‹ L'art byzantinChapitre 38 sur 151 · I. De Rossi, Bull, di Arcli. crist., 1875, p · texte numérisé non relu

I. De Rossi, Bull, di Arcli. crist., 1875, p

Fie. 30. UNK H:U1LLLC DU D I P T Y (^U K D li MONZA.

(Galla Placidia et Valentinien III.)

ço L'ART BYZANTIN.

de fondre, soit des métaux précieux, soit le bronze, les Byzantins conservaient une habileté de technique que nous pourrons encore constater plus tard.

Leur supériorité n'était pas moins grande dans le travail de Tivoire, et c'est par des monuments encore assez nombreux qu'on peut s'en rendre compte. Pendant tout le moyen âge, l'Orient eut des ateliers d'ivoiriers célèbres, qui sculptaient surtoutdes diptyques, des couvertures d'évangéliaires, des cassettes. Parmi les oeuvres qui nous restent, plusieurs ont un caractère historique et représentent les princes et les grands personnages du temps. Tel est, par exemple, un célèbre diptyque conservé à Monza, qui a donné lieu à bien des discussions, et où il faut reconnaître peut-être Galla Placidia et Valentinien 111, accompagnés d'un guerrier qu'on a pris tour à tour pour Théodose II et pour Aétius. Le diptyque du consul Anastase (5 17), neveu de l'empereur de ce nom, est d'autant plus intéressant quMl montre quel était, au vi^ siècle, le costume officiel des grands fonctionnaires byzantins. Vêtu de riches étoffes brodées, dont l'ajustement ne rappelle plus guère celui de la toge, le consul préside aux jeux; il agite le mouchoir qui donne le signal ; au-dessous sont représentés les apprêts des courses et les luttes des gladiateurs contre les bêtes féroces. Je n'énumérerai point les autres diptyques consulaires qu'on possède encore. En général, ces œuvres n'ont qu'une valeur artistique médiocre; si quelques têtes offrent le caractère de portraits fidèles, l'exécution est en général lourde, quelquefois même maladroite. L'ivoirerie religieuse est souvent d'un meilleur style et se distingue par des qualités d'élégance et

PIC. 31. ANGE sua UNE MOITIÉ DE UII'TVCiUE.

(British Muséum.)

pa L'ART BYZANTIN.

une délicatesse de travail qui sont vraiment remarquables.

En ce genre, une des plua belles œuvres du vi" siècle qu'on puisse citer est une moitié de diptyque qui représente un ange debout, sous une arcade richement décorée. Quelques degrés le séparent du sol; d^une main, il s'appuie sur un long sceptre, de Pautre, il tient un globe surmonté d'une croix. Les ailes, largement déployées, sont travaillées avec beaucoup de soin; le costume, composé d'une tunique et d'un manteau, offre des draperies d'un goût excellent et d'une rare élégance. Quant à la tête, encadrée par une chevelure aux boucles épaisses, elle présente un type d'une parfaite régularité. Les yeux, grands ouverts, donnent à la figure une expression vivante; l'attitude est noble, imposante, mais sans raideur. Ceux qui se sont occupés de cet ivoire ont remarqué avec raison que l'artiste devait connaître et prendre pour modèles les œuvres de l'art antique. Cependant on aurait tort de ne voir ici qu'une imitation de quelque type païen : à côté de l'influence du passé, il faut constater aussi une originalité réelle dans l'ensemble de la figure, en même temps qu'une grande habileté dans les détails de l'exécution.

A la sacristie de la cathédrale de Ravenne, le siège épiscopal de Maximien, qui date de la même époque, est tout orné de bas-reliefs en ivoire. La partie la plus remarquable est celle qui forme le devant du siège : saint Jean-Baptiste et les quatre Evangélistes y occupent cinq arcades. Au-dessus et au-dessous courent de larges bordures dont la décoration est d'une richesse et d'une délicatesse exquises : des rameaux de

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