CHAPITRE II
émaux, les pièces d'orfèvrerie de cette époque. Parmi les monuments où elle se montre le mieux, il suffit de citer Tévangeliaire donné par les deux princes au
Fia. IC4.. — AUTEL EN OR DE HENRI II.
Diull. (Musée de Cl-.;ny.)
monastère d'Echternach (Bibliothèque de Gothal, divers monuments de Tépoque d'Henri II (Bibliothèques de Bambcrg et de Munich, Bibliothèque nationale de Paris), et le splendide autel d'or que cet empereur avait offert à l'église de Baie (Musée de Cluny). D'ailleurs,
3i6 L 'ART BYZANTIN.
au commencement du siècle suivant, la présence d'artistes grecs en Allemagne est encore attestée par un fait certain : Meinwerk, évêque de Paderborn (1009io36), se servit d'eux pour la construction d'une église de Saint-Bartholomée. Pendant tout le xf siècle, ces traces étrangères se retrouvent plus ou moins nettes, et le moine Théophile, qui écrivit sa Schedula diversarum artiiim vers cette époque ou au commencement du xn® siècle, cite plus d'une fois les procédés des Grecs.
Dans la vallée du Rhin, toute une région, dont Cologne est comme le centre, eut recours à l'emploi de la coupole. Les architectes qui les élevèrent se rattachaientils, par quelque tradition mal connue, à ceux qui, du temps de Charlemagne, avaient bâti le Dôme d'Aix-la- Chapelle? Quelle que soit la valeur qu'on attribue à cette explication, elle ne saurait suffire, car les églises rhénanes de ce style n'offrent point le même plan que celle d'Aix et, cette fois encore, il est bien difficile de ne point songer à l'Orient. L'histoire même de Cologne y dispose. « Maîtresse du commerce du Rhin, succursale de Venise, grand bazar du Nord, elle n'avait pas attendu les croisades pour entrer en relation avec l'Orient. Les hommes et les moeurs du Levant y avaient pris demeure ^ «. Mais, en Allemagne comme en France, à partir du xni^ siècle, ces traces étrangères tendent à disparaître.