LIVRE V. — CHAPITRE II
appela Sainte-Marie de rAmiral. L'ancien éditice a été
Fie. 90. l'amiral GEORGES d'aNTIOCHE PROSTERNE
DEVANT LA VIERGE. (Palermc")
fort modifié; cependant une partie des mosaïques qui s'y trouvaient existe encore. L'une d'elles offre un
des plus anciens exemples datés de la Mort de la Vierge; à un autre endroit de Téglise, Georges d'Antioche s'est fait représenter prosterné aux pieds de la Madone, tandis que tout presse voit l'image du Christ qui couronne Roger.
Ces œuvres de la première moitié du xii* siècle sont souvent d'une exécution remarquable, la composition en est bien entendue, le dessin ferme et précis, le coloris plein d'éclat. Rien ne saurait donner une meilleure idée de l'école de mosaïque byzantine quiflorissait alors et dont les productions sont si rares en Orient. Mais, dès la seconde moitié de ce siècle, il semble que déjà se manifeste quelque décadence. Les mosaïques du dôme de Montréal (terminé vers 1182) ne valent point celles de Cefalù ; en revanche, elles offrent un développementplus considérable. Dans l'abside se retrouve une décoration analogue à celle qui vient d'être signalée à Cefalù et à Palerme; le long des nefs et des absides latérales se déroulent plusieurs séries de sujets : ici, les scènes del'Ancien Testament ; là, celles de l'Évangile, et enfin des épisodes de l'histoire de saint Pierre et de saint Paul.
D'ailleurs il ne serait point juste d'attribuer à la main des Grecs toutes ces mosaïques de l'époque normande. Seules, celles du dôme de Cefalù et de Sainte-Marie de l'Amiral paraissent leur appartenir en propre; déjà à la chapelle Palatine ont dû travailler quelques-uns de leurs élèves italiens, dont la part devient bien plus évidente et plus large au dôme de Montréal ^
I. Les mosaïques de Sicile ont été souvent étudiées; voy. notamment Di Marzo, Délie belle arti in Sicilia dai Normanni sino