style dont la trame trop peu serrée se disperse souvent et traîne en effiloches molles, il m'a paru peu digne de l'auteur de CosmopoliSj œuvre vraiment admirable, claire quoique touffue, puissante quoique tendre, auguste, quoique frivole, par une vision de très haut sur l'avenir humain ; œuvre qui, grâce à un juste effet rétroactif, légitima tous les succès an-
térieurs du jeune académicien. En outre, Une Idylle tragique y roman, m'a laissé une gêne, un malaise, avec un besoin de s'en détirer, quelque chose comme la courbature intellectuelle d'une fausse position de conscience. Et cette gêne a été causée non pas à moi seul, ce qui n'aurait aucune importance, mais à beaucoup de personnes, je crois, par Une Idylle tragique^ pièce. Les causes de cette impression fâcheuse ? Il me semble, que, parmi quelques autres plus menues, j'en démêle la principale. C'est que, à la plupart des personnages de l'œuvre, dramatique ou romanesque, manquent la netteté, la précision de caractères par où leurs actions, leur passions nous paraîtraient logiquement nécessaires. Entendonsnous bien. Je ne crois pas que, à notre heure du temps, les âmes simples soient communes ; il est bien évident que le « tout d'une pièce» des héros tragiques de naguère ou des types de la comédie ancienne a cessé d'être probable ; que la complexité abonde dans nos pensées, dans nos sentiments, dans notre recherche aussi, de sensations rares, et en déborde; de sorte que, comme le romancier, le dramaturge émiettant son génie aux subtilités de psychologies, a non seulement le droit, mais le devoir de nous montrer des êtres infiniment composites et divers d'eux-mêmes. Mais la complexité, la diversité, cessent d'être humaines, c'est-à-dire intéressantes aux hommes si, par une curiosité trop dilettante des manièrismes moraux, ou plus simplement, par unb impuissance de créer de logiques vivants, le conteur, le dramaturge les développent, les exagèrent, dans le livre ou au théâtre, jusqu'à des contradictions inadmissibles, jusqu'à des incompatibilités en le même individu. Un individu,
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pas du tout pareil à soi-même, existât-il en effet dans la vie, — ressemblance peut-être de quelque poète vivant à la fois son propre rêve et son propre cauchemar, — serait, dans l'Art, un monstre I par suite, une exception négligeable, un Cas. On peut, comme dit le spalmiste, avoir deux hommes en soi ; et c'est une guerre cruelle ; mais ces deux hommes en réalité n'en font qu^un ; chacun d'eux n'est qu'un des plateaux d'une seule balauce ; ils s'unifient en l'équilibre ; ils s'accordent par leur désaccord même ; ils sont deux parts de la même âme, non deax âmes. Et les hommes à deux cœurs ne sont pas plus intéressants que les veaux à deux têtes. Chacun des personnages principaux d!Une Idylle trafique ressemble trop aux Frères Siamois, l'un, tirant à « dia ! », l'autre tirant à « hue ! » et l'on ne voit pas même la membrane qui relie. Les amants inventés par M. PaulBourget ont à la fois tout le scepticisme et toute l'ingénuité ; ils ne croient à rien et ils croient à tout ; ils savent et ils ignorent; ils sont compliqués et veules comme un Parisien de M.Maurice Donnay et simples et héroïques comme les Antony ou les Hernani : c^est le flirt extrême, qui blague, et l'extrême passion, qui saigne; et cela, non point par des fusions de nuances sentimentales en une nappe ijormale de mutuelle cfoncession, mais en des parallèlismes antithétiques, à pic. De là, une œuvre qui ne semble pas bien sûre de ce qu'elle voulut qu'on éprouvât d'elle ; de là, attentif à chaque personnage, l'incertitude du public'qui ne sait auquel, des deux frères siamois, entendre.
On me comprendra mieux au cours du drame.
C'est un noble sujet tragique qui tenta M. Paul Bourget. Vainement banalisé par la possibilité
d'en faire un chef-d'œuvre, il valait qu'après tant d'épopées, après tant de drames, après tant de romans, un poète le ]*enovât et le mît au point, comme on dit, de la modernité parisienne. L'éternel est actuel.
