Le Boicddka, sa vie, sa doctrine, sa commnnauté, p
critique substitue à la légende ; — mais la légende est charmante, et elle est à la base môme de l'art bouddhique dans Tlnde. Les épisodes que M. Foucher groupe sous ce titre : le Cycle de la Nativité et Scènes d enfance et de jeunesse^ abondent en tableaux de la plus séduisante naïveté, — l'interprétation du songe de Maya, la mère élue, le miracle des sept pas que le Bienheureux fait dès sa venue au monde, son horoscope, le retour du parc de Lumbini où il naquit, plus tard le choix de sa fiancée, la cérémonie nuptiale et le cortège. C'est sur ces thèmes que s'exerça l'imagination des poètes et des imagiers : ils ont doué parfois leurs fictions d'une émouvante grandeur et d'un caractère saisissant. Tel est le cas pour Thistoire de la vocation religieuse du Bouddha qui présente à nos yeux un intérêt plus direct que des épisodes secondaires.
C'était le temps où les hommes et les femmes quittaient en foule la monotonie de la vie mondaine pour se vouer aux ardentes austérités de la vie ascétique. Le jeune prince fut touché de la même ferveur. Des textes anciens disent : « C'est un étroit assujettissement que la vie dans la maison, un état d'impureté; la liberté est dans l'abandon de sa maison : comme il pensait ainsi, il abandonna sa maison. » A cette formule simpliste, la légende des quatre sorties ou des quatre rencontres substitue une image énergique de la maladie, de la décrépitude, de la mort et, enfin, de la seule consolation possible. Aux yeux du
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prince noyé de voluptés et déjà dégoûté d'elles, le conteur évangéliste fait paraître, non les allégories d'une vague songerie éthique, mais, en traits fortement accentués, le spectacle de nos déchéances irrémédiables.
a Un jour que le Bodhisattva se rendait, sur son char, à un jardin de plaisance situé hors de la ville, il rencontra sur sa route un vieillard décrépit, sans dents, péniblement courbé sur un bâton, soutien insuffisant de ses pas tremblants. Surpris de cette apparition nouvelle pour lui (on avait pris soin d'éloigner de ses regards tout ce qui aurait pu Tattrister et éveiller en lui des idées de renoncement au monde), il interroge son cocher, lui demandant en punition de quel crime ce malheureux est réduit en si triste état. Ayant appris que la vieillesse était une conséquence fatale de Texistence et qu'il n'était pas en son pouvoir d'y échapper, le prince saisi d'angoisse et de tristesse renonce à sa promenade et se fait reconduire au palais. Une autre fois, c'est un malade qu'il trouve en chemin, puis un cadavre en décomposition, et, à chaque rencontre, son dégoût augmente pour une vie soumise à un si déplorable sort. Enfin, à une quatrième sortie, la vue d'un religieux mendiant respirant le calme et le contentement lui fait entrevoir dans la vie relii^ieuse le remède aux misères de Uexistence \ » Ce thème, qui offre à l'imagination et au cœur de si