‹ L'art byzantinChapitre 39 sur 151 · LIVRE H. — CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

LIVRE H. — CHAPITRE lU

vignes s'y développent gracieusement et, dans roulements, se jouent une foule d'oiseaux et d'animaux aux formes varie'es.

Ainsi la sculpture sur ivoire progresse, tandis que la sculpture sur marbre dégénère. A mesure qu'on s'éloigne du iv- siècle, il semble que

les en-

rhabitude se perde de tailler franchement dans la pierre et de lui demander la reproduction de scènes animées. Du moins, sur ces œuvres aux dimensions restreintes dont on vient de lire la description, apparaissent en-

core quelques-unes des qualités maîtresses de la grande sculpture.

La passion du luxe, qui domine la société byzantine, se manifeste sous les formes les plus diverses et favorise les progrès des arts industriels. L'orfèvrerie, déjà protégée par Constantin , devient une des branches importantes de Fart byzantin. On multipliait dans les églises les autels, les croix, les vases composés de métaux précieux, et c'est avec raison qu'un archéologue moderne a pu dire que « au commencement du vi' siècle, Torfèvrerie était la première industrie de Constantinople » *. Ces tendances répondaient trop bien aux goûts personnels de Justinien pour qu'il ne s'efforçât point de les développer encore. On a vu déjà quelle place l'orfèvrerie occupait dans la décoration de Sainte-Sophie. Il en était de même au palais, et les successeurs de Justinien avaient sur ce point suivi fidèlement son exemple. Justin II, qui vint après lui, fit construire un trône en or, enrichi de pierres précieuses : quatre colonnes soutenaient le dôme qui en formait la partie supérieure, et au-dessus du trône se dressait une Victoire tenant dans la main une couronne de lauriers.

Les artistes byzantins connaissaient- ils, dès cette époque, les procédés de l'émaillerie? De tort vives discussions se sont engagées sur ce point*. Nous n'avons à nous préoccuper ici ni des origines de l'émaillerie ni de ses destinées dans l'antiquité. Mais, au vi« siècle,

Page 1