LIVRE V. - CHAPITRE I
[n'existait encore chez eux que sous ses formes les plus
! simples. Dans la plupart des pays où ils s'établirent, ils
adoptèrent donc les monuments qui s'y trouvaient déjà,
FI G. 95. TRIl'TYC)UE A SCHAHANDER. (Souailétie .)
I ils les imitèrent et ce ne fut que peu à peu qu'ils en modifièrent la structure et la décoration. Or les premières provinces dont ils s'emparèrent étaient grecques; mis en rapport avec l'art byzantin, ils en subirent l'inlkience. En Syrie, les Arabes ne se préoccupent point tout d'abord de construire des mosquées; ils enlèvent au
a88 L'ART BYZANTIN.
Christ ses églises et les consacrent à Allah. Parfois, pendant quelques anne'es, les deux cultes vivent côte à côte dans un môme édifice. A Damas, Omar partage en deux réglise de Saint-Jean : la partie orientale appartient aux musulmans, tandis que la partie occidentale est laissée aux chrétiens, qui n'en furent chassés que soixante-dix ans plus tard. Quand les califes désirent à leur tour bâtit- des mosquées, ils s'adressent aux Byzantins, a Walid, voulant faire construire la mosquée de Damas, envoya une ambassade à l'empereur de Constantinople, qui, sur sa demande, lui expédia douze mille artisans. La mosquée, dit Ibn-Batoutah, fut ornée de mosaïques d'une beauté admirable; des marbres incrustés formaient, par un mélange habile de couleurs, des figures d'autels et des représentations de toute naturel» Ils ne craignaient même point, malgré les préceptes de Mahomet, d'introduire des figures dans la décoration de leurs édifices religieux, imitant en cela l'exemple des chrétiens. Le père de Walid, Abd-el-Melik, dans une mosquée de Jérusalem, avait fait représenter le paradis et l'enfer de Mahomet. Les califes de Damas attiraient à leur cour des maîtres byzantins, et c'était sous leur direction que se formaient des artistes arabes. On ne saurait donc s'étonner si les anciennes mosquées de la Syrie présentent tant d'analogies avec les églises grecques.
A l'autre extrémité du monde musulman, en Espagne, il en est de même. Ceux qui ont écrit l'histoire de l'art arabe dans ces contrées y distinguent une première
I. La voix, les Arts musulmans; de l'emploi des figures. (Ga' :^ette des Beaux- Arts, iSyS.)