‹ L'art byzantinChapitre 111 sur 151 · LIVRE I V. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I V. — CHAPITRE

Pourtant c'était à la fresque qu'on avait le plus souvent recours. Les détails que nous donnerons plus loin sur les peintures murales du mont Athos nous dispensent d'insister ici sur celles qu'on peut trouver en d'autres endroits : il suffira d'indiquer les fresques qui décorent les églises de Trébizonde, Texier en ayant reproduit quelques parties ^

C'est à cette époque, je crois, qu'il convient d'attribuer en grande partie les tableaux sur bois, d'origine byzantine, conservés dans les collections publiques ou privées d'Occident. Sans doute, la plupart son' parvenus dans nos pays, soit au temps des croisade?, soit lors de l'émigration qui suivit la prise de Constantinople par les Turcs. De tous les musées, celui du Vatican en possède la série la plus riche et la plus intéressante. Les sujets qui s'y trouvent sont presque toujours ceux que traitaient la mosaïque et la peinture murale : les mêmes artistes y travaillaient, ils ne changeaient donc ni d'esprit ni de style. Sur le nombre, on en peut citer quelques-uns qui sont signés. Tel est le tableau qui représente la vie des ascètes de la Syrie : dans des grottes percées au flanc d'une montagne, les uns lisent, d'autres tressent des paniers. D'un côté, on voit saint Ephrem mort, un ange emporte son âme; de l'autre, saint Siméon le Stylite. Emmanuel Tzanfurnari fut l'auteur de cette peinture; et la tradition veut qu'elle ait été rapportée en Italie par Squarcione, le maître de Mantegna. Une Madone allaitant l'Enfant est signée

I. Archit. by:^., pi. LXVI. Je ne connais point les originaux, mais je soupçonne les copies de n'en point reproduire très exactement le style.

aj(î L'ART BYZANTIN.

par Antoine Pampilopos. A Florence, à Naples, au musée de Berlin se trouvent des œuvres de Barnabe, d'Andréa Ricco de Candie, de Donatus et d^Angelus Bizamannus, qui vivait à Otrante, de Théodore ^ Encore voudrait-on savoir avec plus de précision quand ils ont travaillé, si c'est au xiv« ou au xvi* siècle, et s^ils ne se rattachent point autant à Fécole italienne qu'à Pécole byzantine. N'est-on point tenu à quelque réserve quand on voit, sur un des tableaux du Vatican, une Visitation d'Albert Durer copiée en style byzantin *?

En Orient, on trouve dans bien des couvents des tableaux de ce genre; mais ceux-là sont encore fort rares qui portent avec eux leur date de naissance.

Cependant, à mesure que les années s'écoulaient, l'avenir devenait plus menaçant, et déjà se manifestaient tous les signes avant-coureurs de la chute de l'empire. Au commencement du xv* siècle, Constantinople était bien déchue de son ancienne splendeur. Aux incendies de 1204 étaient venus s'ajouter ceux qui avaient signalé la rentrée des Grecs, en 1261. Le grand Palais était abandonné, et, même pour l'entretien de Sainte- Sophie, on ne trouvait pas toujours l'argent nécessaire.

Un document curieux permet de se faire quelque idée de Constantinople au commencement du xv* siècle. En 1403, un ambassadeur castillan, Ruy Gonzalès de Clavijo, la visita; la relation de son voyage s'est conservée. La ville ne s'était point relevée de tous les désastres qu'elle avait subis, la population y avait dimi-

1. D'Agincourt, Histoire de l'art., t. V, pi. LXXXII, XCXII, XCXIII, CXI.

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