LIVRE I. — CHAPITRE II, j
un de ces motifs qui, jusqu^aux derniers jours de Tart byzantin, se retrouvent dans les miniatures des manuscrits.
Je n'insisterai guère sur la sculpture; on verra, dans les chapitres suivants, quelles causes en restreignirent de bonne heure le développement. Constantin cependant Tavait appelée à concourir à la décoration de sa nouvelle capitale : les fontaines qui se dressaient sur les places étaient ornées de bas-reliefs avec les images du Bon Pasteur et de Daniel dans la fosse aux lions. Mais de ce côté on ne voit point encore se manifester, comme dans la peinture, un art tout nouveau.
^ En revanche, s'étale déjà ce goût pour les ouvrages d'orfèvrerie qui, dans la suite, ne cessera de se développer. Il répond à l'amour du luxe et du faste qui, comme on l'a vu, est un des caractères de l'art constantinien. Constantin portait le diadème, ses vêtements étaient ornés de perles et de pierres précieuses, la pompeuse ostentation de la richesse lui semblait une des marques extérieures de la puissance; aussi contribuat-il à faire pénétrer ces idées dans le domaine de l'art. On jugea que c'était mieux honorer la religion et accroître la beauté des monuments chrétiens que d'employer à les décorer les matériaux les plus rares. Aux églises de Rome Constantin donnait des reproductions en or et en argent du Sauveur, des apôtres, des anges, hautes de cinq pieds. Sa libéralité n'était pas moindre en Orient. Après avoir décrit l'église du Saint- Sépulcre, Eusèbe ajoute : « On ne saurait dire de combien d'ornements et de dons en or, en argent, en pierres précieuses, Constantin l'enrichit. Ces œuvres étaient
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travaillées avec art. » A Constantinople, il mentionne aussi des bas-reliefs en or. Dans le palais, sur plusieurs places de la ville, se dressaient des croix en or décorées de pierres fines.
De ces œuvres en matière précieuse rien ne nous reste. Peut-être pourrait-on juger du style des figures et des ornements qui s'y trouvaient par un seau en ' plomb, destiné à contenir de Peau bénite, et dont une inscription grecque indique Porigine*. Divers personnages s'y trouvent : à côté du Bon Pasteur, un gladiateur est représenté au moment oii il vient de saisir la couronne déposée sur un cippe. D'autre part, une orante est couronnée par une victoire ailée qui porte une palme. A côté de ces sujets on trouve des bandes de pampres, des palmiers, des paons buvant à une coupe ; les quatre fleuves du paradis terrestre s'échappent d'i tertre surmonté d'une croix et des cerfs s'y abreuver. Dans un angle, une néréide chevauche sur un hippocampe. Ce singulier mélange de paganisme et de christianisme convient bien au iv^ siècle, et c'est, je crois, à cette époque qu'il faut attribuer ce monument.