I. Voy. plus haut, p
mémoire, sans carton, sans dessin, sans modèle. » Et, comme le voyageur, étonné de cette facilité, lui posait question sur question, l'artiste lui répondit un jour : a Voici un manuscrit où Ton nous apprend tout ce que nous devons faire. Ici on nous enseigne à préparer nos mortiers, nos pinceaux, nos couleurs, à composer et à disposer nos tableaux.» Didron s'empressa de faire copier ce précieux manuscrit; son compagnon de voyage, Paul Durand, se chargea de le traduire, et, en 1845, l'ouvrage parut sous le titre de Matmel d'iconographie chrétienne^.
L'auteur de ce Guide de la peinture s'est nommé lui-même : il était moine et s'appelait Denys. Il avait étudié la peinture à Salonique et s'était proposé comme modèle un des maîtres les plus célèbres de cette école. Manuel Pansélinos. Le caractère religieux dont est pénétré l'art byzantin se manifeste dès le début de l'ouvrage : Denys dédie son livre à la Vierge et il considère la peinture comme un acte d'adoration. Avant de se mettre à l'œuvre, l'artiste doit prier et demander au Christ et à la Vierge « de conduire ses mains, afin qu'il puisse représenter dignement et parfaitement leurs images et celles des saints, pour la gloire, la joie et l'embellissement de l'Eglise. » Mais en même temps Denys conserve le culte du beau, il en connaît la toutepuissante vertu et il en parle en termes émus. S'adressant à la Vierge : « Je désire, dit-il, que votre éblouissante et gracieuse image se réfléchisse sans cesse dans le miroir des âmes et les conserve pures jusqu'à la fin
I. Il en existe une traduction allemande, publiée en i855 par Schàfer, et une édition grecque oubliée à Athènes en i853.