LIVRE V. — CHAPITRE II
la cour impériale. Ce fut seulement vers le xiii« siècle
piQ, ç7. LE CHRIST COURONNE ROGER. (PalcnnC.)
que les rois et PÉglise entreprirent d'extirper par la force rélément oriental.
Jusque-là, dans les provinces qui formaient leur royaume, se développa une civilisation brillante, tout imprégnée d^hellénisme. Pourtant les arts n'y offrent point partout le même aspect. En Sicile, où la domination musulmane, succédant à celle des empereurs d'Orient, a précédé pendant plus de deux siècles l'établissement des Normands, l'art byzantin et l'art arabe vivent côte à côte et parfois se mêlent, en même temps qu'y pénètrent des influences occidentales. Pour l'architecture, les formes de l'église grecque s'y combinent en maints édifices avec celles delà basilique latine, et parfois apparaît la coupole sur pendentifs comme à Saint- Jean des Ermites (en dehors des murs de Palerme, xif siècle), à Sainte -Marie de l'Amiral (Palerme, xn« siècle), à la chapelle de Saint-Cataldus (même ville, xn* siècle). Roger II, qui enlevait des ouvriers aux manufactures d'étoffes de la Grèce, chargeait aussi des Byzantins de décorer les murs des églises siciliennes. Ce sont eux qui ont exécuté sans doute les belles mosaïques du dôme de Cefalù (1148). Autour du Christ, placé au fond de l'abside, se groupent les figures de la Vierge, des prophètes, des saints. A Palerme, les mosaïques de la chapelle Palatine, dédiée vers 1143, datent du règne de Roger II et de ses successeurs. A côté des personnages sacrés, qui, comme à Cefalù, occupent l'abside, le reste de l'église est décoré de scènes de l'A-ncien et du Nouveau Testament. Par un contraste étrange, l'art arabe domine au plafond, étalant ses figures et ses inscriptions coufiques. A la même époque, un des officiers de Roger II, l'amiral Georges d'Antioche, Grec d'origine, faisait construire et décorer l'église que de son nom on