LES TISSUS HISTORIÉS. — CARACTÈRE GÉNÉRAL
DE l'art BYZANTIN A CETTE ÉPOQUE.
Cependant, tandis que Tarchitecture et la peinture s'épanouissent sous des formes plus originales, la sculpture décline. On élevait encore, il est vrai, des statues aux empereurs; Procope décrit celle deJustinien qui se dressait sur PAugustaeon, en face de Sainte- Sophie, et qui subsista jusque vers l'époque de la prise de Gonstantinople par les Turcs. « Sur un cheval de bronze est assise la statue de l'empereur, remarquable par son costume, qui est celui d'Achille. » Ailleurs il parle de statues si habilement exécutées qu'on les croirait de la main de Phidias, de Lysippe et de Praxitèle. Ces éloges ampoulés sont sans valeur et il est difficile de se faire une idée du mérite de ces oeuvres. La sculpture, je le crois, se serait encore développée avec éclat si l'Eglise avait voulu la protéger, mais elle ne put jamais vaincre les défiances dont elle avait été l'objet; on se souvenait qu'elle avait donné à l'idolâtrie ses formes les plus attrayantes et les plus parfaites, et, si on
Fie. 2j. — ambon dp. SAI.ONIQ^UE. (La Madone et l'Enfant.)
8o L'ART BYZANTIN.
ne la proscrivait point tout à fait, au moins on ne l'encourageait guère. Cependant ces artistes byzantins en. avaient encore le goût, et ils auraient produit en ce genre de grandes œuvres aussi remarquables que celles des architectes et des mosaïstes. On a même remarqué avec raison que la peinture byzantine, par les attitudes qu'elle donne aux personnages et souvent par les types qu'elle reproduit, a dû s'inspirer de la sculpture. « La Vierge des absides rappelle les Junons antiques; elle en a les traits forts et réguliers, le menton athénien, le nez droit, les grands yeux. Le saint Georges paraît copié du cavalier thrace. Les comparaisons de ce genre sont faciles à faire, et, bien qu'on ne les ait pas encore réunies dans une élude générale, elles sont familières à tous les voyageurs* »
Quelques monuments de cette époque montrent d'ailleurs combien ce sens de la sculpture est inné au génie grec. Au lieu des lourdes figures de la décadence romaine, on rencontre des oeuvres plus habiles, et, à Constantinople, les bas-reliefs de l'obélisque de l'Hippodrome et de la colonne théodosienne, bien que fort médiocres, attestent plutôt un progrès. A Salonique, existent encore les débris d'un ambon qui date environ de la fin du iv« siècle et dont j'ai donné ailleurs une longue description*. Des bas-reliefs y reproduisent l'histoire des mages. Déjà s'y montre un caractère de majesté un peu raide, et la Vierge tenant l'Enfant est