D'une amitié pareille aux amitiés antiques des légendes, d'une amitié saine, forte, passionnée, exclusive, violente comme une fraternité d'armes, patiemment dévouée comme les soins quotidiens au chevat d'un lit d'hôpital, d'une amitié qui ne sauraijt admettre de sérieux qu'elle-même, et ne consent aux choses de la vie ambiante, le travail, l'amour, l'ambition, que comme à d'inutiles nécessités, d'une amitié absolue (ce n'est point de notre faute si, volontairement, par le sublime excès de la tendresse virile, M. Paul Bourget nous transporta dans l'absolu!) deux hommes, Pierre Hautefeuille et Olivier du Prat, s'aiment. Jamais, à aucun auteur, je n'ai nié le droit d'un postulat quelconque : je ne suis ici que pour louer ou blâmer selon que l'œuvre est conforme ou non au postulat. Que Pierre et Olivier, par leur auguste conception de l'hymen mâle, se révèlent supérieurs à l'ordinaire humanité, je m'en puis étonner en l'année qui va être l'an mil huit cent guatre-vingt-dix-sept, mais je l'accorde, et même je m'y plais, classique et romantique. Seulement, il ne faudra pas me dire tout à l'heure qu'il n'y a rien de fait, que c'était pour l'exposition, que cette amitié absolue n'est pas si absolue que ça, et que l'on s'est fichu de nous. Je ne demandais pas des héros, on m'en a donné, j'en veux.
Entre les deux amis, une femme se dresse; il y a Féternelle fable : « Deux coqs vivaient en paix, une poule survint. » La poule est une très
grande dame, étant la femme d'an archiduc^ — car le Gotha est agréable à ceux qui sont dans le Bottin, — et n'est pas tout à fait une grande dame, n'étant que l'épouse morganatique de l'archiduc, — car il y a dans le libertinage un peu officiel du rastaquouérisme quelque chose d'agréable aux bourgeois divorcés et aux amants bohèmes partisans de l'union libre. Il faut plaire aux diverses classes de lecteurs comme aux divers étages du théâtre. D'ailleurs, Ely de Carlsberg est héroïque aussi, à sa façon, comme les deux amis. Elle est l'irréprochable, l'invulnérable, la
})arfaiie beauté triomphante, victorieuse enfin de 'impérial mari qui lui fut imposé. Et je commence à me réjouir en la pensée du tragique désespoir qui naîtra de l'amour des deux fraternels camarades pour cette belle et illustre femme amoureuse de l'un ou de l'autre, mais irréprochable. Et déjà j'entrevois le dénouement : l'amitié triomphante après un sublime combat et l'auguste pitié, non sans que son cœur batte et se brise, de l'archiduchesse vers les deux amants consolés de leur amour par leur amitié. Âh ! le grand, ah ! le noble drame ! Et quelle enthousiaste joie, le soir où quelque simple poète nous eût montré cet auguste et poignant conflit d'âmes, sans malice ! Mais voilà, les psychologues sont des malins ; et on nous a mis dedans. Après avoir profité de ce qu'il leur reste d'avoir été des poètes pour éveiller en nous l'illusion d'un drame, chimérique sans doute, mais sublime, ils nous obligent tout de suite à constater qu'il n'y a rien de sérieux dans cette aflàire ; et, seule, notre déception est vraie. L'un des amis s'est marié, cherchant dans le lit conjugal, en Egypte, l'oubli d'une aventure
de canapé, à Rome ; l'autre ami est venu soigner sa bronchite à Cannes, et l'irréprochable femme d'une Altesse Impériale joue à la roulette, comme une vieille cocotte décavée, engage ses bijoux au premier juif venu. Notez bien que ce n'est pas du tout de ces bassesses que je m'afflige ; je suis parfaitement de cet avis qu'Achille et Patrocle, Oreste et Pylade, Damon et Pithias, Pierre et Jaffîer ne sont plus de ce monde ; et (il faut bien que je le croie puisqu'on le raconte), que les grandes dames — selon le texte de Jules Janin, — ayant leurs petites tours de Nesles dans la villa au bord de la mer bleue (0 vieux romantisme, tu n'es pas mort, grâce au ciell) laissent flirter, jusqu'à la main gauche dans le corsage et jusqu'à 4a main droite dans la jupe, les secrétaires d'ambassade ou les valets de cnambre de ceux-ci, quand leurs maîtres sont au Trente-et-Quarante. Non, ce qui a agacé tout le monde, ce soir, au Gymnase, c'est que les auteurs de la pièce nouvelle ont promis un idéal que personne ne leur demandait, et n'ont réalisé, en eflFet, qu'une aventure mondaine et libertine, vaguement tragique par le hasard d'un coup de fusil. J'insiste sur ces points que je ne réprouve pas le moins du monde les imbroglios mondains,Ies amusettes de dialogue et toutes les complexités amoureuses, — oh ! presque pas amoureuses, — des amants disserteurs, et que j'ai la plus vive admiration pour les romanciers psychologues qui, subtils, coupent un cheveu en quatre, — souvent, chaque cheveu est un si énorme câble que chaque quart en est encore une assez grosse corde, — mais je ne saurais admettre qu il soit fait usage des plus hauts sentiments humains pour les ravaler, si vite, à des mesquineries d'al-
cove et de boudoir ; et il est extraordinaire que M. Paul Bourget» eu écrivant 8on roman, n'ait pas remarqué, en dépit du sournois amour des nuances qui^ des câbles, font des cordes, combien chacun de ses personnages, contradictoires avec soi-même, s'éloignait de plus en plus de son tjrpe primitif ; et, en assistant aux répétitions de sa pièce, n'ait pas constaté combien elle se détournait de l'idéal qu'il avait conçu, peutr-ôtre selon les conseils du facile Stendhal qu'on évoque dans les tables tournantes.
