Saint Nil, Lettres, 1. IV, n" 6i
F 10. 6, — 'mosaiq,ue prè» de tyr.
(D'après les Annales anhtologiques dg Didron.)
sentaient le martyre de sainte Euphémie : « Les bourreaux accomplissent leur tâche; Tun d'eux a saisi la tête de la vierge et la renverse en arrière; il la maintient ainsi immobile, exposée aux tortures; Tautre lui arrache les dents. On voit les instruments du supplice, un maillet et un foret. Mais ici je fonds en larmes et la douleur me coupe la parole, car le peintre a si distinctement rendu les gouttes de sang qu'il semble qu'on les voie couler et qu'on s'éloigne en sanglotante »
Dès cette époque, la mosaïque est de plus en plus le mode de décoration préféré. Près de Tyr, la mosaïque de pavement découverte par M, Renan, toute inspirée de traditions antiques, présente, au milieu d'enroulements de feuillages et de fleurs, des motifs empruntés à la chasse et à la vie champêtre 2. A Saint- Georges de Salonique, la coupole qui couvre l'église était entièrement décorée de mosaïques. Il n'en reste aujourd'hui qu'une partie : ce sont de grands compartiments où se trouvent des saints debout, dans l'attitude d'orants, au milieu d'un riche encadrementarchitectural. Le travail de ces mosaïques est fort beau, et, malgré les mutilations qu'elles ont subies et leurs tons passés, elles sont encore d'un très grand effet. Les moindres détails de l'ornementation témoignent d'un goût fin et délicat :
1. Asterius, Sermon en l'honneur de sainte Euphémie, éd. Migne, p. 334 ^^ suiv.
2. Sur la date que j'attribue à cette mosaïque, voy. mes Recherches pour servir à l'histoire de la peinture et de la sculpture chrétiennes en Orient, 1879, p. 79-80. — La mosaïque est maintenant en France.