‹ L'art byzantinChapitre 143 sur 151 · LIVRE V. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE II

la décoration de l'abside de Sainte-Marie du Transtévère, y était encore fidèle, bien qu'il y mêlât des éléments nouveaux. De là le caractère que présentent ses belles compositions tirées de Thistoire de la Vierge; on

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(Rome.)

y sent « l'influence du style grec, mais avec plus de grâce et une méthode italienne bien meilleure », et déjà s'y révèle tout le charme de la Renaissance.

Dans cette renaissance même, dont la Toscane fut alors le centre, quel est le rôle des maîtres byzantins? Vasari avait écrit que les magistrats de Florence appelèrent dans cette ville des artistes grecs pour relever la peinture, qui s'y était perdue. Pendant longtemps, on s'est plu à répéter ce témoignage, sans observer combien

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est incertaine et souvent errone'e l'autorité de Vasari. Des recherches pre'cises et sagaces ont fait justice de cette légende. Dans les documents du temps, on ne retrouve point la trace de cette colonie étrangère; en revanche, on a constaté que la peinture était loin de l'état d'abandon auquel croit Vasari, et que, dans le centre de ri talie, de nombreux artistes avaient précédé les Cimabûe et les Giotto^ Sans doute, dans leurs œuvres fort imparfaites, on peut signaler beaucoup de traits de ressemblance avec celles des Grecs; les Italiens ne se dégageaient que peu à peu de ces traditions byzantines qui, dans la période antérieure, s'étaient partout plus ou moins répandues; ils leurdevaient d'ailleurs un plus juste sentiment de l'exécution et du style, mais déjà de leur mieux ils préparaient la voie à des maîtres plus originaux. Ce ne sont point des artistes venus du dehors qui ont donné l'impulsion définitive à, la renaissance florentine; Giotto n'a point acquisson talent à l'écoledesGrecs- au contraire, il a plus franchement secoué une influence dont ses prédécesseurs avaient parfois essayé de s'affranchir. Ici tout appuie les revendications de l'Italie, et l'art nouveau qui se manifeste avec tant d'éclat lui appartient bien en propre. Les maîtres de ce temps surent y introduire ce sentiment personnel de vie et de vérité qui, de pi us en plus, allait s'affaiblir chez les Byzantins, et, tandis que ceux-ci s'éloignaientdelanature,ilsyrevinrentetypuisèrentleur force.

I. Voy. notamment Croweet Cavalcaselle. Storia délia pittura in Italia, 1875, t. I"""", chap. v et vi;et Schnaase, Gesch. der b. K., t. VII, p. 236 et suiv., p. Soy et suiv. Il est curieux cependant de constater que Ghiberti déjà voyait dans Cimabue et Duccio les représentants de Varte greca, par opposition à Giotto, chef d'une école nouvelle.

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