‹ L'art byzantinChapitre 114 sur 151 · FIO. 79. UN MONASTÈRE DE L A T H O S · texte numérisé non relu

FIO. 79. UN MONASTÈRE DE L A T H O S

(D'après une gravure byzantine.)

rizon sous une éclatante lumière ^ Ils ont parlé aussi de Torganisation de ce petit Etat et de l'aspect étrange et pittoresque de ces couvents et de ces skites qui se pressent les uns sur les autres-.

1. Voir ce qu'en disait déjà, dans un langage poétique, Nicéphore Gregoras (xiv« siècle) : Hist. byzantine, 1. XIV, ch. vn et viii.

2. Sur l'Athos et les œuvres d'art qui s'y trouvent, voy. les art.

C'est par toutes les œuvres d'art qu'ils contiennent que ces monastères doivent fixer ici notre attention. Depuis huit ou neuf siècles, les moines qui s'y sont succédé n'ont cessé de reconstruire leurs couvents et leurs églises, d'y multiplier les peintures. Ainsi s'est formé un pêle-mêle d'œuvres de toutes les époques où il est souvent difficile de se reconnaître. Il faut quelque temps pour se familiariser avec ces monuments, pour saisir les différences qui s'y trouvent selon la diversité des époques et des styles, pour s'habituer enfin à recueillir les moindres indices qui permettent d'en établir la date. Aussi ne s'étonnera-t-on pas de rencontrer tant de contradictions sur ce point dans les témoignages des voyageurs.

L'histoire même de ces monastères est par endroits fort obscure ^ S'il fallait en croire les légendes, la Vierge elle-même serait venue à TAthos, et plus tard, au iv« et au v siècle, Constantin, Pulchérie, Arcadius

de Didron dans les Annales archéologiques, X. IV, V, XVII, XVIII, XX, XXI, XXIII, XXIV; Papety, Revue des Deux Mondes, 1847 (inexact sur plusieurs points); Miller, Archives des missio>is, t. II, et Correspondant, 1866; A. Proust, Tour dit monde, 1860; H. Melchior de Vogué, la Syrie, le mont Athos ; Brockhaus, Die Kunst in den Athos Klostern, 1892, etc. Un savant russe, M. de SevastianofF, a fait au naont Athos une exploration très complète dont les résultats ont été résumés dans les Annales archéol.,i.XX[.

I. Un des travaux les plus précis à ce point de vue est celui de M. Victor Langlois, le Mont Athos et ses monastères, Paris, 1867, parce qu'il a recueilli avec soin les documents du moyen âge. On trouvera aussi beaucoup de renseignements intéressants dans Xanthis, Description historique du mont Athos (en grec), Salonique, 1870; mais il faut prendre garde que les légendes y sont mêlées à l'histoire. M. Langlois a cité et employé tous les travaux antérieurs à 1867.

y auraient fondé des monastères ; mais les documents authentiques ne mentionnent que plus tard l'existence des couvents, e^ c'est au x*^ et au xr siècle que la vie monastique y prit tout son développement. Un' fils de l'empereur Michel Rangabé, Paul le Xeropotamite, et quelques années plus tard un personnage de noble naissance, Athanase, devenus ascètes, organisèrent la république religieuse. Alors s'élevèrent les grands monastères de Lavra, de Vatopédi, d'Iviron, de Xeropotamou, d'Esphigménou ; les quatre premiers sont encore parmi les plus importants de l'Athos. A leur tour, les Slaves, les Bulgares, les Arméniens, en un mot tous les peuples du rite grec, tinrent à fonder des couvents sur la montagne sainte; les empereurs multiplièrent les privilèges en faveur des Athonites et les exemptèrent même de la dépendance du patriarche de Constantinople. Au xin" siècle, il est vrai, la fondation de l'empire latin amena pour eux une période de souffrances: un seigneur franc s'était établi à l'Athos et ne ménageait point les moines. Le souvenir de ces excès n'y est pas encore effacé aujourd'hui. Mais, quand la dynastie nationale reprit possession de Constantinople, de riches présents compensèrent les misères dont les monastères avaient eu à souffrir. Sous les Paléologues, l'Athos fut plus prospère que jamais : dans les trésors des églises, bien des objets précieux témoignent de la générosité d'Andronic II, et ce fut au monastère de Vatopédi que se retira l'empereur Jean Cantacuzène. Quand vint la conquête turque, Mahomet II accorda aux Athonites la conservation de leurs privilèges et de leurs biens. Ainsi, par un ensemble de circon-

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