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il même de tailler dans la pierre des figures humaines, en plus d'un endroit, c'est par Tétude des œuvres byzantines que nos maîtres français commencent à relever un art que les Byzantins avaient cependant délaissé. A défaut de statues et de bas-reliefs, ils imitent les ivoires et les miniatures de manuscrits qui leur ve-
FIC. 102. ORNEMENT DE l'ÉGLISE DE M O N T M A J O U R.
naient d'Orient, mais ils le font en cliangeant la matière et les proportions ^ L'école de Toulouse en offre surtout l'exemple. Au cloître de Moissac, quelques personnages sculptés au commencement du xii*' siècle arrivent de Byzance : les pliysionomies, les attitudes, les plis des vêtements, tout l'indique. C'était cependant une entreprise hardie que de pareilles transpositions, et déjà s'y retrouve ce goût naturel de la grande sculpture, qui est un des traits du génie français.
Pourtant l'influence étrangère ne fut ni absolue ni de longue durée. De bonne heure l'esprit fortement
I. V07. surtout VioUet-le-Duc, ibid., art. Sculpture; Vogué, Eglises de Terre Sainte, p. ibb.
De
trempé de nos artistes, s^il fit des emprunts à Byzance, ne se condamna point à d'ingrates copies; à peine maître de ces éléments, il les transformait et les marquait de son empreinte. L'art d'Orient a plutôt contribué à éveiller chez eux la conscience de leurs qualités propres. Aussi, dès la fin du xn'= siècle et surtout au xni*, est-il difficile de reconnaître dans leurs œuvres ce qui, de près ou de loin, se rattache à TOrient; seules, quelques compositions en gardent encore assez bien la marque. Les formes de Tarchitecture sont nouvelles, les fleurs des ornements ont été copiées dans les prés et les bois voisins, les personnages des statues et des bas- reliefs sont nés dans le pays où ils ont été sculptés.
En Allemagne, du x° au xni* siècle, se retrouvent aussi les traces de Part chrétien d'Orient. En 972, le fils d'Otton I", le futur Otton II, épousait une princesse grecque, Théophano ; avec elle, a-t-on dit souvent, vinrent en Germanie des artistes byzantins; ils initièrent les Allemands à la connaissance de leur style et de leurs procédés. Si parfois on a exagéré l'importance de cet événement, pourtant elle fut réelle, et les savants allemands le reconnaissent eux-mêmes. L'influence étrangère est surtout sensible sur les peintures, les
Fie. lOJ.
SAINT PIERBE.
(Cloître de Moissac).