Aucune femme au théâtre n'est plus belle que M"** Jane Hading. Je la connais peu, je ne sais pas si elle est belle dans son salon, dans sa loge, ■dans la rue. Sur la scène, toilettes de toutes les couleurs, mousselines, dentelles, rougeurs d'étoffes, ors de coiflîire et toute la mode neuve et toute l'opulence des antiques costumes de qui la singularité d'hier s'achève en audaces d'improvi- ' sations, elle est, — non sans tenter de charmer par des marches lentes où les hanches saillent, non- sans essayer de secouer l'inertie du public par de sanglotantes émotions où le génie de Sarah Bernhardt n'est presque pour rien, — elle est, dis-je, l'incomparable beauté-théâtre! C'est sa gloire. Elle s'y borne.
J'ai le temps à peine, si tard, de dire que M"® Leconte a pleuré très ingénument et très justement, avec les plaintes du petit chat d'Agnès, qui mourut, comme on sait; que M. Numès dans le rôle de Dickle Marsh a été un fort convenable Américain de table d'hôte de paquebot ; que M"^ Lucy Gérard, en miss américaine, plus américaine et plus jolie que si elle était Américaine en effet et que si elle était beaucoup plus belle,
s'est exquisement évertuée à ne pas avoir, tout^ en l'ayaat, l'accent d'outre-mer; que M"** Sorel, décolletée comme il convient au dernier acte, nous laisse, — soigneuî^e comédienne d'ailleurs,
— le regret qu'elle ne Tait pas été aux deux premiers; que M"^ Léoiiie Yahne a passé, délicatement tendre ; et que M. Candè, pas assez ardent dans le rôle d'Olivier du Prat, négligea à tort de coller à son menton une barbe, un peu blonde, ou un peu brune, en pointe, qui eût virilisé le visage poupin, poupard, et gras, dont il a observé, avec placidité, les péripéties épouvailtables du drame l et c'est un excellent facteur qui s'est trompé, pour la première fois. Maïs il faut dire que la soirée d'aujourd'hui a été décisive pour M. Grand et qu'elle le place, définitivement et au premier rang, parmi les rares comédiens capa-' blés d'interpréter les rôles d'amants tgndres ou tragiques. Peut-être, les auteurs du roman et de la pièce ne le souhaitaient-ils pas si simple, si tendre, si épris, si ardent. S'il leur a désobéi, il a eu tort ; car l'interprète qui ne se résigne pas à la volonté, même erronée, de l'auteur, est aussi malhonnête que le dépositaire qui ne restitue pas^ en les mêmes monnaies,- la somme qui lui ifnt confiée. Quoi qu'il en soit, à ôôté de M. Lèrandy tout à fait admirable dans le rôle de l'Archiduc
— et ce r^te a été applaudi, furieuselment, parce que, quoique complexe, il était, lui, du moind clair, et unî — M. Grand a montré une sincérité d'âme, un abandon de douleur, et, sans y pren-* dre garde, sans avoir l'air d'y prendre garde,: une profonde loyauté d'amour. Je suis persuadé ({xHUne Idylle tragique aurait obtenu un im-^ raense succès au théâtre du Gymnase si M. Paul
Bourget avait été aussi naïf dans son œuvre que M. Grand dans sou rôle.
H. Georges Ohnet.