‹ L'art byzantinChapitre 22 sur 151 · FIG. II. ~- ANGE · texte numérisé non relu

FIG. II. ~- ANGE

(Mosaïque de Sainte-Sophie.

ne datent pas toutes, il est vrai, de l'époque de Justinien; parmi les plus anciennes je citerai une figure d'ange qui se détache sur fond d'or. La grande mosaïque placée au-dessus des portes du narthex semble plus récente. Le Christ y est représenté dans tout l'éclat de la puissance, assis sur un trône magnifique, bénissant d'une main, tenant de l'autre un livre ouvert avec la légende : « Paix à vous! je suis la lumière du monde. » A droite et à gauche, deux médaillons encadrent les

têtes de la Vierge et de l'archange Michel; aux pieds du Christ est prosterné un empereur richement vêtu et ceint du diadème nimbé, qu^on a souvent eu tort de prendre pour Justinien. Ailleurs se détachent encore sous des arcades des saints et des prophètes. Ce ne sont là que de faibles débris, mais qui permettent de se faire quelque idée de ce que fut Sainte-Sophie, alors qu^elle resplendissait tout entière sous ce riche vêtement de mosaïques.

Je n'ai pu, dans cette description rapide, donner qu'une idée fort incomplète de Téglise de Justinien. Si déchue qu'elle soit aujourd'hui de son ancien éclat, elle produit encore sur tous ceux qui la voient une impression extraordinaire. Rarement on peut rencontrer dans l'histoire de l'art un ensemble si imposant, un accord si T^arfait de l'architecture et de la décoration.

Sainte-Sophie est le type par excellence de l'art byzantin tel qu'il s'est développé sous Justinien et ses successeurs ; les contemporains l'ont admirée, les artistes s'en sont inspirés, mais il ne faudrait pas croire qu'elle se soit imposée comme un modèle dont ils n'osaient pas s'écarter. On s'imagine volontiers que l'école byzantine s'est toujours soumise à une monotone uniformité, travaillant d'après des règles immuables. Rien n'est plus contraire à la vérité pour l'époque dont on s'occupe : si partout un même esprit anime et dirige l'art, il se traduit cependant sous des formes diverses qui attestent l'activité ingénieuse des artistes. C'est ce qu'il sera facile de constater si l'on passe rapidement en revue les oeuvres principales de ce temps.

En architecture, l'emploi de la coupole se répand de

plus en plus. Au point de vue de la technique, la construction de Sainte-Sophie avait amené les architectes à étudier avec plus de soin cette forme de leur art, à mieux se rendre compte de Teffet qu'elle produisait, de l'usage qu'on en pouvait faire et des règles qu'il y fallait appliquer. Dès lors, les basiliques de type latin devinrent l'exception en Orient, mais dans les nouvelles églises à coupoles on ne se contenta point de copier le plan de Sainte-Sophie. La coupole fut comme le thème autour duquel on exécuta des variations nombreuses, et à Constantinople même, aux environs de Sainte- Sophie, s'élevèrent sous Justinien d'autres églises de même style, mais d'un plan fort différent. Plus d'une d'ailleurs avait été commencée et même terminée avant Sainte-Sophie.

A Saint-Serge, par exemple, la coupoie centrale n'est point flanquée à l'est et à l'ouest de deux voûtes hémisphériques. La forme générale est celle d'un carré; la coupole s'appuie sur huit piliers et entre ces piliers se développent quatre absides. Dans l'église des Saints- Apôtres, deux nefs d'égales dimensions, ayant en longueur trois fois leur largeur, se coupent à angles droits à leur centre. Le plan présente ainsi la forme d'une croix à branches égales, ou croix grecque, qui se divise en cinq compartiments carrés de même étendue. Audessus de chacun de ces compartiments s'élève une coupole appuyée sur quatre pendentifs. Qu'on étudie d'autres églises, Saint-Michel sur l'Anaple, Sainte- Irène, l'église de la Mère de Dieu aux Blachernes, toutes présentent des différences de plan, si l'on en juge d'après celles qui subsistent ou d'après les descriptions

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