‹ L'art byzantinChapitre 134 sur 151 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

période qu'ils appellent byzantine et qui s^e'tend jusque vers la fin du x* siècle. Entre les califes de Cordoue et

FI G. Çj. TABLEAU AU MONASTÈRE DE CHARNOXINETI, (CauCaSC.)

les empereurs de Constantinople les relations sont continues; les savants, les artistes grecs accourent en Espagne. Aussi les anciens édifices de Cordoue portent-ils la marque de cette influence étrangère. « A l'Alcazar de

epo L'ART BYZANTIN.

Zahra (près de Cordoue), dans la salle du calife, se trouvait une fontaine en jaspe ornée d'un cygne d'or, travail admirable exécuté à Constantinople; au-dessus était suspendue au plafond la fameuse perle qu'Abdérame avait reçue en présent de Tempereur grec... Dans les jardins, la fontaine ciselée et dorée avait été faite en Syrie, d'autres disent à Constantinople; on y voyait sculptées des figures humaines. Pour élever ce palais, commencé en g36, Abdérame avait réuni les plus habiles architectes de Bagdad, de Constantinople et d'autres lieux... Cordoue, comme Ravenne, Venise, Palerme, et tant d'autres villes, recourut aux artistes grecs. Au dire des historiens arabes, ils allèrent jusqu'à Bagdad *. »

Si nous ne pouvons signaler ici l'influence byzantine dans toutes les régions qu'occupèrent les musulmans, du moins faut-il rappeler comment, plusieurs siècles après, elle s'exerça encore sur l'architecture turque en Asie; dans les monuments qu'élevèrent les Turcs Seldjoucides et les Turcs Osmanlis, l'imitation des formes grecques est sensible. Quand Mahomet s'empare de Constantinople, cette fois encore, comme jadis en Syrie, les églises se transforment en mosquées. Mais bientôt lui-même fait construire des mosquées nouvelles, et son architecte est un Grec, Christodoulos. Au xvi" siècle, l'architecture turque atteint à son apogée, et les édifices qui s'élèvent alors offrent avec les constructions de l'époque impériale les analogies les plus évidentes.

1. Girault de Prangey, Essai sur l'architecture des Arabes et des Mores en Espagne, en Sicile et en Barbarie, p. 5i, 5'3, 55.

Page 1