‹ L'art byzantinChapitre 123 sur 151 · FIG. 86. PRÉSENTATION DE LA VIERGE AU TEMPLE · texte numérisé non relu

FIG. 86. PRÉSENTATION DE LA VIERGE AU TEMPLE

(Peinture murale & Athiines.)

violent. Nicéphore, au contraire, se contente de lignes légères, en mcme temps que dans son coloris il recourt

aux nuances intermédiaires, prodigue les ombres et le clair-obscur.

En dehors de l'Athos, ces influences étrangères s'exerçaient encore avec plus de force, et la biographie d'un peintre byzantin du xvn^ siècle montre quelles pouvaient être alors les relations des artistes grecs avec les artistes italiens. Né dans le Péloponèse en 1662, Panagiotis Doxaras apprit probablement la peinture à l'école des moines. Il ht la guerre avec les Vénitiens contre les Turcs, puis dut abandonner sa patrie et ses biens et se réfugier dans les îles Ioniennes. Décoré par les Vénitiens du titre de chevalier, il fit le portrait de Francesco Grimani, mais s'occupa surtout de peintures sacrées. Son œuvre la plus célèbre fut la décoration de l'église de Saint-Spiridion, à Corfou. Ce qui prouve bien quelles étaient ses études et ses tendances, c'est qu'il traduisit en grec le traité de Léonard de Vinci sur la peinture. Cependant, le caractère religieux de l'école byzantine se retrouve dans la dédicace qu'il fit de sa traduction au Christ. Lui-même écrivit sur la peinture un opuscule dans lequel il reproche aux vieux maîtres byzantins leur sécheresse^ 11 eut des élèves et forma ainsi une école qu'on a pu appeler italo-hellénique, mais qui, à vrai dire, ne garde presque rien de l'art byzantin. Doxaras a vu Venise; il est plein d'admiration pour Tintoret, pour Titien, pour les Bolonais; il connaît même les maîtres français : Poussin, Claude

I. M. Sp. Lambros a publié cet opuscule en 187 1, à Athènes, et il y a joint une préface à laquelle j'emprunte ces renseignements. Sur les artistes grecs à Venise, v. aussi Selvatico, Vene:{ia e le sue lagune, t. V^, Appendices.

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